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mercredi 31 octobre 2018

Mois d’octobre le plus chaud en Russie depuis 1891

Octobre 2018 se classe au 4e rang des mois d’octobre les plus chauds à l’échelle du globe et de l’Europe depuis le début des mesures selon Copernicus ECMWF, mais occupe la première place à l’échelle de l’hémisphère nord et de la fédération de Russie selon les services météorologiques russes.

La Russie vient donc de connaître le mois d’octobre le plus chaud depuis le début des mesures en 1891, devant octobre 1967. La température moyenne mensuelle de l’air affiche des écarts à la normale de +2 à +3°C dans la partie européenne du territoire, +3 à +8°C en Sibérie et +3 à +6°C dans l’Extrême-Orient russe. Les plus fortes anomalies thermiques ont été observées dans la zone Arctique, avec localement +6 à +10°C !



Il s’agit notamment du mois d’octobre le plus doux depuis 1936 sur l’île Kotelny (située dans l’archipel de Nouvelle-Sibérie, dans l’océan Arctique, au nord des côtes de la Sibérie orientale, par 76° de latitude N), où la température est montée jusqu’à 2,4°C le 3 octobre. Le précédent record mensuel de douceur (1,8°C le 01/10/1947) a été égalé ou battu à deux autres reprises au cours du mois : 1,8°C le 2 octobre et 2,2°C le 5.
Cette douceur exceptionnelle dans l’Arctique russe a été marquée par d’autres records mensuels de douceur, notamment sur l’île Golomyannyy (Terre du Nord, 79,5°N) avec 2,9°C le 8 octobre (précédent record depuis 1936 : 1,6°C le 03/10/2009), et sur l’île Wrangel (située dans la mer des Tchouktches, par 71° de latitude N) où le précédent record mensuel depuis 1926 (6,3°C le 02/10/2016) a été pulvérisé et battu à 5 reprises : 9,3°C le 2 octobre, 8,8°C le 4, 7,6°C le 1er, 7,5°C le 3 et 7,1°C le 6 !


dimanche 25 février 2018

Douceur exceptionnelle au pôle Nord et dans l’extrême nord du Groenland

Les hautes pressions (associées à de l’air très froid) qui recouvrent l’Europe du Nord (plus de 1050 hPa localement le dimanche 25 février 2018 sur le nord de la Scandinavie) et s’étendent de l’Europe occidentale à l’Europe orientale depuis quelques jours forment une vaste barrière aérologique. Comme toujours dans pareille configuration isobarique, le flux perturbé atlantique (doux et humide) est dévié vers le nord en direction du pôle, entre Groenland et Scandinavie. Au fur et à mesure que l’air froid déferle sur l’Europe dans un vigoureux flux de nord-est, de l’air plus chaud est advecté dans un puissant flux de sud jusqu’au cœur du bassin arctique. Une belle illustration des échanges méridiens d’air et d’énergie entre le pôle et les tropiques.


Station de Cap Morris Jesup
© John Cappelen / DMI
L’anomalie chaude au cœur de l’Arctique atteint +20 à +35°C le dimanche 25 février avec des températures légèrement supérieures à 0°C au pôle Nord (une première en février depuis 1948 d’après les estimations du NCEP/NCAR Reanalysis Project [les 5 autres fois s’étant produites en décembre]).
Dans l’extrême nord du Groenland, les températures ont atteint des valeurs exceptionnelles pour un mois de février, des valeurs plus communément observées en période estivale !
Au cœur de la nuit polaire, on a relevé jusqu’à +6,2°C ce dimanche 25 février (à 1h UTC) à Cap Morris Jesup (voire plus doux au pas de temps infra-horaire) — la station terrestre la plus septentrionale du Groenland et de l’hémisphère nord —, soit juste derrière la plus haute température jamais enregistrée à la station depuis le début des mesures en 1981 et sur toute la côte septentrionale du Groenland en février et en hiver de manière plus générale (record : +7,8°C le 12/02/2011 à 17h, avec un taux d’humidité relative de 19% !). On ne connaîtra pas malheureusement la valeur maximale au pas de temps infra-horaire, car la station ne transmet des données que toutes les heures.
Notons toutefois que l’advection d’air chaud a été amplifiée localement par effet de foehn (comme en février 2011 notamment), l’air soulevé au-dessus de la calotte glaciaire groenlandaise redescendant sur la côte nord de l’île et entraînant une élévation de température par compression adiabatique à la station de Cap Morris*.
Cet effet orographique est moins marqué (voire même quasi absent) dans l’extrême nord-est du Groenland, où l’on a relevé le même jour (même heure) une valeur record pour un mois de février de +2,5°C à la station de Nord AWS (précédents records pulvérisés : +0,7°C le 05/02/2017 [valeur horaire], -1,5°C le 19/02/2007 [valeur tri-horaire]) et de +0,6°C dans le petit archipel de Henrik Krøyer Holme (précédent record : -0,1°C) [voire plus doux encore au pas de temps infra-horaire].

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* La station de Cap Morris Jesup a enregistré des températures positives à de nombreuses reprises entre le 16 et le 25 février 2018 (cf. graphique ci-dessous), avec une séquence inédite au cœur de l’hiver polaire de températures positives durant 23 heures consécutives entre le 24 février (14h UTC) et le 25 février 2018 (13h UTC) !
Températures maximales et minimales à Cap Morris Jesup (Groenland) du 27 janvier au 26 février 2018.
© Graphique de Michael Theusner
© DMI
Les températures ont été anormalement douces en février dans le nord-est du Groenland, de Aputiteeq à Cap Morris Jesup. Du nord au sud, les stations de Cap Morris Jesup, Nord, Danmarkshavn, Daneborg et Ittoqqortoormiit ont enregistré leur mois de février le plus doux (depuis le début des mesures en 1949 pour Danmarkshavn et Ittoqqortoormiit, depuis 1980 pour Cap Morris Jesup), tandis qu’à Aputiteeq seul le mois de février 2017 a été plus doux. En raison notamment de ce mois de février 2018 exceptionnellement doux dans le nord-est du Groenland (+14,4°C par rapport à la normale mensuelle 1981-2010 à Cap Morris Jesup), l’hiver 2017-2018 arrive en tête des hivers les moins froids à Cap Morris Jesup, à la station Nord et à Danmarkshavn (+7,7°C par rapport à la normale mensuelle 1981-2010 à Cap Morris Jesup).
> Plus d’infos sur le site du Danmarks Meteorologiske Institut (DMI).


mardi 4 juillet 2017

Record de froid pour un mois de juillet au Groenland et dans l’hémisphère nord

La température est descendue jusqu’à -33,0°C le 4 juillet 2017 au matin à la station groenlandaise de Summit, implantée à 3202 m d’altitude. Il s’agit de la plus basse température enregistrée au mois de juillet à la station, soit plus de 2°C en dessous du précédent record enregistré l’an dernier (-30,7°C le 31/07/2016).


La température est descendue plus bas encore dans la station voisine de GEO-Summit (équipée d’un capteur plus sensible et réactif) : -34,3°C à 4h20, soit la plus basse température en juillet au Groenland et dans tout l’hémisphère nord.


Les températures anormalement basses observées au Groenland depuis une quinzaine de jours (jusqu’à -4,5°C en dessous de la normale au centre de l’inlandsis) contribuent à réduire fortement la fusion estivale (2 fois moins importante que la normale pour un début juillet).

Si des records de chaleur ont été battus ces derniers jours au Moyen-Orient et dans le bassin oriental de la Méditerranée notamment, il est bon de rappeler que le réchauffement à l'échelle mondiale se réduit progressivement depuis février 2016 : comme le montre la courbe des anomalies thermiques mensuelles mesurées par satellite dans la basse troposphère, l’anomalie thermique mondiale est passée de +0,86°C en février 2016 à +0,21°C en juin dernier.
Certaines régions dans le monde enregistrent déjà depuis plusieurs semaines des températures anormalement basses, et en premier lieu les régions polaires. Depuis la mi-mai, l’Arctique enregistre une anomalie thermique négative persistante au-delà de 80° de latitude N (cf. graphique en bas à droite) — ou avec une plus grande fréquence si l’on inclut les régions situées entre 65° et 80° de latitude N (cf. graphique en haut à droite).
Quant à l’Antarctique, la courbe montre une anomalie négative particulièrement significative depuis le début du mois de juin (de l’ordre de -4°C actuellement).


Ce refroidissement des régions polaires se traduit par des advections d’air plus froid (ou plus frais) en direction des moyennes et basses latitudes, qui ont pour conséquence une intensification des échanges méridiens d’air et d’énergie.
Depuis le début du mois de juillet, des températures inférieures aux normales sont enregistrées au Groenland notamment, dans l’archipel norvégien du Svalbard (-4,6°C le 2 juillet à Karl XII-øya et le 3 juillet à Kvitøya, à 0,1°C du record mensuel national de froid pour une station de basse altitude), ou encore dans l’ouest et le sud-est de l’Australie (-10,0°C le 2 juillet à Goulburn Airport, en Nouvelle-Galles du Sud) avec plusieurs records de froid (mensuels et absolus), comme à East Sale Airport (Victoria) avec -7,0°C le 3 juillet (précédent record absolu depuis 1947 : -5,8°C le 28/07/1976).
Au Nunavut (territoire fédéral du nord du Canada), la température est descendue jusqu’à -7,0°C le 4 juillet à Cape Dyer (725 m), soit l’une des plus basses températures enregistrées en dessous de 1000 m d’altitude au Canada et dans tout l’hémisphère nord au mois de juillet. [Le record au Canada est toujours détenu par la station de Fox Five (584 m, sur l’île Broughton, Nunavut) avec -8,9°C les 03 et 04/07/1972.]
Plus près de chez nous, en Espagne, rappelons qu’il a neigé à la station de Puerto de Navacerrada (1894 m, communauté de Madrid) le 30 juin au matin (2 cm au sol), ce qui ne s’était jamais produit aussi tard dans l’année depuis au moins 1946 (et seulement à de rares occasions au mois de juin).

mercredi 17 août 2016

Puissante tempête au-dessus de l’océan Arctique au mois d’août

Une dépression extrêmement creuse pour un mois d’août s’est formée au-dessus de l’océan Arctique du 14 au 16 août 2016. La pression au centre de la dépression est descendue en dessous de 970 hPa : une bouée marine dérivante située à proximité du cœur du vortex a enregistré une pression minimale de 966,5 hPa le 15 août à 23h. Il s’agit du 2e cyclone polaire le plus puissant observé dans l’Arctique au mois d’août depuis au moins 1979. Le record est toujours détenu par le cyclone du 6 août 2012 au centre duquel la pression minimale a été estimée à 963 hPa par Environnement Canada.

Comme on peut l’observer sur le graphique du NCEP/NCAR (courbe bleue), la pression minimale moyenne dans l’ouest de l’Arctique décrit une tendance à la baisse en été depuis 1948. La puissante tempête observée à la mi-août 2016 s’inscrit dans cette tendance.