mardi 7 février 2017

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Records nationaux de température (mensuels et absolus) en 2017

Bilan provisoire au 14 mars 2017
(avec la collaboration de Maximiliano Herrera)




Janvier
1 – SINGAPOUR : 35,7°C le 8 janvier à Seletar
2 – COMORES : 35,2°C le 9 janvier à Hahaya International Airport
3 – OUGANDA : 39,6°C le 25 janvier à Wadelai (date à confirmer)
4 – SINT EUSTATIUS (Territoire néerlandais d’outre-mer) : 16,7°C le 21 janvier à F. D. Roosevelt Airport
5 – CHILI : 45,0°C le 26 janvier à Cauquenes (station agrométéorologique)
                  43,0°C le 26 janvier à Chillán-Quinchamalí (station automatique du réseau officiel)

6 – AFRIQUE DU SUD : 0,1°C le 29 janvier à Buffelsfontein Farm (1783 m) (à confirmer)

NB
7 – CRÈTE (Grèce) : -16,7°C le 9 janvier à Tzermiado (820 m)
8 – 28,8°C le 26 janvier dans l’archipel Juan Fernández (île de Robinson Crusoé, Chili)
9 – 43,4°C le 27 janvier à Puerto Madryn (Argentine) = record dans l’hémisphère sud à cette latitude (42° 77' S)


Février
10 – ÉMIRATS ARABES UNIS : -5,4°C le 3 février au Jabal Al Jais (1740 m)
11 – QATAR : 1,5°C le 5 février à Abu Samrah
12 – ISLANDE : 19,1°C le 12 février à Eyjabakkar

NB
13 – ÎLE TROMELIN (îles Éparses de l’océan Indien, Terres australes et antarctiques françaises) : 34,9°C le 8 février
        à Serge-Frolow

14 – AUSTRALIE-MÉRIDIONALE (Australie) : 48,2°C le 9 février à Tarcoola (record mensuel de l’État d’Australie-
        Méridionale égalé)

15 – NOUVELLE-GALLES DU SUD (Australie) : Tnx de 34,2°C le 11 février à White Cliffs
16 – OKLAHOMA (États-Unis) : 37,2°C le 11 février à Mangum (record mensuel de l’État d’Oklahoma égalé) 
17 – QUEENSLAND (Australie) : 47,2°C le 12 février à Thargomindah Airport
18 – WISCONSIN (États-Unis) : 22,2°C le 22 février à Boscobel 
19 – ÎLES COCOS (Territoire extérieur australien) : 32,9°C le 23 février à Cocos Islands Airport
20 – TEXAS (États-Unis) : 39,4°C le 23 février à Falcon Lake [COOP] (record mensuel le plus fiable du Texas et des
        États-Unis égalé ; à 0,4°C du record officiel [d
atant de 1902 et peu fiable])
21 – VERMONT (États-Unis) : 22,2°C le 24 février à Bennington et le 25 février à Burlington
22 – NOUVELLE-ÉCOSSE (Canada) : 20,0°C le 25 février à Greenwood


Mars
23 – KENYA : 40,7°C le 8 mars à Wajir (record mensuel national égalé)
24 – INDONÉSIE : 38,8°C le 9 mars à Curug / Budiarto (valeur à confirmer)
25 – ESPAGNE (hors Canaries) : 34,8°C le 10 mars à l’aéroport d’Alicante-Elche
        = première fois que la température dépasse 34°C en Europe durant la première moitié du mois de mars 

26 – CHILI : 40,3°C le 12 mars à San Felipe

NB
27 – TERRITOIRES DU NORD-OUEST (Canada) : -54,7°C le 4 mars à Mould Bay

samedi 4 février 2017

Fortes précipitations et inondations dans le nord-ouest du Pérou

Des cumuls de pluie anormalement élevés sont enregistrés depuis une dizaine de jours au Pérou, en particulier dans le nord-ouest du pays, dans les provinces littorales de Tumbes, Piura et Lambayeque notamment, au climat désertique ou semi-aride. Il est tombé jusqu’à 256,5 mm en 3 jours à Jacanya (province de Lambayeque) du 31 janvier au 2 février [dont 120,8 mm le 1er février] et jusqu’à 218,3 mm en 4 jours à Olmos (province de Lambayeque) du 31 janvier au 3 février [dont 196,7 mm en 48h (1-2 février) et 101,2 mm le 2 février, alors que la moyenne mensuelle de février n’est que de 28,2 mm]. Légèrement plus au nord, il est tombé jusqu’à 283,7 mm en 10 jours à Matapolo (province de Tumbes) du 25 janvier au 3 février, dont 67,8 mm en 13h le 1er février. On a également relevé jusqu’à 59,4 mm en 1h le 31 janvier à Puente Ñacara (province de Piura).


Ces fortes précipitations ont entraîné d’importantes inondations (fort ruissellement, crues soudaines et brutales) dans des régions désertiques ou semi-arides, notamment à Chulucanas (province de Piura), Chiclayo (province de Lambayeque), Trujillo (province de La Libertad), y compris plus au sud dans les provinces de Lima (la capitale) et d’Ica. De telles conditions météorologiques sont généralement observées lors d’un intense épisode El Niño, ce qui n’est officiellement pas le cas à l’heure actuelle. Cependant, l’intensité des précipitations de ces derniers jours excède celle enregistrée lors du dernier épisode El Niño 2015-2016 qui s’est officiellement achevé en juin dernier. Si l’on observe attentivement les anomalies thermiques des eaux de surface dans le Pacifique oriental, on remarque que les eaux sont anormalement chaudes au large des côtes péruviennes surtout depuis la mi-janvier : en d’autres termes, on assiste à un retour des conditions El Niño dans les zones 1 et 2 (et de manière plus marquée que lors du dernier pic d’intensité il y a un an), susceptibles de s’étendre dans les prochaines semaines ou prochains mois aux zones 3 et 4 situées plus à l’ouest dans le Pacifique.

Anomalies thermiques des eaux de surface océaniques le 3 février 2017.
Rappelons que l’invasion d’eaux chaudes sur les côtes péruviennes (associées au contre-courant équatorial) en remplacement des eaux fraîches (riches en éléments nutritifs) associées à l’upwelling a des conséquences néfastes en termes de ressources halieutiques. "El Niño" désignait d’ailleurs à l’origine ce courant côtier saisonnier chaud au large du Pérou et de l'Équateur qui mettait fin à la saison de pêche. Il désigne aujourd’hui par extension un phénomène climatique de plus grande ampleur et une conséquence régionale d’une modification dans la circulation atmosphérique générale entre les pôles et l’équateur.
Le décalage vers le sud du contre-courant équatorial (chaud) s’opère conjointement avec le glissement vers le sud de l’équateur météorologique. Les fortes précipitations dans le nord-ouest du Pérou sont la conséquence d’un décalage vers le sud plus marqué que la normale de l’équateur météorologique. Le décalage de cette structure pluviogène est favorisé par le renforcement de l’alizé franchissant l’isthme américain et une position plus méridionale que la normale de l’anticyclone dit "de Pâques" (responsable notamment de la sécheresse persistante et des températures anormalement élevées observées dans le centre du Chili ces dernières semaines).
Quand on sait qu’entre 4°N (Buenaventura, Colombie) et 4°S (Chiclayo, Pérou) les hauteurs moyennes annuelles de pluie diminuent de l’ordre de 750 mm par degré de latitude, on comprend pourquoi un très faible déplacement de l’équateur météorologique vers le sud peut avoir des conséquences catastrophiques en termes de pluviosité dans des régions habituellement très peu arrosées ! La situation actuelle est donc à surveiller : les cumuls de pluie pourraient encore s’aggraver si les conditions météorologiques persistent au cours des prochaines semaines. Rappelons qu’au cours du plus puissant épisode El Niño de 1997-1998, il était tombé jusqu’à 1095,2 mm en 2 mois à Chulucanas (province de Piura) en février-mars 1998, jusqu’à 192,6 mm en 1 jour à Los Cedros (province de Tumbes) le 09/02/1998 [185,6 mm le 14/02/1998] et 182,8 mm le 14/02/1998 à Ferreñafe (province de Lambayeque) alors que la normale mensuelle n’est que de 2,3 mm !

Notons enfin que les températures sont anormalement élevées au Pérou depuis plusieurs semaines (39,1°C le 2 février à Chulucanas [province de Piura], 39,6°C les 23 et 27 janvier à Quillabamba [province de Cusco]), en particulier les températures minimales : à titre d’exemple, la température n’est pas descendue en dessous de 25,1°C le 28 janvier et 25,3°C le 29 à Lima-Callao, ce qui constitue un record absolu à la station (précédent record : 25,0°C en 1998).