jeudi 30 juin 2011

Extrêmes climatiques par continent en juin 2011

EUROPE (à l’ouest de l’Oural) :
Tnn
-10,3°C le 19 au Jungfraujoch (Suisse, 3580 m), -9,4°C le 1
-9,4°C le 1 à Pian Rosa (Italie, 3480 m)
-9,1°C le 7 à Brúarjökli (Islande)
Txx (> +40°C)
+42,0°C le 25 à Andújar (Espagne), +41,8°C le 26 et +40,0°C le 24
+42°C le 27 à Bilbao (Espagne), la température a chuté ensuite à +32°C en 30 mn et +27°C au bout d’une heure, soit une baisse de 15°C en 1 heure !
+41,5°C le 22 à La Aldea de San Nicolás (Espagne, Canaries), +40,5°C le 21
+41,3°C le 27 à Castuera (Espagne), +41,2°C le 26 et +40,3°C le 25
+41,2°C le 21 à San Bartolome Tirajana, Lomo Pedro Alfonso (Espagne, Canaries)
+41,1°C le 26 à Ourense (Espagne, Galice) et +40,0°C le 25, soit un record mensuel à la station depuis 1951 (précédent record : +39,5°C le 22/06/1962)
+41,0°C le 27 à Bilbao/Sondica (Espagne)
+41,0°C le 28 à Ottana (Italie, Sardaigne), +40,1°C le 23
+40,9°C le 22 à Agüimes (Espagne, Canaries)
+40,7°C le 26 à Almadén (Espagne)
+40,5°C le 26 à Montoro (Espagne)
+40,5°C le 26 à Olivenza (Espagne)
+40,4°C le 22 à Lanzarote Aéroport (Espagne, Canaries), soit un record mensuel à la station depuis 1972 (précédent record : +37,1°C le 03/06/2010)
Anomalies de température dans le monde en juin 2011
(© SMHI)
+40,3°C le 9 à Lefkoniko (Chypre)
+40,3°C le 26 à Navalvillar de Pela (Espagne)
+40,3°C le 26 à Sotillo de la Adrada (Espagne)
+40,2°C le 28 à Jalance (Espagne)
+40,1°C le 21 à Antigua (Espagne, Canaries)
+40,1°C le 26 à Herrera del Duque (Espagne)
+40,1°C le 26 à Mérida (Espagne)
+40,1°C le 27 à Decize (France)
+40,1°C le 29 à Antequera (Espagne)
+40,0°C le 22 à Pájara (Espagne, Canaries)
+40,0°C le 22 à Tuineje (Espagne, Canaries)
+40,0°C le 26 à Séville/San Pablo (Espagne)
+40,0°C le 29 à Séville Aéroport (Espagne)
À noter :
Des températures exceptionnellement élevées dans le nord de l’Europe durant la première quinzaine du mois de juin 2011 : plusieurs stations ont battu leur record de chaleur pour un mois de juin, parfois même leur record absolu.
En Norvège, la température est montée jusqu’à +33,8°C le 11 à Saltdal, soit la température la plus élevée observée dans le nord du pays depuis 1920 ; on a relevé également +33,1°C le 11 à Frosta.
En Suède, la température a atteint +33,5°C le 10 à Markusvinsa, soit un record de chaleur pour un mois de juin dans la province de Norrbotten depuis 1966 ; le même jour, on a relevé +33,1°C à Överkalix-Svartbyn, +32,8°C à Övertorneå (record en juin depuis le début des observations à la station en 1939), +32,2°C à Paharova, +31,8°C à Ylinenjärvi, +30,8°C à Vittangi (record en juin depuis le début des observations à la station en 1961), ou encore +29,1°C à Naimakka (record en juin depuis le début des mesures à la station en 1944).
En Finlande, le mercure est monté jusqu’à +32,8°C le 10 à Ylitornio-Meltosjärvi, une valeur record à la station, qui égale le record national pour un mois de juin (+32,8°C le 18/06/1974 à Utsjoki Kevo) et à 0,1°C du record absolu pour la Laponie finlandaise. La température a atteint également +32,0°C le 11 à Vaasa, égalant le record absolu à la station (+32,0°C le 28/07/1960).
Par ailleurs, on a relevé jusqu’à +32,0°C le 7 à Ventspils (Lettonie), +31,5°C le 8 à Utena (Lituanie), +31,0°C le 7 à Pakri (Estonie).
En revanche, d’importantes précipitations (souvent orageuses) dans le sud de la Norvège et de la Suède. Si le Nord de la Norvège a connu un mois chaud et sec (7e mois de juin le plus chaud), le Sud a enregistré le 2e mois de juin le plus arrosé depuis 1900 : plusieurs stations ont enregistré des records quotidiens et mensuels de précipitations. Il est tombé jusqu’à 328,5 mm à Brekke et 309,7 mm à Takle.
En Suède, on a également enregistré 122 000 impacts de foudre au cours de ce mois, soit un record pour un mois de juin depuis le début des mesures qui ont débuté seulement en janvier 2002 (précédent record : 52 000 en juin 2002), dont 114 000 en 1 seule semaine (du 6 au 12/06/2011). Juin 2011 se place juste derrière juillet 2010 (126 000) et juillet 2003 (169 000).
Des températures élevées sur toute la façade ouest de l’Europe en fin de mois : on a relevé notamment +33,1°C le 27 à Gravesend (Angleterre), +34,5°C le 28 à Eindhoven (Pays-Bas), +36,2°C le 28 à Kleine-Brogel (Belgique) ou encore +35,5°C le 28 à Gleilenkirchen (Allemagne).
On a relevé également des températures très élevées en altitude : jusqu’à +12,1°C le 27 au Zugspitze (2960 m, Allemagne) et surtout +12,6°C le 27 à Pian Rosa (3480 m, Italie), soit un record à la station pour un mois de juin.
À noter que la température n’est pas descendue en dessous de +4,0°C le 27 au Jungfraujoch (3580 m, Suisse) et a grimpé jusqu’à +9,6°C le 28.

Sécheresse et chaleur exceptionnelles au Texas (suite)

La sécheresse qui touche le sud des États-Unis s'est encore aggravée au cours du mois de juin 2011, en particulier au Texas.

Notons qu'il n'a pas plu à Pecos depuis le 23 septembre 2010, soit 280 jours consécutifs (bilan au 30 juin 2011) : il s'agit d'ores et déjà d'une des plus longues périodes de sécheresse aux États-Unis, hors des régions désertiques de Californie et d'Arizona. La normale sur les 6 premiers mois de l'année est de 107,2 mm.

À San Angelo, les 6 premiers mois de l'année 2011 sont également les plus secs (seulement 74,7 mm), juste derrière le record remontant à 1956 (74,2 mm), la normale étant de 259,1 mm.

Les précipitations au Texas du 1er janvier au 30 juin 2011 :
  • Amarillo : 29,7 mm (normale : 239,3 mm)
  • Lubbock : 27,9 mm (normale : 217,2 mm)
  • El Paso : 4,1 mm (normale : 65,5 mm)
  • Midland : 4,1 mm (normale : 142,2 mm)
  • Abilene : 164,6 mm (normale : 281,2 mm)
  • San Angelo : 74,7 mm (normale : 259,1 mm)
  • Odessa : 2,5 mm (normale : 142,8 mm)
  • Pecos : 0 mm (normale : 107,2 mm)


La sécheresse touche également l’État de l’ArizonaTucson a enregistré 80 jours consécutifs sans pluie du 10 avril au 28 juin 2011, soit la 5e plus longue période de sécheresse depuis le début des observations. Cette série s’est achevée le 29 juin avec seulement 0,8 mm de précipitations !
Entre le 1er janvier et le 30 juin 2011, il n’est tombé que 14,7 mm à Tucson, alors que la normale à cette date est de 87,4 mm.

Les plus longues périodes de sécheresse à Tucson (Arizona) :
  • 100 jours : 30 mars au 7 juillet 2002
  • 90 jours : 29 mars au 26 juin 1909
  • 83 jours : 18 octobre 1917 au 8 janvier 1918
  • 81 jours : 3 avril au 22 juin 1974
  • 81 jours : 18 janvier au 5 avril 1984
  • 80 jours : 10 avril au 28 juin 2011
  • 79 jours : 18 janvier au 5 avril 1984
  • 72 jours : 14 octobre au 24 décembre 1916
  • 72 jours : 14 novembre 1901 au 24 janvier 1902
  • 70 jours : 24 avril au 2 juillet 1945
  • 70 jours : 11 septembre au 19 novembre 1898
  • 70 jours : 14 février au 24 avril 1895

La sécheresse est aggravée par des températures exceptionnellement élevées.
Après le printemps le plus chaud (Tm de +22,2°C en 2011 contre +21,9°C en 2000), San Angelo (Texas) a connu le mois de juin le plus chaud : il s’agit même d’un record tous mois confondus, avec une Tm qui atteint +31,4°C, battant le précédent record remontant à août 1952 (+31,2°C). Par ailleurs, juin 2011 est le 15e mois consécutif avec une Tm supérieure à la normale.

Tx du 26/06/2011 au Texas
Après avoir battu des records mensuels de chaleur au mois de mai 2011, plusieurs stations du Texas ont approché ou battu leur record de chaleur pour un mois de juin, voire leur record absolu pour certaines d'entre elles ;
citons par exemple :
  • +47,2°C le 26/06/2011 à Childress (record abs. du 27/06/1994 égalé) ;
  • +46,1°C le 26/06/2011 à Northfield ;
  • +45,0°C le 17/06/2011 à Laredo (record abs. : +46,1°C le 11/06/1942) ;
  • +45,0°C le 26/06/2011 et +43,3°C le 24/06/2011 à Borger (record abs.) ;
  • +44,4°C le 26/06/2011 à Lubbock (record abs. : +45,6°C le 27/06/1994) ;
  • +43,9°C le 17/06/2011 à Wichita Falls (record abs. : +47,2°C le 28/06/1980) ;
  • +43,9°C le 25/06/2011 à Midland (record abs. : +46,7°C le 27/06/1994) ;
  • +43,9°C le 26/06/2011 et +42,8°C le 24/06/2011 à Amarillo (record absolu depuis 1892 !) ;
  • +43,3°C le 26/06/2011 et +42,2°C le 24/06/2011 à Dalhart (record absolu).

Dans l’État du Kansas, on a relevé +43,3°C le 26/06/2011 à Dodge City, égalant le record absolu depuis le début des observations à la station en 1874 (+43,3°C le 29/06/1998) !
On a relevé également +45,6°C le même jour à Ashland, soit un record absolu à la station depuis le début des observations à la station en 1900.
Dans cet État, la température est même montée jusqu’à +46,1°C le 26/06/2011 à Hugoton, soit juste derrière le record absolu de l’État pour un mois de juin (+46,7°C en juin 1911 à Clay Center).

Un mois de juin pluvieux en Californie (suite)

Image Vapeur d'eau du 28/06/2011 (21h30 UTC) - GOES-11
Le mois de juin 2011 s'est achevé comme il avait débuté, avec d’importantes précipitations : de nombreuses stations ont enregistré le 28 juin 2011 un nouveau record journalier de précipitations (Sacramento, Redding, Marysville, Oakland, San Francisco, San Jose, Richmond…).

Au final, de nombreuses stations californiennes ont enregistré le mois de juin le plus pluvieux, en particulier dans le nord et le centre de l’État ; c’est le cas, entre autres, de San Francisco Airport, Ukiah, Santa Rosa, Napa, Oakland, Richmond, Livermore, San Jose, Santa Cruz…



Avec un cumul mensuel de 36,8 mm, Santa Barbara Airport a enregistré le mois de juin le plus pluvieux depuis le début des observations en 1941 (précédent record mensuel : 13,0 mm en juin 2009).


Avec un cumul mensuel de 48,5 mm, Fresno a enregistré le 2e mois de juin le plus arrosé, juste derrière juin 1998 (49,0 mm) et devant juin 1939 (42,2 mm).
Les 5 mois de juin les plus pluvieux à Fresno :
  • juin 1998 : 49,0 mm (1,93 inches)
  • juin 2011 : 48,5 mm (1,91 inches)
  • juin 1939 : 42,2 mm (1,66 inches)
  • juin 1993 : 40,9 mm (1,66 inches)
  • juin 1884 : 30,2 mm (1,19 inches)

Du 1er juillet 2010 au 30 juin 2011, il est tombé 444,8 mm à Fresno, soit la 7e saison la plus arrosée.
Les 10 saisons les plus pluvieuses à Fresno :
  • 1982-1983 : 598,7 mm (23,57 inches)
  • 1968-1969 : 583,7 mm (22,98 inches)
  • 1997-1998 : 512,1 mm (20,16 inches)
  • 1994-1995 : 483,4 mm (19,03 inches)
  • 1957-1958 : 482,4 mm (18,99 inches)
  • 1977-1978 : 461,3 mm (18,16 inches)
  • 2010-2011 : 444,8 mm (17,51 inches)
  • 1940-1941 : 432,6 mm (17,03 inches)
  • 1934-1935 : 424,2 mm (16,70 inches)
  • 1885-1886 : 422,2 mm (16,62 inches)

À Bakerfield, la saison 2010-2011 se classe au 5e rang des saisons les plus pluvieuses avec un cumul de 262,4 mm.
Les 10 saisons les plus pluvieuses à Bakerfield :
  • 1997-1998 : 374,1 mm (14,73 inches)
  • 1977-1978 : 297,9 mm (11,73 inches)
  • 1940-1941 : 294,9 mm (11,61 inches)
  • 1937-1938 : 264,9 mm (10,43 inches)
  • 2010-2011 : 262,4 mm (10,33 inches)
  • 1994-1995 : 260,4 mm (10,25 inches)
  • 1957-1958 : 254,3 mm (10,01 inches)
  • 1982-1983 : 252,5 mm (9,94 inches)
  • 1942-1943 : 244,9 mm (9,64 inches)
  • 1936-1937 : 241,3 mm (9,50 inches)

La saison 2010-2011 a donc été plus arrosée que la normale en Californie, comme on le constate également pour les stations suivantes :
  • Los Angeles Downtown, avec un cumul qui s’élève à 513,1 mm : 133% de la normale (384,6 mm) ;
  • Camarillo/Oxnard : 139% de la normale ;
  • Long Beach : 145% de la normale ;
  • Santa Barbara : 169% de la normale ;
  • Palmdale : 105% de la normale…

lundi 27 juin 2011

+41,7°C : la température minimale la plus élevée dans le monde depuis 1918 !

La température n’est pas descendue en dessous de +41,7°C le 27 juin 2011 à l’aéroport de Khasab (Oman), soit un nouveau record mondial depuis 1918 ! La Tx du jour : +45,6°C et un taux moyen d’humidité relative inférieur à 6% !
Notons que la température n’était pas descendue en dessous de +41,1°C la veille (Tx de +48,4°C, HR < 6%).
Rappelons enfin que cette station détenait déjà l’une des plus hautes Tn relevées dans le monde avec +41,2°C le 30 juin 2010.
Toutefois, la station de Furnace Creek (Vallée de la Mort, Californie, États-Unis) détient le record mondial absolu avec une Tn de +43,3°C (110°F) relevée le 5 juillet 1918.

mardi 21 juin 2011

Fortes précipitations et inondations à La Serena (Chili)

Fig. 1. - Anomalies de précipitations
(en % par rapport à la normale)
sur la période mars-mai 2011 en Amérique du Sud
Alors que les précipitations sont déficitaires sur la majeure partie du Chili depuis plusieurs mois (fig. 1), de fortes précipitations ont touché la région de La Serena et de Coquimbo (à une dizaine de km au sud de La Serena, fig. 2), provoquant les pires inondations depuis 10 ans et des glissements de terrain.

Fig. 2. - Carte de localisation









Capitale de la IVe Région de Coquimbo, La Serena est une grande ville de 160 000 habitants, située au bord de l’océan Pacifique à 470 km au nord de Santiago, dans la province d’Elqui, réputée pour ses longues plages et ses infrastructures touristiques.

Fig. 3. - Inondations à La Serena
le 06/06/2011 (© Agencio Uno)
Au 21 juin 2011, le cumul de précipitations depuis le début de l'année à La Serena s'élève d'ores et déjà à 113,7 mm, alors que la moyenne annuelle n’est que de 78,5 mm. À la même date en 2010, on relevait seulement 56,6 mm et la normale au 21 juin s'élève seulement à 16,8 mm.
On retiendra qu'il est tombé en 24h jusqu'à 57,0 mm le 5 juin 2011, soit 73% du cumul annuel en 1 jour !


Fig. 4. - Image satellite du 20/06/2011
(18h UTC)

Voici le détail des précipitations relevées en 24h à La Serena depuis le début du mois de juin 2011 :
  • 57,0 mm entre le 05/06/2011 (8h) et le 06/06/2011 (8h locales)
  • 6,5 mm entre le 18/06/2011 (8h) et le 19/06/2011 (8h locales)
  • 2,2 mm entre le 19/06/2011 (8h) et le 20/06/2011 (8h locales)
  • 32,2 mm entre le 20/06/2011 (8h) et le 21/06/2011 (8h locales)






Fig. 5. - Classification des climats dans le monde
Le climat de cette partie du Chili est de type méditerranéen (fig. 5), marqué par l’aridité une grande partie de l’année, les pluies intervenant principalement pendant l’hiver austral (JJA). Les années les plus arrosées correspondent aux épisodes El Niño, comme en 1982, 1986, 1992, 1997 et 2002, les cumuls annuels pouvant dépasser les 400 mm (fig. 6), soit 4 fois plus que la normale annuelle.





Fig. 6. - Précipitations annuelles à La Serena, à Rivadavia
et à La Laguna de 1980 à 2003
(Source : CEPEDA P.J. (éd.), Los Sistemas Naturales de la Cuenca del
RÍO ELQUI (Región de Coquimbo, Chile): Vulnerabilidad y cambio del
clima, Ediciones Universidad de La Serena, La Serena, Chili, 2008, p. 41-62.)


Les précipitations relevées ces derniers jours à La Serena confirment la fin du phénomène de la Niña (qui avait débuté au cours de l'été 2010) et le basculement progressif vers un épisode d'El Niño (ou tout au moins une phase neutre), comme on peut l'observer sur la fig. 7.

Fig. 7














Fig. 8. - Évolution de la moyenne mobile (sur 30 ans)
des précipitations à La Serena de 1869 à 2003
(Source : Direction météorologique du Chili)
Pour finir, replaçons toutes ces données dans le contexte de l'évolution climatique. Et comme on peut le remarquer sur la fig. 8, les précipitations dans cette région du Chili marquent une nette tendance à la baisse depuis 1869.

dimanche 12 juin 2011

« Heat burst » à Wichita (Kansas) : +38,9°C à minuit

La station automatique de l'aéroport de Wichita (État du Kansas) a enregistré une hausse brutale de la température de +9,5°C en 20 minutes aux environs de minuit le 8 juin 2011 : la température est passée de +29,4°C (85°F) à 23h22 CST (+1h en CDT) à +38,9°C (102°F) à 23h42 CST (+1h en CDT). Cette hausse de température a été accompagnée d'une baisse tout aussi spectaculaire du taux d'humidité et de fortes rafales de vent entre 65 et 80 km/h qui ont provoqué quelques dégâts (toitures et lignes électriques endommagées, arbres cassés) et qui ont soufflé dans toutes les directions.

« Heat burst » à l'aéroport de Wichita (Kansas) le 8-9 juin 2011.
« Heat burst » à l'aéroport de Wichita (Kansas) le 8-9 juin 2011.
En heure CST (= UTC-6h ou +1h en CDT)

Des hausses spectaculaires de température du même genre se sont déjà produites sur un laps de temps très court, pour atteindre des valeurs incroyables et insoupçonnées, au cours de phénomènes appelés « heat bursts » ou « heat flashes ». Ces phénomènes, qui ont été étudiés notamment par Ben Bernstein et Richard Johnson (Colorado State University) à travers les Grandes Plaines américaines, se traduisent par une hausse brutale de la température (une véritable « explosion ») sur quelques minutes seulement, à proximité immédiate d’un orage en fin de vie et généralement après le coucher du soleil. Comme on peut l’observer sur l’illustration ci-dessous, cette hausse de température est due à une puissante subsidence de l’air au cœur d’un orage dont la fin de vie est imminente : il se produit un « écroulement » du cumulonimbus sur lui-même qui provoque une puissante compression de l’air, un assèchement et un réchauffement spectaculaires en surface ; la forte divergence au sol qui en résulte explique aussi pourquoi l'on observe alors des rafales de vent dans toutes les directions.

Schéma explicatif du « Heat burst ».

Les 2 chercheurs américains ont expliqué ce phénomène dans la revue Monthly Weather Review en février 1994 :
« The heat burst, near the remnants of a thunderstorm cluster, is a downburst of air from the thunderstorm displacing a shallow pool of cool air hugging the ground. The phenomenon is akin to what would happen if one blew strongly down onto a shallow puddle of water; the puff from your lungs temporarily clears water from a spot on the surface. »

samedi 11 juin 2011

Chaleur exceptionnelle dans le Nord de l'Europe

Des températures exceptionnellement élevées ont été enregistrées dans l'extrême nord de l'Europe du 9 au 11 juin 2011. Plusieurs stations ont battu leur record de chaleur pour un mois de juin, parfois même leur record absolu.
Citons par exemple les +32,8°C relevés en Finlande le 10/06/2011 à Ylitornio-Meltosjärvi, une valeur record à la station et qui égale le record national pour un mois de juin (+32,8°C le 18/06/1974 à Utsjoki Kevo).
La température a atteint également +32,0°C le 11/06/2011 à Vaasa, égalant le record absolu à la station (+32,0°C le 28/07/1960).

Alors que le sud-est de la Norvège subit de fortes précipitations qui ont provoqué des inondations et des dégâts importants, le nord du pays connaît une chaleur record pour un mois de juin : la température est montée le 11/06/2011 jusqu'à +33,8°C à Saltdal, dans le comté de Nordland, soit la température la plus élevée enregistrée dans le nord de la Norvège au mois de juin depuis 1920.
On peut aussi signaler que la température minimale n'est pas descendue en dessous de +21,4°C le 10/06/2011 à Skrova Fyr (Lofoten), soit juste derrière le record pour le nord de la Norvège au mois de juin depuis 1957 (+22,7°C le 30/06/1958 à Skrova Fyr).

Le sud de la Suède est également sous la pluie depuis quelques jours et on enregistre des températures exceptionnellement élevées dans le nord du pays. La température est même montée le 10/06/2011 jusqu’à +33,1°C à Överkalix-Svartbyn et surtout +33,5°C à Markusvinsa, station située dans le comté de Norrbotten, au niveau du cercle polaire arctique par 66° 43’ de latitude N ! Le vendredi 10 juin 2011 en Europe, seules quelques stations grecques et chypriotes ont enregistré des températures supérieures, ce qui souligne le caractère exceptionnel de cet événement.
Les températures relevées dans le nord de la Suède sont proches des records absolus enregistrés au mois de juillet : rappelons que le record absolu dans la province de Lappland est de +34,5°C enregistré le 17/07/1945 à Jokkmokk et le 08/07/1927 à Gällivare. Le record absolu pour l'extrême nord de l'Europe est de +36,9°C le 17/07/1945 à Harads, dans le comté suédois de Norrbotten.
Enfin, le record pour un mois de juin dans la région du Norrland est de +36,4°C enregistré le 30/06/1947 à Gävle, mais cette station est située dans l'extrême sud de la région, dans la province de Gästrikland.

Carte synoptique de surface du 10/06/2011 à 0h UTC.
(© Deutscher Wetterdienst)

lundi 6 juin 2011

Début juin 2011 : d'importantes précipitations en Californie

Une dépression très creusée (dont on peut admirer l'enroulement sur l'image satellite ci-dessous), et comme il est plus courant d'en observer en hiver d'ailleurs, a provoqué en Californie de fortes rafales de vent et surtout des précipitations exceptionnelles pour un mois de juin du 3 au 6 juin 2011, y compris dans des secteurs où il ne pleut que très rarement en temps normal, d’autant plus au mois de juin.

Image satellite du 04/06/2011 (21h). (GOES-W - Courtesy Eumetsat)

Il est tombé notamment 27,2 mm de pluie le 04/06/2011 à San Francisco (Downtown) ou encore 13,0 mm le 05/06/2011 à l'aéroport de Santa Barbara, soit un record journalier pour un mois de juin (précédent record : 13,0 mm le 05/06/2009) et surtout 34,5 mm en 24h le 04-05/06/2011. À la station de Santa Barbara, il s'agit d’ores et déjà du mois de juin le plus pluvieux depuis le début des observations à la station en 1941 avec un cumul qui s’élève à 35,1 mm au 06/06/2011 (précédent record mensuel : 13,0 mm en juin 2009).
D’ores et déjà le mois de juin le plus pluvieux aussi à Ukiah avec un cumul de 38,4 mm au 06/06/2011 (précédent record : 33,0 mm en juin 1967) et les 6 premiers jours du mois de juin les plus frais depuis le début des observations à la station en 1893.

Par ailleurs, il a neigé sur les reliefs californiens : jusqu’à 25 cm au-dessus de 2700 m d'altitude, en particulier dans la région de Yosemite Valley les 4 et 5/06/2011. Il a neigé également sur les hauteurs de la Sierra Nevada dans la nuit du 5 au 6/06/2011, ce qui n'est pas très courant au mois de juin.
On a relevé 7,6 cm de neige le 04/06/2011 et 3,8 cm le lendemain au sommet de Mammoth Mountain à plus de 2700 m d'altitude. Le cumul au cours de ce mois de juin s’élève à 11,4 cm, soit un record en juin depuis le début des observations en 1970 (précédent record : 5,1 cm en juin 2009). En outre, il a neigé seulement qu'à 3 autres reprises au mois de juin : en 1980, 2005 et 2009.

Comme je l'avais déjà signalé dans un message précédent, rappelons que la station de Mammoth Mountain a enregistré dès le mois d'avril de cette année la saison la plus neigeuse depuis le début des observations en 1969 : entre le mois de septembre 2010 et le 05/06/2011, il est tombé 1698,0 cm de neige. Le précédent record était détenu par la saison 2005-2006 avec un total de 1469,5 cm, la moyenne par saison étant de 870,0 cm.

Bilan des chutes de neige depuis septembre 2010 à Mammoth Mountain :
  • octobre 2010 : 25,4 cm (10 inches)
  • novembre 2010 : 223,5 cm (88 inches)
  • décembre 2010 : 530,9 cm (209 inches)
  • janvier 2011 : 73,7 cm (29 inches)
  • février 2011 : 233,7 cm (92 inches)
  • mars 2011 : 450,9 cm (177,5 inches)
  • avril 2011 : 78,7 cm (31,0 inches)
  • mai 2011 : 69,9 cm (27,5 inches)
  • juin (au 05/06) : 11,4 cm (4,5 inches)

vendredi 3 juin 2011

2 juin 2011 : des chutes de neige tardives sur les reliefs de Sardaigne

Massif du Gennargentu,
Sardaigne.
Des chutes de neige tardives se sont produites en Sardaigne le 2 juin 2011 à partir de 1500 m d’altitude dans le massif du Gennargentu, ce qui est assez rare en début d’été pour être signalé : on a relevé entre 5 et 10 cm à 1700 m. Cela ne s’était pas produit depuis juin 2006, mais on estime la durée de retour d’un tel événement à 30 ans.

On a relevé également des températures particulièrement basses voire négatives à moyenne altitude le 2 juin 2011 :
  • -0,7°C à Gavoi (précédent record : -0,1°C le 05/06/2006) ;
  • 0,0°C à Illogan ;
  • +1,1°C à Villanova Strisaili (le record en été reste toujours de -0,7°C le 17/07/2000) ;
  • +2,6°C à Sadali ;
  • +2,8°C à Java.
    Chutes de neige dans le massif du Gennargentu en Sardaigne le 2 juin 2011.
    Sardegna Clima)

    jeudi 2 juin 2011

    Deux tornades font 4 morts dans le Massachusetts (États-Unis)

    Au Massachusetts, plusieurs tornades ont frappé les villes de Westfield et de Springfield (3e plus grande ville de l'État) le 1er juin 2011 à 16h30 environ. Selon CBS Boston, plusieurs autres villes avoisinantes auraient été touchées par des tornades violentes qui ont balayé l'ouest et le centre de l'État. Des arbres ont été déracinés, des voitures ont été renversées par le vent et des dommages importants ont été occasionnés aux bâtiments. Selon les autorités du Massachusetts, quatre personnes au moins ont été tuées.


    Voici une vidéo impressionnante de cette tornade qui a touché le cœur de Springfield et qui a littéralement aspiré l'eau de la Connecticut River.


    L'État du Massachussetts est situé dans le NE des États-Unis, dans la région de la Nouvelle-Angleterre, et ne fait donc pas partie de la Tornado Alley. On recense seulement 3 tornades en moyenne par an dans cet État sur la période 1950-1995 et un maximum de 12 tornades en 1958.
    Toutefois, même si ce genre de phénomènes est assez rare dans cette région, il faut rappeler que la tornade (F4) qui a frappé le 9 juin 1953 la ville de Worcester et provoqué la mort de 94 personnes (1245 blessés) figure parmi les 25 tornades les plus meurtrières de l'histoire des États-Unis.

    Par ailleurs, penser que les tornades ne peuvent pas frapper le cœur des grandes agglomérations est un mythe tenace dans l'inconscient collectif. Il y a simplement moins de probabilités que les agglomérations urbaines soient touchées parce qu'elles couvrent tout simplement moins d'espace que les zones rurales. Toutefois, des études scientifiques ont montré que les conditions climatiques générées par l'urbanisation peuvent constituer un facteur aggravant. Une étude sur la tornade qui a traversé la ville d'Atlanta (Géorgie) dans la soirée du 14 mars 2008 a d'ailleurs révélé un lien étroit entre l'intensité de la tornade et l'effet de l'îlot de chaleur urbain. Comme l'ont démontré de très nombreuses études de topoclimatologie urbaine, les écarts de température entre le centre-ville et les zones rurales environnantes (ou péri-urbaines) sont en moyenne plus importants pendant la nuit, car la ville restitue plus lentement la chaleur diurne emmagasinée, le stockage thermique des matériaux urbains jouant ici un rôle déterminant (phénomène amplifié également par le chauffage domestique encore important au début du printemps). De ce fait, le refroidissement par rayonnement infrarouge s'effectue plus rapidement en milieu rural qu'en ville. L'îlot de chaleur urbain s'intensifie donc très rapidement dès le coucher du soleil. Comme on peut l'observer sur la carte ci-dessous, la tornade s'est intensifiée en traversant à la nuit tombée certains quartiers de la ville d'Atlanta, trouvant là une "réserve de carburant" en air plus chaud.

    Publiée par le bureau du Atlanta National Weather Service, cette carte révèle la trajectoire et l'intensité de la tornade
    qui a frappé la ville d'Atlanta (Géorgie) le 14 mars 2008. (Crédit : NOAA / NWS)

    Rappelons que des tornades ont déjà frappé de grandes villes américaines par le passé, comme Saint-Louis (Missouri) qui a été touchée 4 fois au cours du siècle dernier.

    Je vous invite à consulter l'inventaire réalisé par Roger Edwards et Joe Schaefer sur les tornades qui ont touché le centre-ville (downtown) des principales grandes villes américaines et consultable sur le site du Storm Prediction Center.