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dimanche 26 avril 2020

Déconfinement progressif des précipitations après une quarantaine de jours…

Les hautes pressions ancrées depuis la mi-mars 2020 en mer du Nord et sur l’Europe de l’Ouest laissent peu à peu la place en cette fin avril 2020 à un régime de marais barométrique avant le retour d’un flux océanique plus humide et instable au cours des prochains jours.
L’instabilité croissante de la masse d’air favorise localement la convection atmosphérique et les développements orageux, comme ce fut le cas dans la soirée du samedi 25 avril dans le centre-est de la France, sur les Alpes du Nord et le bassin genevois (Suisse) en particulier.


Après 43 jours consécutifs sans aucune goutte de pluie du 13 mars au 24 avril, la pluie a fait une timide réapparition à Genève-Cointrin dans la soirée du 25 avril avec seulement 0,1 mm entre 21h et 22h et 0,3 mm le lendemain matin entre 8h et 10h. Ces faibles précipitations mettent fin tout de même à la plus longue période sans précipitations depuis le début des mesures à Genève en 1864. Le précédent record remontait à l’hiver 1896 où il n’avait pas plu du 17 janvier au 26 février (41 jours).
En revanche, la plus longue série sans pluie au nord des Alpes suisses est toujours détenu par Neuchâtel avec 52 jours du 19 mars au 9 mai 1893. Pour info, sur le versant sud des Alpes suisses, les plus longues périodes sans pluie ont duré de 60 à près de 80 jours. La dernière en date remonte à l’hiver 1988-1989 : Locarno avait enregistré 63 jours consécutifs sans pluie (< 0,1 mm) du 21 décembre 1988 au 21 février 1989, tandis que Lugano avait comptabilisé 76 jours sans aucune goutte de pluie du 7 décembre 1988 au 20 février 1989 (81 jours avec moins de 1 mm du 3 décembre 1988 au 21 février 1989) !

Dust devil (tourbillon de poussière)
le 24/04/2020 au Versoud.
© J. Contreras via meteo-grenoble.com
En France, les précipitations orageuses du samedi 25 avril (dans la soirée) ont mis fin à une série remarquable de 43 jours consécutifs sans pluie à Grenoble-Le Versoud (il est tombé 16,8 mm dans le village des Bédouins*, contre 30,7 mm à Saint-Martin-d’Hères à 15 km au sud-ouest). Il s’agit de la plus longue série de jours sans pluie mesurable (0 mm) dans l’agglomération grenobloise depuis le début des mesures en 1946. Le précédent record était de 42 jours à la station du Versoud, du 26 novembre 2016 au 6 janvier 2017. Pour trouver un autre épisode de temps sec comparable dans l’agglomération grenobloise, il faut remonter à l’année 1953 avec seulement 0,1 mm relevé en 46 jours à l’ancienne station d’Eybens du 13 février au 30 mars (0,1 mm le 11 mars) et seulement 0,8 mm en 50 jours du 13 février au 3 avril 1953. À titre de comparaison, il n’était tombé que 0,6 mm en 45 jours à Grenoble-Le Versoud du 26 novembre 2016 au 8 janvier 2017.


Dans le nord-est de la France, en revanche, la série s’est prolongée jusqu’au 26 avril 2020 à Saint-Dizier (Haute‑Marne) où il n’a pas plu durant 44 jours consécutifs à compter du 14 mars 2020 : il s’agit de la plus longue série de jours secs tous mois confondus depuis le début des mesures en 1953 (précédent record : 35 jours du 22 août au 25 septembre 1959).

Enfin, dans la région italienne de Frioul-Vénétie julienne, la ville de Trieste a enregistré seulement 0,8 mm de pluie en 50 jours, du 7 mars au 25 avril 2020 (0,2 mm le 13 mars et 0,6 mm le 21 mars) : un record depuis le début des mesures en 1894 !


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* Bédouin est le gentilé des habitants du village du Versoud, situé dans la vallée du Grésivaudan, à 15 km de Grenoble. Pour la petite histoire, Bedouin était le nom d’un camp établi il y a plusieurs siècles au Versoud par une tribu nomade des confins de l’Asie, les Sarmates, qui auraient laissé aux habitants ce surnom. Un village au pied du Ventoux porte également ce nom, dont la même origine toponymique est prouvée.

jeudi 23 avril 2020

Précipitations en quarantaine

En raison de la persistance depuis la mi-mars de conditions anticycloniques sur une large moitié nord de la France et plus largement de l’Angleterre à l’Europe centrale*, certaines régions françaises et suisses notamment n’ont pratiquement pas reçu la moindre goutte de pluie depuis le début du confinement contre le Covid-19 et bénéficient de taux d’ensoleillement qui atteignent localement des niveaux records (comme à Dijon et Luxeuil en particulier, où le soleil a brillé près de 328 heures en 31 jours du 23 mars au 22 avril, soit bien davantage que la normale d’un mois de juillet qui s’élève à 241 heures !).


Des périodes de plus d’une trentaine de jours au moins aussi sèches que celle que nous vivons depuis la mi-mars ont déjà été enregistrées par le passé en France au printemps, notamment en 2007 (avril), 1997 (mi-mars à mi-avril) et 1961 (mars à début avril). Si le déficit pluviométrique était plus marqué dans le nord-est du pays en avril 2007, il concernait surtout le sud en 1997 et un grand tiers sud en 1961. Cette année, la sécheresse printanière touche une plus grande partie du pays et plus particulièrement les régions situées sur la façade est du territoire.


Après des précipitations particulièrement abondantes sur la France d’octobre 2019 à la mi-mars 2020, qui ont permis une recharge quasi optimale des nappes souterraines, les sols superficiels qui étaient saturés ou proches de la saturation sur la majeure partie du pays fin février se sont fortement asséchés depuis la mi-mars.
Image satellite infra-rouge du 21/04/2020 (6h UTC)
montrant une limite frontale remarquablement étendue
de la péninsule Ibérique à l’Iran, associée à un minimum
dépressionnaire près de la Sardaigne et une masse d’air sèche
d’origine continentale, drainée par une vaste cellule
anticyclonique plus au nord.
© fvalk.com
Si d’abondantes précipitations se sont abattues sur le tiers sud de la France du 19 au 22 avril 2020 (il est tombé localement l’équivalent de 1 à 2 mois de pluie dans les Pyrénées-Orientales [jusqu’à 330 mm à Néoulous] et sur la façade orientale de la Corse [jusqu’à 267 mm à Ghisoni]), la sécheresse de surface atteint un niveau préoccupant en cette fin avril 2020 sur le nord-est et le centre-est de la France, ainsi que dans toute l’Europe centrale.
Dans les Vosges par exemple, l’indice d’humidité des sols atteint les valeurs les plus basses pour la période et se situe même au niveau de la médiane de la période de plein été, tandis que dans les Pyrénées-Orientales la situation est inverse (suite au récent épisode méditerranéen) avec un indice tout proche du record absolu établi en mai 1977.

En cette fin avril 2020, le déficit pluviométrique est particulièrement marqué sur la façade est de la France, comme à Saint-Dizier (Haute-Marne) qui a d’ores et déjà enregistré sa plus longue série de jours secs, tous mois confondus, depuis le début des mesures en 1953, avec 41 jours sans pluie mesurable du 14 mars au 23 avril 2020, devant avril 2007 (28 jours), l’été 1976 (33 jours) et l’ancien record de 35 jours du 22 août au 25 septembre 1959.
Même constat à Grenoble/Le Versoud (Isère) où il n’a pas plu une goutte depuis 42 jours (du 13 mars au 23 avril 2020), égalant d’ores et déjà le record absolu enregistré du 26 novembre 2016 au 6 janvier 2017 (42 jours) et surpassant les 37 jours sans pluie du 19 octobre au 24 novembre 1978.

À Genève (Suisse), il n’a également pas plu depuis 42 jours du 13 mars au 23 avril 2020. Une période sans précipitations aussi longue n’a jamais été observée depuis le début des mesures en 1864 ! Le précédent record remontait à l’hiver 1896 où il n’avait pas plu du 17 janvier au 26 février (41 jours).

Pour info, la plus longue série sans pluie au nord des Alpes suisses est de 52 jours à Neuchâtel du 19 mars au 9 mai 1893. Sur le versant sud des Alpes suisses, les plus longues périodes sans pluie ont duré de 60 à près de 80 jours. La dernière en date a été enregistrée de décembre 1988 à février 1989 : Locarno avait enregistré 63 jours consécutifs sans pluie (< 0,1 mm) du 21 décembre 1988 au 21 février 1989, tandis que Lugano avait comptabilisé 76 jours sans aucune goutte de pluie du 7 décembre 1988 au 20 février 1989 (81 jours avec moins de 1 mm du 3 décembre 1988 au 21 février 1989) !

Aucun front pluvieux (ou de situation instable propice à des averses généralisées) n’étant prévu avant le 26 avril (au moins), les séries en cours vont donc se poursuivre durant les prochains jours et aggraver dans les régions concernées la sécheresse des sols.
En Suisse, la moyenne nationale des précipitations du 1er mars au 21 avril 2020 ne représente que 40 % environ de la normale pluviométrique (1981-2010) du bimestre mars-avril. Une moyenne pluviométrique inférieure à 50 % de la normale en mars-avril n’a été enregistrée qu’une dizaine de fois en Suisse depuis le début des mesures en 1864. La dernière en date remonte à mars-avril 2011 avec une moyenne des précipitations qui atteignait seulement 36 % de la normale. Il faut ensuite remonter à mars-avril 1955 pour trouver un déficit comparable à celui de cette année.
Anomalies pluviométriques en Suisse sur la période mars-avril de 1864 à 2020 (au 21 avril 2020)
Source : MétéoSuisse

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* Sur la carte (située en haut à droite) des anomalies de la pression (réduite au niveau de la mer) en Europe entre le 15 mars et le 23 avril, on constate que les pressions sont restées anormalement élevées de l’Angleterre à la Pologne et sur toute l’Europe de l’Ouest d’une manière générale. Cette vaste cellule anticyclonique centrée en mer du Nord a dirigé le plus souvent des vents de secteur sud sur la France et dans le couloir rhodanien en particulier, l’air froid en provenance des hautes latitudes (flux de nord) s’écoulant le plus souvent sur l’Europe centrale et plus à l’ouest sur l’Atlantique. Les données de vent (à 10 m au-dessus du sol) à Istres, Marseille-Marignane, Salon-de-Provence et Aix-en-Provence entre le 15 mars et le 25 avril 2020 sont sans équivoque : le vent a très peu soufflé et le plus souvent de secteur sud.
On considère généralement que le mistral souffle lorsque le vent atteint une vitesse maximale instantanée de 16 m/s (57,6 km/h) et qu’il est de composante nord (NW à NE). D’après les normales pour ces 4 stations, le bimestre mars‑avril est la période de l’année au cours de laquelle les jours avec mistral sont les plus fréquents (10 à 12 jours en mars, 10 à 12 jours en avril). Entre le 15 mars et le 25 avril 2020, on comptabilise seulement 1 jour avec mistral à Istres et à Salon-de-Provence (le 29 mars, avec une vitesse maxi instantanée quotidienne de 20,9 m/s [75,2 km/h] à Salon-de-Provence), aucun dans les 3 autres stations. La vitesse moyenne quotidienne du vent dans les 4 stations n’a jamais dépassé 6,5 m/s (23,4 km/h) après le 15 mars, le pic ayant été atteint au cours de la première quinzaine de mars avec seulement 12,7 m/s (45,7 km/h) le 7 mars à Istres (flux de nord). Les vents de secteur sud ont été les plus fréquents. Toutes vitesses confondues, on comptabilise entre le 15 mars et le 25 avril 2020 seulement 7 jours avec un vent de composante nord à Istres (1 NW / 4 N / 2 NE), 5 jours à Marseille-Marignane (4 NW / 1 NE), 4 jours à Aix‑en‑Provence (1 NW / 3 N) et seulement 1 jour avec un vent de secteur NE à Aix-en-Provence.
[Source des données : Météo France]

samedi 7 mars 2020

Fort contraste pluviométrique en Europe, péjoration pluviométrique au Maghreb

Le mois de février 2020 a ponctué un hiver météorologique 2019-2020 historiquement doux en Europe (notamment en France), marqué aussi par des précipitations fortement excédentaires sur une large moitié nord (en particulier au Royaume-Uni en février) et un déficit pluviométrique remarquable dans le sud de l’Europe, qui a pris un caractère extrême en Espagne et au Maghreb en février.



Le mois de février 2020 a été caractérisé par des anomalies de pression, montrant un fort dipôle entre de basses pressions particulièrement marquées sur le nord de l’Atlantique et de l’Europe (anomalies atteignant -15 à -20 hPa sur le mois) et de hautes pressions particulièrement élevées de l’Atlantique subtropical (Açores) jusqu’à la Méditerranée (anomalies supérieures à +5 hPa). Cette configuration atmosphérique, typique d’une oscillation nord-atlantique en phase positive (corrélée à une phase positive de l’oscillation arctique à plus grande échelle), s’est traduite par des vents d’ouest/sud-ouest persistants et plus forts que la normale sur l’Europe (et d’un courant-jet d’altitude plus fort également) et le passage d’une multitude de perturbations atlantiques à une cadence soutenue (11 épisodes tempétueux sur la France entre début février et début mars !).

Le Royaume-Uni a enregistré son mois de février le plus pluvieux depuis 1862 avec un cumul moyen national de 209,1 mm, battant ainsi le précédent record de février 1990 (193,4 mm). Les anomalies pluviométriques ont atteint plus de 400 % dans le centre du Royaume-Uni ! Même constat en Irlande où les cumuls pluviométriques ont été 1,5 à 3,3 fois supérieurs à la normale mensuelle, la plupart des stations synoptiques (principalement dans la moitié nord du pays) ayant enregistré leur mois de février le plus pluvieux (comme à Malin Head depuis le début des mesures en 1850).
En raison de la persistance sur l’Europe de l’Ouest d’un flux océanique doux et très perturbé durant tout l’hiver et en février en particulier, l’indice d’humidité des sols au début du mois de mars témoigne de sols saturés sur de nombreuses régions françaises, en dehors du Sud-Est davantage protégé par les hautes pressions.

Plus au sud, le contraste pluviométrique est saisissant : la persistance de hautes pressions sur l’Espagne et le Maghreb durant l’hiver a entraîné un déficit pluviométrique significatif qui s’est fortement aggravé en février. Si le Portugal et l’Espagne ont connu leur mois de février le plus chaud depuis le début des mesures, le déficit pluviométrique a également atteint un niveau tout à fait exceptionnel dans la péninsule Ibérique (mois de février le plus sec en Espagne et 5e mois de février le plus sec au Portugal depuis plus de 80 ans).

Le déficit pluviométrique observé sur tout le pourtour de la Méditerranée occidentale a revêtu un caractère extrême dans tout le Maghreb au mois de février. Après une année 2019 déjà anormalement déficitaire, le Maroc a connu un hiver 2019-2020 particulièrement sec : il n’est tombé notamment qu’un peu plus de 140 mm à Tanger (dans l’extrême nord du pays, généralement plus arrosé que le reste du pays), soit près de 40 % seulement de la moyenne saisonnière.
En février, il n’a quasiment pas plu une goutte sur tout le Maghreb (≤ 1 mm à Rabat, Casablanca, Marrakech, Oran, Alger, Constantine, Tunis…). Même à Tanger, il n’est tombé que 3,7 mm en février, soit moins de 4 % de la moyenne mensuelle. À Ceuta (enclave espagnole sur la côte nord de l’Afrique, dans le détroit de Gibraltar), le cumul mensuel ne s’élève qu’à 0,4 mm, une situation qui tranche radicalement avec le mois de février 2010 exceptionnellement pluvieux (347,6 mm). Plus à l’est sur la côte méditerranéenne du Maghreb, il n’a pas plu une goutte à Mellila (enclave espagnole), un record en février depuis le début des mesures en 1948. Cette sécheresse suscite une grande inquiétude dans les pays du Maghreb, en particulier au Maroc fortement dépendant de son secteur agricole : même si l’irrégularité des pluies constitue une caractéristique structurelle du climat marocain, le déficit pluviométrique observé depuis plusieurs mois dans le pays affecte dangereusement ses ressources en eau, comme l’indique le niveau anormalement bas de ses barrages.

jeudi 30 juin 2011

Sécheresse et chaleur exceptionnelles au Texas (suite)

La sécheresse qui touche le sud des États-Unis s'est encore aggravée au cours du mois de juin 2011, en particulier au Texas.

Notons qu'il n'a pas plu à Pecos depuis le 23 septembre 2010, soit 280 jours consécutifs (bilan au 30 juin 2011) : il s'agit d'ores et déjà d'une des plus longues périodes de sécheresse aux États-Unis, hors des régions désertiques de Californie et d'Arizona. La normale sur les 6 premiers mois de l'année est de 107,2 mm.

À San Angelo, les 6 premiers mois de l'année 2011 sont également les plus secs (seulement 74,7 mm), juste derrière le record remontant à 1956 (74,2 mm), la normale étant de 259,1 mm.

Les précipitations au Texas du 1er janvier au 30 juin 2011 :
  • Amarillo : 29,7 mm (normale : 239,3 mm)
  • Lubbock : 27,9 mm (normale : 217,2 mm)
  • El Paso : 4,1 mm (normale : 65,5 mm)
  • Midland : 4,1 mm (normale : 142,2 mm)
  • Abilene : 164,6 mm (normale : 281,2 mm)
  • San Angelo : 74,7 mm (normale : 259,1 mm)
  • Odessa : 2,5 mm (normale : 142,8 mm)
  • Pecos : 0 mm (normale : 107,2 mm)


La sécheresse touche également l’État de l’Arizona où Tucson a enregistré 80 jours consécutifs sans pluie du 10 avril au 28 juin 2011, soit la 5e plus longue période de sécheresse depuis le début des observations. Cette série s’est achevée le 29 juin avec seulement 0,8 mm de précipitations !
Entre le 1er janvier et le 30 juin 2011, il n’est tombé que 14,7 mm à Tucson, alors que la normale à cette date est de 87,4 mm.

Les plus longues périodes de sécheresse à Tucson (Arizona) :
  • 100 jours : 30 mars au 7 juillet 2002
  • 90 jours : 29 mars au 26 juin 1909
  • 83 jours : 18 octobre 1917 au 8 janvier 1918
  • 81 jours : 3 avril au 22 juin 1974
  • 81 jours : 18 janvier au 5 avril 1984
  • 80 jours : 10 avril au 28 juin 2011
  • 79 jours : 18 janvier au 5 avril 1984
  • 72 jours : 14 octobre au 24 décembre 1916
  • 72 jours : 14 novembre 1901 au 24 janvier 1902
  • 70 jours : 24 avril au 2 juillet 1945
  • 70 jours : 11 septembre au 19 novembre 1898
  • 70 jours : 14 février au 24 avril 1895

La sécheresse est aggravée par des températures exceptionnellement élevées.
Après le printemps le plus chaud (Tm de +22,2°C en 2011 contre +21,9°C en 2000), San Angelo (Texas) a connu le mois de juin le plus chaud : il s’agit même d’un record tous mois confondus, avec une Tm qui atteint +31,4°C, battant le précédent record remontant à août 1952 (+31,2°C). Par ailleurs, juin 2011 est le 15e mois consécutif avec une Tm supérieure à la normale.

Tx du 26/06/2011 au Texas
Après avoir battu des records mensuels de chaleur au mois de mai 2011, plusieurs stations du Texas ont approché ou battu leur record de chaleur pour un mois de juin, voire leur record absolu pour certaines d'entre elles ;
citons par exemple :
  • +47,2°C le 26/06/2011 à Childress (record abs. du 27/06/1994 égalé) ;
  • +46,1°C le 26/06/2011 à Northfield ;
  • +45,0°C le 17/06/2011 à Laredo (record abs. : +46,1°C le 11/06/1942) ;
  • +45,0°C le 26/06/2011 et +43,3°C le 24/06/2011 à Borger (record abs.) ;
  • +44,4°C le 26/06/2011 à Lubbock (record abs. : +45,6°C le 27/06/1994) ;
  • +43,9°C le 17/06/2011 à Wichita Falls (record abs. : +47,2°C le 28/06/1980) ;
  • +43,9°C le 25/06/2011 à Midland (record abs. : +46,7°C le 27/06/1994) ;
  • +43,9°C le 26/06/2011 et +42,8°C le 24/06/2011 à Amarillo (record absolu depuis 1892 !) ;
  • +43,3°C le 26/06/2011 et +42,2°C le 24/06/2011 à Dalhart (record absolu).

Dans l’État du Kansas, on a relevé +43,3°C le 26/06/2011 à Dodge City, égalant le record absolu depuis le début des observations à la station en 1874 (+43,3°C le 29/06/1998) !
On a relevé également +45,6°C le même jour à Ashland, soit un record absolu à la station depuis le début des observations à la station en 1900.
Dans cet État, la température est même montée jusqu’à +46,1°C le 26/06/2011 à Hugoton, soit juste derrière le record absolu de l’État pour un mois de juin (+46,7°C en juin 1911 à Clay Center).

mardi 31 mai 2011

Sécheresse exceptionnelle au Texas

Depuis le mois de février 2011, une sécheresse exceptionnelle affecte les États du Sud des États-Unis, en particulier le Texas qui connaît la pire sécheresse depuis 44 ans. La situation actuelle est comparable aux sécheresses qui ont sévi au Texas dans les années 1950.
El Paso a enregistré 119 jours consécutifs sans pluie du 3 février au 1er juin 2011, le précédent record remontait à 2002 (109 jours du 6 février au 25 mai 2002).
Le déficit pluviométrique est aggravé par une forte évapotranspiration sous l'effet de températures très élevées.
Au cours de la journée la plus chaude, on a relevé le 28/05/2011 :
  • +44,4°C à Laredo (record mensuel égalé) ;
  • +43,3°C à San Angelo (record mensuel) ;
  • +43,3°C à Wichita Falls ;
  • +42,8°C à Abilene (record mensuel) ;
  • +41,7°C à Midland (record mensuel).


Comme le souligne le climatologue John Nielsen Gammon, la sécheresse au Texas a atteint un niveau exceptionnel au mois de mai 2011 : elle se classe au 3e rang des pires sécheresses que l'État ait connues, derrière mai 1918 et mai 1956.


À l'échelle mondiale, on remarquera sur la carte ci-dessous que la sécheresse sur les 3 derniers mois affecte non seulement les États du Sud des États-Unis, mais aussi le Mexique, une grande partie du Canada et la quasi-totalité de l'Europe.

La sécheresse dans le monde sur les 3 derniers mois (16 février - 16 mai 2011)

mercredi 30 septembre 2009

L’endroit le plus froid, le plus sec et le plus calme dans le monde

Ridge A et le réseau de stations météorologiques
automatiques (AWS) en Antarctique.
À la recherche du meilleur site d’observation astronomique dans le monde, une équipe de chercheurs australiens et américains a été en mesure en 2009 de localiser l’endroit à la fois le plus froid, le plus sec et le plus calme dans le monde.
À partir de modèles climatiques, de données satellitaires et de données issues de stations météorologiques, l’équipe scientifique a retenu Ridge A, situé sur le plateau antarctique à 4053 m d’altitude (13297 feet) dans la partie de l’Australian Antarctic Territory, à environ 1000 km du pôle Sud et 144 km du Dôme A (station la plus élevée du continent antarctique située à 4084 m d’altitude).
En raison de l’extrême stabilité de l’air, il est possible que ce site puisse enregistrer des températures moyennes inférieures à celles relevées au Dôme A, où la température moyenne descend déjà en dessous de -70°C en hiver. Le chercheur Will Saunders affirme d’ailleurs : « It’s so calm that there’s almost no wind or weather there at all » [« C’est tellement calme qu’il n’y a presque pas de vent et d’intempéries du tout »]. (Weather, vol. 64, n° 10, octobre 2009, p. 254.)
Le taux d’hygrométrie de l’air à cet endroit est si faible et le ciel si sombre qu’il permettrait d’obtenir des images astronomiques au moins 3 fois plus nettes que celles obtenues à partir des meilleurs sites d’observation actuels (Hawaii, Chili). Par ailleurs, l’équipe estime qu’un télescope installé sur le site pourrait prendre des photos presque aussi bonnes que celles du télescope spatial Hubble.

samedi 11 mars 2006

143 jours consécutifs sans pluie à Phoenix (Arizona)

À Phoenix Sky Harbor airport (Arizona), on a enregistré 143 jours consécutifs sans pluie, du 19/10/2005 au 10/03/2006. Cette longue période de sécheresse s’est achevée le 11/03/2006 puisqu'il est tombé ce jour-là 35,6 mm de pluie ; il s'agit même d'un record pour un 11 mars (précédent record : 22,9 mm le 11/03/1958).

À noter qu’il n’a pas plu une seule goutte durant 4 mois consécutifs de novembre 2005 à février 2006, ce qui n’était jamais arrivé à Phoenix sur cette période de l’année (du milieu de l'automne à la fin de l'hiver).
La dernière longue période sans pluie était de 101 jours, du 23/09/1999 au 01/01/2000.
Le record absolu pour Phoenix reste toujours de 160 jours consécutifs sans pluie à partir du 30/12/1971.

mardi 31 mai 2005

Mai 2005 : froid et sec sur la majeure partie des États-Unis

Le printemps et le mois de mai 2005 ont été particulièrement froids et secs dans de nombreux États américains (centre, sud et est du pays) : en particulier l'Illinois, l'Indiana, le Delaware, l'Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie, le New Jersey, le Minnesota, le Nebraska, la Louisiane, l'Arkansas, le Texas...

Dans l'Illinois :
à Peoria, le printemps 2005 a été le 3e plus sec depuis le début des observations en 1856, et mai 2005 le 2e mois de mai le plus sec.
À Springfield, il s'agit du 6e printemps le plus sec depuis le début des observations en 1879.
À Lincoln, il s'agit du printemps le plus sec depuis le début des observations en 1905 : avril 2005 a été le 3e mois d'avril le plus sec et mai 2005 le 10e mois de mai le plus sec.

Dans l'Indiana :
à Fort Wayne, le printemps 2005 (134,9 mm ou 5,31 inches) a été le 2e printemps le plus sec depuis le début des observations, le plus sec étant le printemps 1958 avec 128,8 mm (5,07 inches).
À Indianapolis, on a relevé une Tn de -1,7°C (29°F) le 03/05/2005, soit la 2e Tn la plus basse en mai depuis le début des observations à la fin du XIXe siècle (le record date du 10/05/1966 avec -2,2°C ou 28°F).

Dans le Delaware :
3e mois de mai le plus froid à Wilmington depuis le début des observations en 1894, avec une Tm de 14,2°C (57,5°F). Le mois de mai le plus froid est mai 1967 avec une T moy. de 13,0°C (55,4°F). On peut aussi signaler que le mois de mai 2003 est aussi le 4e mois de mai le plus froid avec 14,5°C (58,1°F).

Dans l'Ohio et en Pennsylvanie :
à Mansfield, il s'agit du 6e mois de mai le plus froid avec une T moy. de 12,7°C (54,9°F), le record étant détenu par mai 1997 avec une T moy. de 11,2°C (52,1°F). Il s'agit également du 6e mois de mai le plus sec avec 52,6 mm (2,07 inches), le record étant détenu par mai 1961 avec 38,1 mm (1,50 inches).
À Philadelphie, on a enregistré le 10e mois de mai le plus froid depuis le début des observations en 1872, avec une T moy. de 15,3°C (59,6°F). Le record est détenu par mai 1967 avec une T moy. de 13,3°C (55,9°F).
Il s'agit également du 5e mois de mai le plus froid à Allentown depuis 1923, avec une T moy. de 13,5°C (56,3°F), le record étant détenu par mai 1967 avec une T moy. de 11,6°C (52,8°F). À Allentown, il s'agit aussi du 3e mois de mai le plus sec depuis 1923, avec 31,2 mm (1,23 inch) ; mai 1964 a été le plus sec avec 2,3 mm (0,09 inch).

En Virginie :
à Norfolk, le printemps 2005 a été le 5e printemps le plus froid depuis le début des observations à la fin du XIXe siècle, avec une T moy. de 12,8°C (55,1°F), le record étant détenu par le printemps 1885 avec une T moy. de 12,6°C (54,7°F).
Il s'agit également du 5e mois de mai le plus froid à Norfolk avec une T moy. de 16,9°C (62,5°F), le record étant détenu par mai 1967 avec une T moy. de 16,2°C (61,2°F).

Dans le New Jersey :
on a enregistré le 5e mois de mai le plus froid à Atlantic City depuis le début des observations en 1907, avec une T moy. de 13,2°C (55,8°F). Mai 1907 a été le plus froid avec une T moy. de 12,2°C (54,0°F).

Dans le Minnesota :
à Minneapolis, il s'agit du 8e mois de mai le plus froid depuis le début des observations en 1891, avec une T moy. de 13,6°C (56,4°F). Mai 1924 a été le plus froid avec une T moy. de 10,2°C (50,4°F).

Au Nebraska :
mai 2005 a été plus sec et plus froid que la moyenne à North Platte.
Le 02/05/2005, on a relevé une Tn de -7,8°C (18°F) à North Platte, soit un record absolu pour un mois de mai : le précédent record avait été enregistré en mai 1909 et mai 1989 avec -7,2°C (19°F).

En Louisiane, en Arkansas et au Texas :
le printemps a été sec...
À Texarkana (Arkansas), il s'agit du 3e printemps le plus sec depuis le début des observations en 1896, avec 146,6 mm (5,77 inches).
À Tyler (Texas), il s'agit du printemps le plus sec depuis 1896, avec 134,9 m (5,31 inches).

On peut aussi signaler les températures anormalement froides enregistrées dans les États du NE des États-Unis le 13/05/2005 :
de très nombreux records de froid journaliers ont été battus dans les États du Maine, du Vermont, du Massachussetts, de New York et du New Jersey. Une descente d’air particulièrement froid a déboulé du Canada sur les États-Unis.
À Albany (New York), le thermomètre est passé de 28°C le 11/05/2005 à 11°C/12°C le 12/05/2005 au meilleur de la journée. Il est ensuite descendu jusqu’à -1,1°C le 13/05/2005 (égalant le précédent record du 13/05/1976).
Des baisses plus spectaculaires ont été enregistrées dans d’autres localités de l’État de New York : à Saranac Lake, la température est descendue jusqu’à -8,9°C (16°F) le 13/05/2005 (le précédent record datait du 13/05/1954 avec -3°C).
Dans le Vermont et le Maine, de fortes gelées également : à Montpelier, capitale du Vermont, la température est descendue à -2,2°C (le record étant de -3°C le 13/05/1963) ; à St-Johnsbury, la température est descendue à -3,3°C le 13/05/2005 (le précédent record datait du 13/05/1967 avec -2,8°C). Dans le Maine, on a relevé des Tn de -1°C à -3°C dans le nord de l’État : -2,8°C à Concord Airport le 13/05/2005 (précédent record le 13/05/1963 avec -2,2°C).
Dans le Massachussetts : l’observatoire de Blue Hill, à Milton, a relevé 1,7°C (35°F) le 13/05/2005 (le précédent record datait du 13/05/1914), mais le record absolu pour le mois de mai est toujours de -2,8°C (27°F). À Boston, avec 3,9°C le 13/05/2005, on a approché le record du 13/05/1882 avec 3,3°C (38°F), et le record absolu pour le mois de mai est toujours de 1,1°C (34°F).


Enfin, si le mois de mai 2005 a été sec surtout dans le centre, le sud et l'est des États-Unis, il a été en revanche plus arrosé que la normale en Californie, et notamment à Fresno où l'on a enregistré le 4e mois de mai le plus pluvieux depuis le début des observations en 1878, avec 41,2 mm (1,62 inches).
Plus à l'ouest, à Hawaï, le mois de mai 2005 a été anormalement chaud : à Lihue, il s'agit du 2e mois de mai le plus chaud depuis 1949 avec une T moy. de 25,6°C (78,0°F), tout près du record détenu par mai 1984 (T moy. de 78,1°F). Il s'agit également d'un des mois de mai les plus secs depuis 1949 en raison de la persistance des hautes pressions.
À Honolulu, il s'agit du mois de mai le plus chaud avec une T moy. de 27,4°C (81,3°F), devant mai 1970 (26,9°C ou 80,4°F).


dimanche 31 octobre 2004

Événements climatiques extrêmes en Californie

Selon le National Weather Service, la Californie a connu une sécheresse historique cette année puisque le record du nombre de jours consécutifs sans pluie (depuis le début des observations en 1850) a été battu en 2004 à Lindbergh Field (San Diego) : soit 182 jours sans précipitations du 18 avril au 16 octobre 2004. Le précédent record datait de 2003 : 181 jours consécutifs entre le 3 mai et le 31 octobre 2003.
Pour certains experts américains, cette période de sécheresse en 2004 aurait été la pire depuis 500 ans.
On peut noter qu'il n'a pas plu une goutte à San Diego au cours des 3 derniers étés (2002, 2003 et 2004).
À l'échelle annuelle, on note une tendance à la baisse des précipitations depuis la fin des années 1970. À l'échelle saisonnière, on note que les derniers étés ont été aussi secs qu'au cours des années 1920-1930 ; on note également une tendance à la baisse des précipitations en hiver depuis les années 1930 (malgré l'hiver 1993, le plus pluvieux depuis 1850 avec 416 mm, ou les hivers 1995 et 1998 particulièrement arrosés) : l'hiver 2002 (avec seulement 24 mm) a d'ailleurs été le plus sec depuis 1850...

La longue période de sécheresse de 2004 s'est achevée par des précipitations importantes…
Tout d'abord le 20 octobre : 0,95 inches (24,1 mm) = record pour un 20 octobre. Le précédent record datait du 20/10/1979 avec 0,59 inches (15,0 mm)
Puis le 27 octobre : 2,70 inches (68,6 mm) = 4e rang des plus fortes intensités en 24 heures.
Les 10 plus fortes intensités en 24 h :
5 avril 1926 : 3,23 inches (82,0 mm)
4 octobre 1925 : 2,95 inches (74,9 mm)
6 février 1937 : 2,71 inches (68,8 mm)
27 octobre 2004 : 2,70 inches (68,6 mm)
9 novembre 1879 : 2,68 inches (68,1 mm)
22 décembre 1945 : 2,60 inches (66,0 mm)
31 janvier 1979 : 2,57 inches (65,3 mm)
10 décembre 1943 : 2,56 inches (65,0 mm)
4 décembre 1873 : 2,52 inches (64,0 mm)
12 janvier 1882 : 2,49 inches (63,3 mm)

Au final, le mois d'octobre 2004 a été le plus pluvieux depuis 1850 : 4,53 inches (115,1 mm) et vient ponctuer une période de sécheresse exceptionnellement longue.
Les mois d'octobre les plus pluvieux depuis 1850 :
octobre 2004 : 4,53 inches (115,1 mm)
octobre 1925 : 3,67 inches (93,2 mm)
octobre 1941 : 2,90 inches (73,7 mm)
octobre 1889 : 2,12 inches (53,9 mm)
octobre 1883 : 2,01 inches (51,1 mm)

Une succession d'événements climatiques exceptionnels qu'il fallait signaler...