dimanche 15 avril 2018

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Records nationaux de température (mensuels et absolus) en 2018

Bilan au 17 mai 2018
(avec la collaboration de Maximiliano Herrera)








Janvier
Aucun record national (mensuel ou absolu)

NB
1 – BANGLADESH : 2,6°C le 8 janvier à Tetulia = la plus basse température relevée au Bangladesh depuis 1964
      [Des températures plus basses ont été enregistrées lors des vagues de froid de janvier 1964 (1,7°C le
      31/01/1964 à Srimangal), janvier 1937 (1,7°C le 17/01/1937 à Srimangal) et février 1905 (1,1°C le 03/02/1905 à
      Dinajpur)
]

2 – ÎLES-DU-PRINCE-ÉDOUARD (Canada) : 17,8°C le 13 janvier à Saint Peters
3 – NOUVEAU-BRUNSWICK (Canada) : 17,3°C le 13 janvier à Sussex Four Corners
4 – ALASKA (États-Unis) : 19,2°C* le 14 janvier à Ketchikan Tide Gauge [* valeur réelle ; valeur officielle arrondie :
      67°F = 19,4°C
]

5 – RÉPUBLIQUE DE SAKHA [ou YAKOUTIE] (Russie, Sibérie orientale) : 6,3°C le 30 janvier à Ambartchik
      (record à confirmer)


NBANGUILLA (Territoire britannique d’outre-mer) : 17,4°C le 31 janvier à The Valley / Aéroport international
         Clayton J. Llyod = valeur suspecte, sous-estimée [non comptabilisée]



Février
6 – ÎLES MALOUINES [FALKLAND ISLANDS] (Territoire britannique d’outre-mer) : 26,9°C le 2 février à
      Mount Pleasant Airport (record mensuel du territoire égalé)

7 – ARABIE SAOUDITE : 40,0°C le 13 février à Arafat (record mensuel national égalé)
8 – QATAR : 38°C* le 13 février à Mesaieed [* valeur arrondie] (record à confirmer)
9 – KOWEÏT : 37,2°C le 13 février à Al-Wafra
10 – PALAOS : 34,4°C le 21 février à Koror WSO (record national absolu égalé)

NB
11 – 40,2°C le 2 février à Comodoro Rivadavia (45° 47' S, Argentine) = température > 40°C observée la plus au sud
        du monde (record absolu égalé)

12 – Tnx de 17,9°C le 4 février à Mount Pleasant Airport (îles Malouines) = plus haute température minimale
        enregistrée dans les îles Malouines

13 – Amplitude thermique diurne de 43,9°C le 15 février à la Dolina Campoluzzo (1768 m, Italie)
        [Tn -40,2°C / Tx +3,7°C] = record en Europe pour un mois de février, tout près du record absolu [45,8°C le
        08/03/2011 à Busa Nord di Fradusta (2607 m, Italie)]

14 – OHIO (États-Unis) : 26,7°C le 20 février à Cincinnati Lunken Airport et le 21 février à Waverly
        (record mensuel de l’État égalé)

15 – CONNECTICUT (États-Unis) : 25,0°C le 21 février à Windsor Locks / Bradley International Airport et à Danbury
        (record mensuel de l’État égalé)
16 – MASSACHUSETTS (États-Unis) : 26,7°C le 21 février à Fitchburg Airport
17 – MAINE (États-Unis) : 25,0°C le 21 février à Wells (RAWS) (record à confirmer) / 23,9°C le 21 février à Sanford
18 – NEW HAMPSHIRE (États-Unis) : 25,0°C le 21 février à Manchester Airport
19 –
NEW JERSEY (États-Unis) : 28,3°C le 21 février à Teterboro Airport
20 – NEW YORK (États-Unis) : 26,1°C le 21 février à La Guardia Airport
21 – PENNSYLVANIE (États-Unis) : 28,3°C le 21 février à Harrisburg / Capital City Airport
        (record mensuel de l’État égalé)

22 – VERMONT (États-Unis) : 25,0°C le 21 février à Bennington Airport


Mars
23 – PALAOS : 35,0°C le 22 mars à Koror WSO
24 – IRAK : 43,8°C le 29 mars à Nasiriyah
25 – ÉMIRATS ARABES UNIS : 43,1°C le 29 mars à Saih Al Salem et à Sweihan
26 – PAKISTAN : 45,5°C le 30 mars à Nawabshah, le 31 mars à Mohenjo-Daro et à Padidan
        [45,2°C le 29 mars à Chhor]

27 – TURKMÉNISTAN : 40,2°C le 30 mars à Tedzhen [Tejen]
28 – QATAR : 39,8°C le 30 mars à Abu Samra [40°C (valeur arrondie) le 30 mars à Ghuwayriyah, Jumayliyah et
        Karanah]

29 – OUZBÉKISTAN : 37,3°C le 31 mars à Termez
30 – TADJIKISTAN : 35,3°C le 31 mars à Kurgan-Tjube [Qurghonteppa]

NB – AFGHANISTAN : le record mensuel national a vraisemblablement été battu fin mars de plusieurs degrés,
         mais très peu de données disponibles dans le pays / [Tx de 42,3°C le 31 mars à la station iranienne de
         Zabol, située à la frontière avec l’Afghanistan]


NB
31 – Tx de -4,7°C le 1er mars à Tredegar (Pays de Galles, Royaume-Uni) = plus basse température maximale au
        Royaume-Uni pour un mois de mars



Avril
32 – ALBANIE : 35,0°C le 28 avril à Tirana-La Praka
33 – MONTÉNÉGRO : 33,2°C le 28 avril à Podgorica-Grad
34 – PAKISTAN : 50,2°C le 30 avril à Nawabshah = RECORD MENSUEL POUR LE CONTINENT ASIATIQUE

NB
35 – AUSTRALIE-MÉRIDIONALE (Australie) : 42,2°C le 9 avril à Nullarbor
36 – NOUVELLE-GALLES DU SUD (Australie) : 40,5°C le 10 avril à Pooncarie
37 – VICTORIA (Australie) : 39,3°C le 10 avril à Mildura Airport et le 11 avril à Hopetoun Airport
38 – 34,8°C le 29 avril à Poltavka (Russie, kraï du Primorie) [33,8°C à Pogranitchnyj]
        = record mensuel pour la Russie asiatique (record à confirmer)



vendredi 2 mars 2018

Vague de froid tardive en Europe associée à un puissant champ de pression

À quatre jours de la fin de l’hiver météorologique, une puissante masse d’air anticyclonique s’est constituée sur le nord de l’Europe et s’est étendue progressivement plus au sud, tout en dirigeant de l’air glacial en provenance de Russie sur la majeure partie du continent européen. Sur la 2e quinzaine de février 2018, l’anomalie thermique négative varie de -6°C à -16°C des côtes atlantiques de l’Europe à la Russie.


Cartes synoptiques de surface en Europe du 25 février au 1er mars 2018.
(Source : DWD)
La pression atmosphérique a atteint des valeurs rarement observées en Europe au mois de février. Plusieurs stations dans le comté norvégien de Finnmark (extrême nord du pays) ont enregistré un record absolu de haute pression dès les premiers jours : Sihccajavri avec 1055,6 hPa le 25 février (à 1h AM), Kautokeino avec 1055,1 hPa le 25 (1h), Hammerfest avec 1051,5 hPa le 27 (1h), Fruholmen Fyr avec 1051,0 hPa le 27 (0h), Honningsvag/Valan avec 1051,0 hPa le 27 (23h), Slettnes Fyr avec 1050,7 hPa le 27 (0h-1h), ou encore Mehamn avec 1050,7 hPa le 27 (0h).
La pression a atteint 1060,4 hPa à Røros le 28 février (à 7h) et 1061,0 hPa* le même jour (à 8h) à Tynset dans le comté norvégien de Hedmark (sud-est du pays) [* valeur horaire], soit la plus haute pression pour un mois de février à l’échelle nationale, égalant ainsi la 2e plus haute pression jamais enregistrée dans le pays depuis le début des mesures (1061,0 hPa le 23 janvier 1907 à Mandal dans le comté de Vest-Agder) et tout près du record national tous mois confondus (1061,3 hPa le 23 janvier 1907 à Dalen dans le comté de Telemark).

Courbe de la pression atmosphérique (réduite au niveau de la mer) à Tynset (Norvège) du 25 au 28 février 2018.
(Source : capture d’écran réalisée à partir du site Infoclimat)
À l’échelle de l’Europe, le record mensuel serait détenu par la station russe de Hoseda-Hard avec 1067,2 hPa le 01/02/2012 (0h-3h UTC) [qui détiendrait aussi le record absolu en Europe avec 1068,3 hPa le 31/01/2012 (6h UTC)], loin devant les 1063,9 hPa observés à Arkhangelsk (Russie) le 17/02/1956 et les 1062,8 hPa à Kuhmo Kalliojoki (Finlande) le 01/02/2012.
Par ailleurs, on estime que la pression a dépassé 1060 hPa en Europe seulement à 15 reprises entre 1869 et 2018 (tous mois confondus) : en 1869, 1893, 1899, 1907, 1915, 1920, 1938, 1944, 1946, 1956, 1972, 1995, 2008, 2012 et 2018. [Cf. Les plus hautes pressions atmosphériques enregistrées en Europe et dans le monde.]
Rappelons que l’événement le plus remarquable en Europe date de janvier 1907 (jusqu’à 1067,1 hPa le 22/01/1907 à Pärnu en Estonie et le 23/01/1907 à Riga en Lettonie), au cours duquel plusieurs pays d’Europe ont enregistré leur record national de haute pression (Danemark, Norvège, Suède, Estonie, Lituanie, Lettonie, Allemagne, Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Roumanie).

Si d’intenses vagues de froid ne sont pas exceptionnelles au cœur de l’hiver en France et en Europe — les plus sévères se produisant généralement entre fin décembre et mi-février —, la survenue d’un tel événement est bien plus remarquable plus tard dans la saison (fin février-début mars), car le rallongement de la durée du jour avec un soleil plus haut sur l’horizon à l’approche du printemps limite le refroidissement diurne. Pour mémoire, les vagues de froid tardives les plus notables en France se sont produites fin février-début mars 2005, début mars 1971 et fin février 1948, sans oublier les mois de février 1956 et 1986 au cours desquels les températures minimales et maximales sont restées très basses jusqu’en fin de mois sur des sols souvent enneigés.

Au cours de cette vague de froid qui marque la fin de l’hiver 2017-2018, la température a chuté dans le nord de l’Europe jusqu’à -42,0°C le 28 février et -41,8°C le 1er mars à Folldal-Fredheim en Norvège (la valeur relevée à la station établissant un record mensuel de froid pour le comté de Hedmark) ; plus d’une vingtaine d’autres stations norvégiennes ont enregistré ce jour-là un record de froid pour un mois de mars. Citons quelques exemples : -39,7°C à Tynset (pulvérisant le précédent record mensuel à la station de -36,0°C en mars 2005), -35,7°C à Dagali Airport (-34,2°C en mars 2006), -29,5°C à Fagernes (-27,0°C en mars 1987), -23,5°C à Lillehammer-Sætherengen (-22,0°C en mars 1987), -18,1°C à Tryvannshøgda dans le nord de la commune d’Oslo (-17,0°C en mars 1971), ou encore -12,7°C à Bergen-Flesland (précédent record : -12,6°C le 02/03/2001).
Dans le reste de l’Europe, des records de froid pour un mois de février ou pour un mois de mars ont été enregistrés dans quelques stations. C’est le cas par exemple en France où la station de Torreilles (Pyrénées-Orientales) a établi un nouveau record mensuel de froid avec -8,1°C le 27 février (contre -8,0°C le 15/02/2010 ; record absolu : -9,0°C le 16/01/1985), ou encore la station de Landivisiau (Finistère) ouverte en 1966 qui a battu son record pour un mois de février avec -6,9°C le 28 février (contre -6,3 °C le 09/02/1991), soit une température plus basse qu’au cours de la vague de froid intervenue en mars 1971 (-5,7°C).
C’est le cas aussi par exemple en Italie où des records mensuels de froid ont été battus à Frosinone (-10,2°C le 27 février), à Monte Argentario (-7,8°C le 27 février, contre -6,2°C le 07/02/2012), ou encore à Capo Mele qui égale avec -3,0°C le 28 février son précédent record mensuel enregistré les 11/02/2012 et 10/02/1986, mais qui établit un nouveau record de froid pour un mois de mars avec -3,4°C le 1er mars.
Par ailleurs, les températures ont été particulièrement basses en montagne, en particulier sur le versant nord des Alpes : on a relevé jusqu’à -36,0°C le 26 février à la Capanna Regina Margherita (4560 m, Italie), -36,6°C le 27 au Col Major (4750 m, Italie), -37,7°C le 27 au Glattalp (1850 m, Suisse), -41,0°C le 28 au Funtensee (1601 m, Allemagne), -44,1°C le 26 à Dolina Campoluzzo (1768 m, Italie) et -48,7°C le 27 à la doline Busa Riviera (2634 m, Italie, Vénétie) [soit la 2e plus basse température jamais enregistrée en Italie, derrière le record absolu de -49,6°C enregistré le 10/02/2013 à la doline de Busa di Fradusta (2607 m)].

En France, la journée du 27 février a été la plus froide, davantage encore que lors de la vague de froid tardive de 2005 : selon Météo France, avec un écart à la moyenne quotidienne nationale (1981-2010) de -3,2°C, il faut remonter à début mars 1971 pour trouver une journée plus froide après un 25 février. Au petit matin du 28 février, des fortes gelées (≤ -5°C) ont été observées sur près de 80% du territoire, y compris dans les régions côtières.
En Allemagne, plusieurs stations ont enregistré le 28 février un record de froid pour la 3e décade du mois et près de 400 stations ont enregistré leur température maximale la plus basse pour un 28 février depuis le début des mesures (comme la station de Brême qui dispose de données depuis 1890). [Remerciements au climatologue Michael Theusner pour ces informations ; d’autres données plus détaillées sont disponibles sur le site Wettergefahren-Frühwarnung et la page dédiée aux records mensuels et décadaires].

© XMETMAN
Les journées des 28 février et 1er mars ont également été très froides en Angleterre : avec une température moyenne respectivement de -3,6°C et -3,3°C, le centre de l’Angleterre a connu le 28 février et le 1er mars les plus froids depuis 1785 (contre -3,8°C le 28/02/1785 et -3,5°C le 01/03/1785).
La température moyenne du 23 février au 1er mars 2018 atteint -0,49°C dans le centre de l’Angleterre, ce qui la place au 6e rang des plus froides sur la même période depuis 1772, loin derrière toutefois les -2,56°C enregistrés sur la période du 23 février au 1er mars 1947.
[Retrouvez tous les détails de cette analyse sur l’excellent site XMETMAN et les articles concernant les 28 février et 1er mars 2018.]




Le champ de hautes pressions qui recouvre l’Europe depuis plusieurs jours est remarquable et particulièrement vaste, au point de bloquer la circulation d’ouest au-dessus de l’Atlantique. Le flux d’est en provenance de l’Europe et issu de cette puissante masse d’air anticyclonique atteint quasiment les côtes nord-américaines en ce début de mois de mars, obligeant les masses d’air en provenance du Canada et des États-Unis à adopter une trajectoire bien plus méridionale au-dessus de l’océan et à alimenter de manière plus rapide et directe la circulation d’alizé. Le flux perturbé est rejeté et maintenu sur les marges de cette puissante masse d’air anticyclonique qui s’étend désormais vers l’ouest, bien au-delà des côtes européennes.
Advecté jusqu’au cœur du bassin arctique au cours des premiers jours entre Groenland et Scandinavie (cf. article précédent), l’air doux et humide de l’Atlantique est désormais rejeté vers le nord entre Canada et Groenland ; il est cantonné également plus au sud et gagne le sud-ouest de l’Europe en occasionnant des chutes de neige au contact de l’air froid encore présent plus au nord et à l’est dans les basses couches. Les intempéries ont tout d’abord touché l’archipel des Açores avec des pressions particulièrement basses (jusqu’à 974 hPa le 28 février), puis l’archipel des Canaries avec de fortes rafales de vent (jusqu’à 166 km/h le 28 février à Vallehermoso [1475 m] et 130 km/h le 1er mars à l’aéroport de La Palma [Santa Cruz de Tenerife]) et des précipitations abondantes (jusqu’à 142,8 mm le 28 février à Vega de San Mateo [Las Palmas]). La neige a fait son apparition le 28 février sur la côte nord de l’Espagne jusqu’au niveau de la mer, notamment à Bilbao et Santander (une première depuis janvier 1985), mais aussi à Gijon (une première depuis janvier 1987). Les chutes de neige ont gagné aussi tout le sud de la France, de la plage de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) le 28 février à Grasse, Nice et Menton (Alpes-Maritimes) à partir du 27, en passant par le Languedoc-Roussillon où l’on a relevé jusqu’à 30 cm dans le nord de l’agglomération de Montpellier (Hérault) et près de 20 cm dans la cité héraultaise le 1er mars au matin. Notons aussi qu’il a neigé jusqu’à basse altitude sur la côte ouest de la péninsule italienne (à Rome et à Naples notamment, jusqu’à 15 cm aux abords des plages), ainsi qu’en Corse-du-Sud dans la nuit du 26 au 27 février : il a été mesuré jusqu’à 15 cm à Ajaccio, ce qui constitue la deuxième plus forte chute de neige à la station depuis les 25 cm du 10 février 1986. Selon Météo France, une petite couche au sol avait été observée en février 2012, mais la couche avait été plus significative à l’époque à Alistro (22 cm) ou au Cap Sagro (15 cm).
La perturbation neigeuse a poursuivi son chemin en direction du nord de la France en apportant une couche de quelques centimètres sur la plupart des régions (y compris en Bretagne), remplacée par endroits au fil des heures par des pluies ou des bruines verglaçantes. Après le passage de la perturbation, le redoux s’est rapidement mis en place, avec des températures maximales qui ont grimpé rapidement au sud de la Garonne dans l’après-midi du 1er mars (jusqu’à 19,6°C à la pointe de Socoa et 18,0°C à Biarritz).

La petite ville de Kildare (Irlande), située au sud-ouest
de Dublin, plongée dans une atmosphère fantomatique
le 2 mars 2018 lors du passage de la tempête Emma.
Formation d’importantes congères sous l’action du vent.
© Kildare Weather
Les chutes de neige ont également atteint les îles Britanniques dès le 1er mars, en particulier l’Irlande dont la moitié sud a été placée durant 2 jours consécutifs en alerte rouge aux fortes chutes de neige et au blizzard (forts vents d’est) : on a relevé jusqu’à 54 cm le 2 mars au matin dans le comté de Wicklow situé au sud de Dublin et l’observatoire de Valentia (dans le sud-ouest de l’Irlande) a enregistré les plus importantes chutes de neige depuis janvier 1987. La neige a recouvert la majeure partie du Royaume-Uni où les températures minimales et maximales sont restées négatives ou proches de 0°C quasiment partout le 1er mars.

Amsterdam, le 2 mars 2018.
© F. Bader
Aux Pays-Bas, les habitants d’Amsterdam se sont adonnés aux plaisirs du patin à glace sur les canaux de la ville totalement gelés sur plusieurs centimètres d’épaisseur, ce qui n’était pas arrivé depuis février 2012.

Plus au nord, la mer du Nord a gelé tout le long du littoral de la Frise, cette région historique du nord-ouest de l’Europe partagée entre les Pays-Bas (la Frise occidentale) et l’Allemagne (la Frise orientale) [cf. encadré rouge sur la 2e carte ci-dessous (à droite) présentant les surfaces enneigées (en blanc) et la glace de mer (en bleu clair) le 2 mars 2018]. L’usage de brise-glace a été nécessaire dans plusieurs ports maritimes totalement obstrués par une épaisse couche de glace, en particulier dans le port d’Emden en Frise orientale.


Étendue de la couverture neigeuse en Europe les 28 février et 2 mars 2018.
© Earth Observation Group at CBK PAN
La vague de froid a atteint aussi la Roumanie et les Balkans au début du mois de mars, accompagnée d’importantes chutes de neige dans le nord-ouest de la Bulgarie. La température est descendue jusqu’à -24,8°C le 1er mars à Târgu Logrești dans le sud-ouest de la Roumanie et -24,4°C le lendemain à Radauti dans le nord du pays, sans menacer toutefois le record mensuel national de froid (-31,4°C le 09/03/1952). En revanche, la station de Bucarest-Baneasa a vraisemblablement enregistré un record de froid pour un mois de mars avec -21,7°C le 1er (précédent record : -19,9°C le 02/03/2005). Plus au sud, des températures particulièrement basses ont été relevées en Serbie le 1er mars : jusqu’à -24,5°C à Sombor (87 m), qui enregistre à cette occasion un record mensuel de froid, tout comme Novi Sad avec -20,3°C (précédent record : -19,9°C le 04/03/1987).

Selon un bilan provisoire (au 4 mars), cette vague de froid tardive a fait au moins 59 morts en Europe : 23 en Pologne, 7 en Slovaquie, 6 en République tchèque, 5 en Lituanie, 4 en France, au moins 3 en Espagne, 2 en Italie, 2 en Roumanie, 2 en Serbie, 2 en Slovénie, 1 aux Pays-Bas, 1 en Angleterre et 1 en Suède.


dimanche 25 février 2018

Douceur exceptionnelle au pôle Nord et dans l’extrême nord du Groenland

Les hautes pressions (associées à de l’air très froid) qui recouvrent l’Europe du Nord (plus de 1050 hPa localement le dimanche 25 février 2018 sur le nord de la Scandinavie) et s’étendent de l’Europe occidentale à l’Europe orientale depuis quelques jours forment une vaste barrière aérologique. Comme toujours dans pareille configuration isobarique, le flux perturbé atlantique (doux et humide) est dévié vers le nord en direction du pôle, entre Groenland et Scandinavie. Au fur et à mesure que l’air froid déferle sur l’Europe dans un vigoureux flux de nord-est, de l’air plus chaud est advecté dans un puissant flux de sud jusqu’au cœur du bassin arctique. Une belle illustration des échanges méridiens d’air et d’énergie entre le pôle et les tropiques.


Station de Cap Morris Jesup
© John Cappelen / DMI
L’anomalie chaude au cœur de l’Arctique atteint +20 à +35°C le dimanche 25 février avec des températures légèrement supérieures à 0°C au pôle Nord (une première en février depuis 1948 d’après les estimations du NCEP/NCAR Reanalysis Project [les 5 autres fois s’étant produites en décembre]).
Dans l’extrême nord du Groenland, les températures ont atteint des valeurs exceptionnelles pour un mois de février, des valeurs plus communément observées en période estivale !
Au cœur de la nuit polaire, on a relevé jusqu’à +6,2°C ce dimanche 25 février (à 1h UTC) à Cap Morris Jesup (voire plus doux au pas de temps infra-horaire) — la station terrestre la plus septentrionale du Groenland et de l’hémisphère nord —, soit juste derrière la plus haute température jamais enregistrée à la station depuis le début des mesures en 1981 et sur toute la côte septentrionale du Groenland en février et en hiver de manière plus générale (record : +7,8°C le 12/02/2011 à 17h, avec un taux d’humidité relative de 19% !). On ne connaîtra pas malheureusement la valeur maximale au pas de temps infra-horaire, car la station ne transmet des données que toutes les heures.
Notons toutefois que l’advection d’air chaud a été amplifiée localement par effet de foehn (comme en février 2011 notamment), l’air soulevé au-dessus de la calotte glaciaire groenlandaise redescendant sur la côte nord de l’île et entraînant une élévation de température par compression adiabatique à la station de Cap Morris*.
Cet effet orographique est moins marqué (voire même quasi absent) dans l’extrême nord-est du Groenland, où l’on a relevé le même jour (même heure) une valeur record pour un mois de février de +2,5°C à la station de Nord AWS (précédents records pulvérisés : +0,7°C le 05/02/2017 [valeur horaire], -1,5°C le 19/02/2007 [valeur tri-horaire]) et de +0,6°C dans le petit archipel de Henrik Krøyer Holme (précédent record : -0,1°C) [voire plus doux encore au pas de temps infra-horaire].

________________
* La station de Cap Morris Jesup a enregistré des températures positives à de nombreuses reprises entre le 16 et le 25 février 2018 (cf. graphique ci-dessous), avec une séquence inédite au cœur de l’hiver polaire de températures positives durant 23 heures consécutives entre le 24 février (14h UTC) et le 25 février 2018 (13h UTC) !
Températures maximales et minimales à Cap Morris Jesup (Groenland) du 27 janvier au 26 février 2018.
© Graphique de Michael Theusner
© DMI
Les températures ont été anormalement douces en février dans le nord-est du Groenland, de Aputiteeq à Cap Morris Jesup. Du nord au sud, les stations de Cap Morris Jesup, Nord, Danmarkshavn, Daneborg et Ittoqqortoormiit ont enregistré leur mois de février le plus doux (depuis le début des mesures en 1949 pour Danmarkshavn et Ittoqqortoormiit, depuis 1980 pour Cap Morris Jesup), tandis qu’à Aputiteeq seul le mois de février 2017 a été plus doux. En raison notamment de ce mois de février 2018 exceptionnellement doux dans le nord-est du Groenland (+14,4°C par rapport à la normale mensuelle 1981-2010 à Cap Morris Jesup), l’hiver 2017-2018 arrive en tête des hivers les moins froids à Cap Morris Jesup, à la station Nord et à Danmarkshavn (+7,7°C par rapport à la normale mensuelle 1981-2010 à Cap Morris Jesup).
> Plus d’infos sur le site du Danmarks Meteorologiske Institut (DMI).


jeudi 22 février 2018

Chaleur exceptionnelle pour un mois de février sur la façade est des États-Unis

Comme l’an dernier à la même période, les températures ont connu une hausse spectaculaire les 20 et 21 février 2018 dans l’est des États-Unis sous l’effet d’une puissante advection d’air chaud.
Comme on peut l’observer sur le radiosondage réalisé au-dessus de Morehead City en Caroline du Nord le 21 février, l’isotherme 0°C était situé à 4500 m d’altitude : une configuration exceptionnelle en hiver et plus communément observée durant la saison estivale ! Par ailleurs, la hauteur du géopotentiel à 500 hPa (c’est-à-dire l’altitude à laquelle la pression atteint 500 hPa au-dessus du niveau moyen de la mer) a atteint 5950 m le 21 février sur la côte Est, alors que la moyenne en février se situe plutôt aux alentours de 5650 m. Une telle valeur n’a jamais été observée en février, ni même durant les mois de décembre à avril, ce qui témoigne de la douceur extrême de l’air sous-jacent.
Pour mémoire, plus la température moyenne entre le sol et l’altitude à laquelle est atteinte la pression désirée (500 hPa par exemple) est élevée, moins la couche d’atmosphère est dense, et moins la pression décroît rapidement avec l’altitude. Donc si la température est relativement élevée entre le sol et le niveau de pression désiré, la hauteur du géopotentiel sera élevée, et inversement.

Cette chaleur inhabituelle pour une fin février a atteint également le sud de la province canadienne du Québec qui a égalé à cette occasion son record mensuel avec 18,2°C le 21 à Frelighsburg. La même température avait été atteinte le 25/02/2017 à Lennoxville, ce qui constituait alors la plus haute température jamais enregistrée en février par une station du réseau officiel (Environnement Canada). Des températures supérieures ont également été enregistrées le 21 février 2018 par certaines stations du réseau géré par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) : 18,5°C à Stanstead-Est, 18,6°C à Georgeville, 18,8°C à La Patrie et jusqu’à 19,1°C à Sherbrooke/Parc Cambron (toutefois en deçà du record non officiel de l’an dernier : 20,4°C le 25/02/2017 à Huntingdon-2).

De nombreuses stations et plusieurs États américains ont battu ou égalé leur record mensuel de chaleur, en particulier dans le nord-est du pays.

Quelques exemples en Nouvelle-Angleterre :

MASSACHUSETTS
  • 26,7°C le 21 à Fitchburg = record mensuel de chaleur pour l’État du Massachusetts.
  • 22,2°C le 21 à Boston, à 0,6°C du record mensuel de chaleur depuis 1872 (22,8°C le 24/02/2017).
  • 21,7°C le 21 à Worcester = record mensuel depuis 1892 (précédent record : 20,6°C le 24/02/2017).

NEW HAMPSHIRE
  • 25,0°C le 21 à Manchester = record mensuel de chaleur pour l’État du New Hampshire (précédent record : 22,8°C le 25/02/2017 à Nashua).
  • 23,3°C le 21 à Concord = record mensuel de chaleur depuis 1868 (précédent record pulvérisé : 20,6°C le 24/02/2017).
  • 7,2°C le 20 et surtout 8,9°C le 21 à l’observatoire du Mt Washington = record mensuel (précédent record : 6,1°C en février 1999 et 1981) et la plus haute température mesurée en hiver depuis le début des relevés en 1933 !

VERMONT
  • 25,0°C le 21 à Bennington = record mensuel de chaleur pour l’État du Vermont (précédent record pulvérisé : 22,2°C le 24/02/2017 à Bennington et le 25/02/2017 à Burlington).

CONNECTICUT
  • 25,0°C le 21 à Windsor Locks/Bradley International Airport = record de chaleur pour la région de Hartford depuis 1905 pour un mois de février et pour les 3 mois d’hiver. Cette valeur égale le record mensuel de chaleur pour l’État du Connecticut (25,0°C le 16/02/1954 à Danbury et à Waterbury).
  • 25,0°C le 21 à Danbury (comté de Fairfield) = égale le record mensuel à la station (25,0°C le 16/02/1954) et égale aussi le record mensuel de l’État du Connecticut
  • 19,4°C le 21 à Bridgeport = record mensuel égalé (19,4°C les 27/02/1997 et 28/02/1976).

MAINE
  • 25,0°C* le 21 à Wells (RAWS site) = record mensuel de chaleur pour l’État du Maine (précédent record : 20,0°C le 22/02/1997 à Sanford) [* valeur qui reste à confirmer].
  • 23,9°C le 21 à Sanford = record mensuel (précédent record pulvérisé : 20,0°C le 22/02/1997).
  • 20,0°C le 21 à Portland = record mensuel (précédent record : 17,8°C le 27/02/1957).


D’autres exemples de records enregistrés dans le nord-est des États-Unis (hors Nouvelle-Angleterre) :

NEW YORK
  • 26,1°C le 21 à La Guardia Airport = record mensuel à la station (précédent record : 23,3°C le 15/02/1949) et record mensuel de chaleur pour l’État de New York.
  • 25,6°C le 21 à Central Park = record mensuel (précédent record : 23,9°C les 24/02/1985 et 25/02/1930) ; c’est également la première fois que la température atteint ou dépasse les 25,5°C aussi tôt dans l’année à la station (précédent record : 26,1°C le 10/03/2016).
  • 24,4°C le 21 à Poughkeepsie = record mensuel (précédent record : 22,8°C les 24/02/2017 et 28/02/1997).
  • 23,9°C le 21 à Syracuse = record mensuel (précédent record : 21,7°C le 24/02/2017).

NEW JERSEY
  • 28,3°C le 21 à Teterboro Airport = record mensuel à la station (précédent record pulvérisé : 23,3°C le 24/02/2017) et record mensuel pour l’État du New Jersey.
  • 26,7°C le 21 à Newark Airport = record mensuel (précédent record : 24,4°C le 15/02/1949) ; c’est également la première fois que la température atteint ou dépasse les 26,5°C aussi tôt dans l’année à la station (précédent record : 27,8°C le 09/03/2016).
  • 25,6°C le 21 à Trenton = record mensuel (précédent record : 24,4°C le 25/02/1930).
  • 24,4°C le 21 à Atlantic City = record mensuel (précédent record : 23,9°C le 24/02/1985).

PENNSYLVANIE
  • 28,3°C le 21 à Harrisburg/Capital City Airport = égale le record mensuel de chaleur pour l’État de Pennsylvanie.
  • 27,8°C le 21 à Reading = record mensuel (précédent record : 25,0°C le 24/02/2017).
  • 27,2°C le 21 à Allentown = record mensuel (précédent record : 25,0°C le 24/02/2017).
  • 27,2°C le 21 à Lancaster = record mensuel.
  • 26,1°C le 21 à Harrisburg = record mensuel (précédent record : 25,6°C le 27/02/1997).
  • 25,6°C le 21 à Pittsburgh = record mensuel (précédent record : 25,0°C le 08/02/1900).
  • 21,1°C le 21 au Mt Pocono = record mensuel égalé (21,1°C le 25/02/1930).

OHIO
  • 26,7°C le 20 à Cincinnati Lunken Airport = record mensuel (précédent record : 26,1°C le 24/02/2017) et égale le record mensuel de l’État de l’Ohio.
  • 26,7°C le 21 à Waverly = record mensuel et égale le record mensuel de l’État de l’Ohio.
  • 26,1°C le 20 à Cincinnati CVG Airport = record mensuel (précédent record : 24,4°C le 10/02/1932).
  • 25,6°C le 20 à Zanesville = record mensuel (précédent record : 24,4°C le 24/02/2017).

VIRGINIE-OCCIDENTALE
  • 28,3°C le 21 à Martinsburg = record mensuel.
  • 27,2°C le 21 à Charleston = record mensuel depuis 1892 (précédent record : 26,7°C le 24/02/2017).
  • 27,2°C le 21 à Huntington = record mensuel.
  • 26,1°C le 21 à Clarksburg = record mensuel.
  • 26,1°C le 21 à Parkersburg = record mensuel égalé (26,1°C le 24/02/2017).
  • 25,6°C le 21 à Wheeling Airport = record mensuel (précédent record : 25,0°C le 24/02/2017).
  • 25,0°C le 21 à Elkins = record mensuel égalé (25,0°C le 21/02/2017).

VIRGINIE
  • 28,9°C le 22 à Roanoke = record mensuel depuis 1912 (précédent record : 28,3°C le 28/02/1918).
  • 26,7°C le 21 à Sterling = record mensuel (précédent record : 26,1°C le 24/02/1985).
  • 26,7°C le 22 à Blacksburg = record mensuel depuis 1952 (précédent record : 23,9°C le 27/02/1977).

DELAWARE
  • 25,6°C le 21 à Wilmington = record mensuel égalé (25,6°C les 24/02/1985 et 25/02/1930).
  • 25,0°C le 21 à Georgetown = record mensuel égalé (25,0°C le 25/02/2017).

MARYLAND
  • 27,8°C le 21 à Hagerstown = record mensuel.

WASHINGTON, DC
  • 26,7°C le 21 à Dulles International Airport = record mensuel (précédent record : 26,1°C les 25/02/2000 et 24/02/1985).

INDIANA
  • 25,0°C le 20 à Indianapolis = record mensuel (précédent record depuis 1871 : 24,4°C le 25/02/2000) et la plus haute température mesurée en hiver.
  • 24,4°C le 20 à Muncie = record mensuel.

KENTUCKY
  • 27,8°C le 20 à Louisville = record mensuel (précédent record : 27,2°C le 24/02/2017).
  • 27,2°C le 20 à Ashland = record mensuel.
  • 26,7°C le 20 à Lexington = record mensuel égalé (26,7°C le 23/02/1996).

GÉORGIE
  • 30,6°C le 21 à Alma = record mensuel.
  • 30,0°C le 21 à Augusta = record mensuel égalé.

ALABAMA
  • 29,4°C le 21 à Montgomery = record mensuel.
  • 28,3°C le 21 à Birmingham = record mensuel.

FLORIDE
  • 31,1°C le 19 et surtout 31,7°C le 20 à Tampa International Airport = record mensuel (précédent record : 31,1°C le 26/02/1971). 

lundi 19 février 2018

Amplitude thermique diurne exceptionnelle dans les Alpes

Les dolines d’altitude (petites dépressions fermées propices à l’accumulation d’air froid la nuit par temps calme et ciel dégagé) connaissent de fortes fluctuations thermiques en hiver entre la nuit et le jour. Avec l’insolation, la température connaît souvent une hausse spectaculaire en quelques heures au cours de la journée (parfois amplifiée localement par effet de foehn).

Le 15 février 2018, la station de la Dolina Campoluzzo (1768 m, Monte Lozze) dans la province italienne de Vicence a enregistré une amplitude thermique diurne de 43,9°C ! La température est passée en quelques heures (en moins de 10 heures) d’une minimale de -40,2°C à une maximale de +3,7°C*. Il s’agit de l’une des fortes amplitudes thermiques diurnes enregistrées en Europe, le record étant détenu par la station de Busa Nord di Fradusta (2607 m, Italie) avec une hausse spectaculaire de 45,8°C en 6 heures le 8 mars 2011 (-40,7°C à 7h, +4,7°C à 13h)**.


Station météo de Funtensee
Le même jour dans les Alpes bavaroises, la température est descendue à -40,3°C au Funtensee (1601 m, Allemagne) au petit matin, avant de remonter dans la journée jusqu’à +0,4°C, soit une amplitude thermique diurne de 40,7°C. La température est montée jusqu’à +3,1°C durant la nuit suivante (du 15 au 16 février 2018), l’amplitude thermique en 24h atteignant ainsi une valeur maximale de 43,4°C !***

D’autres stations dans les Alpes et le Jura ont également enregistré par le passé des amplitudes diurnes avoisinant les 40°C, comme la station suisse de La Brévine où « le 1er janvier 1875, à 7h30, le thermomètre marquait […] -40°C, et à midi il pleuvait » (H. Spinner, « Le climat de la vallée de La Brévine et du vallon des Verrières », Bulletin de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, tome 51, 1926, p. 30, <https://doi.org/10.5169/seals-88648>)****.

À titre de comparaison, la plus forte amplitude enregistrée officiellement en France est de 37,8°C le 13 janvier 1968 à Mouthe (939 m, Doubs) [-36,7°C le matin, pour une maximale de +1,1°C l’après-midi].


Sources :
* <http://www.arpa.veneto.it/bollettini/meteo60gg/Staz_501.htm>.
** Merci à Bruno Renon pour l’information : <http://www.arpa.veneto.it/temi-ambientali/climatologia/progetti/depressioni-fredde1>.
*** Merci à Karsten Schwanke pour l’information : <https://twitter.com/kschwanke/status/964597358746009600>.
**** Merci à Stephan Vogt pour l’information : <https://twitter.com/kryophil/status/964280073540046849>.


lundi 22 janvier 2018

Des températures anormalement basses associées à des pressions très élevées en Sibérie centre-occidentale

Sur la carte des températures minimales du 20 janvier 2018 (carte en haut à droite), on distingue très clairement deux pôles d’air extrêmement froid, avec des températures minimales inférieures à -50°C : le premier situé comme le plus souvent dans le nord-est de la Sibérie (où la température est descendue jusqu’à -59,6°C le 14 janvier dernier à Oïmiakon) et un second en Sibérie centre-occidentale où des températures très anormalement basses sont observées depuis plusieurs jours. Associées à un puissant anticyclone centré juste à l’ouest du 100e méridien est (jusqu’à 1070,4 hPa à Tugoncani [102 m, 64°13'N, 93°48'E] le 20 janvier à 21h UTC), des températures minimales inférieures à -50°C sont enregistrées depuis trois jours dans cette région (comme dans près d’une centaine de stations dans toute la Sibérie depuis le début de l’hiver) : on a relevé notamment -57,2°C le 21 janvier à Sym (85 m, 60°21’N, 88°22E), -57,2°C le 19 et -57,1°C le 20 à Tugoncani. La température est également descendue à -50,4°C le 19 et -51,5°C le 20 à Bor (63 m, 61°36’N, 90°01’E) [soit 25,0°C en dessous de la normale journalière], qui enregistre ainsi consécutivement 2 records quotidiens de froid [mais encore à bonne distance du record absolu depuis 1936 : -56,0°C le 06/01/1987].

Le froid gagne progressivement le sud de la Sibérie (-58,0°C le 21 à Yurty [589 m]), le nord-ouest de la Mongolie (-48,7°C le 21 à Tsetsen-Uul [1928 m]) et le nord-est de la Chine (-45,3°C le 22 à Huzhongzhen [province de Heilongjiang], -45,2°C à Genhe et -44,8°C à Tulihe [Mongolie-Intérieure]).



lundi 1 janvier 2018

Records de hautes pressions atmosphériques dans le monde

*** Cet article sera enrichi au fil du temps et mis à jour régulièrement. *** 
[Dernière mise à jour : 19 mars 2018]

En matière de records de hautes pressions atmosphériques réduites au niveau de la mer, la Commission de climatologie de l’OMM a décidé en 2012 de distinguer deux catégories de stations météorologiques en fonction de leur altitude : celles situées au-dessus de 750 m d’altitude et celles situées en dessous. En effet, l’altitude élevée de certaines stations rend la réduction barométrique au niveau de la mer finalement peu significative et ne permet pas véritablement les comparaisons. En d’autres mots, plus l’altitude de la station est élevée, moins la réduction barométrique au niveau de la mer est significative.

Au regard de cette nouvelle classification, le record mondial pour les stations situées en dessous de 750 m d’altitude est toujours détenu par la station russe d’Agata (Evenhiyskiy, 66°53’ N, 93°28’ E, 261 m) avec une pression réduite au niveau de la mer de 1083,3 hPa le 31 décembre 1968 (12h GMT [aujourd’hui UTC]), la température étant alors de -46°C. Situées au cœur d’un puissant anticyclone qui recouvrait alors la Sibérie, 7 stations russes ont enregistré des pressions supérieures à 1070 hPa au cours de cet événement.
Les précédents records mondiaux étaient alors de 1078,9 hPa le 23 janvier 1900 à Barnaul (Russie, Sibérie) et 1075,2 hPa le 14 janvier 1893 à Irkutsk (Russie, Sibérie).
Par la suite, ces records ont également été battus sur le continent nord-américain : 1079,6 hPa le 2 février 1989 à Dawson City (Canada, Yukon, 370 m) et 1078,4 hPa le 31 janvier 1989 (20h GMT) à Northway Airport (Alaska, 62°96’ N, 141°93’ W, 522 m).

Pour les stations situées au-dessus de 750 m d’altitude, le record est détenu officiellement par Tosontsengel, station située dans le nord-ouest de la Mongolie à 1724,6 m d’altitude (station WMO 44225, 48°44’ N, 98°16’ E) : l’OMM a retenu la valeur de 1084,8 hPa le 19 décembre 2001 (initialement de 1085,6 hPa le 18 décembre 2001 à 18h00 UTC [soit 2h heure locale, le 19 décembre]), puis la valeur de 1089,1 hPa le 30 décembre 2004 (cf. le site web de l’Organisation météorologique mondiale).
Depuis 2004, des valeurs supérieures ont été avancées à plusieurs autres reprises à Tosontsengel et dans d’autres stations de Mongolie, mais sans être encore validées à ce jour ; par ordre croissant [à partir des données SYNOP via le site Ogimet] :
— 1089,3 hPa le 21 janvier 2016 (21h UTC) à Gandan Huryee (1421 m)
— 1089,5 hPa le 21 décembre 2012 (21h UTC) à Tsetsen Uul (1928 m)
— 1090,3 hPa le 3 janvier 2018 (0h UTC) à Tsetsen Uul
— 1090,5 hPa le 2 janvier 2018 (15h UTC) à Tsetsen Uul
— 1090,8 hPa le 27 janvier 2018 (0h UTC) à Tosontsengel
— 1094,8 hPa le 24 janvier 2016 (0h UTC) à Tosontsengel
— 1094,9 hPa le 10 mars 2016 (21h UTC) à Tsetsen Uul
— 1095,9 hPa le 23 janvier 2016 (21h UTC) à Tosontsengel
— 1096,1 hPa le 29 janvier 2016 (21h UTC) à Tsetsen Uul
— 1097,9 hPa les 4 et 5 février 2016 (21h et 0h UTC) à Tsetsen Uul
— 1098,3 hPa le 12 février 2016 (3h UTC) à Tsetsen Uul
— 1098,3 hPa le 12 février 2016 (3h UTC) à Tsetsen Uul
— 1098,7 hPa le 8 mars 2016 (18h UTC) à Tsetsen Uul
— 1098,9 hPa le 30 janvier 2016 (18h UTC) à Tsetsen Uul
— 1099,3 hPa les 22 et 23 janvier 2016 (21h et 3h UTC) à Tsetsen Uul
— 1099,8 hPa le 24 janvier 2016 (0h UTC) à Tsetsen Uul.

Il ne reste donc plus qu’à attendre le verdict de l’OMM pour savoir si le record mondial de haute pression réduite au niveau de la mer pour les stations situées au-dessus de 750 m d’altitude a évolué officiellement depuis 2004.

Dans tous les cas, les plus fortes pressions atmosphériques ont été enregistrées au cœur de puissants anticyclones hivernaux en Sibérie, en Mongolie, dans le nord-ouest du Canada et en Alaska, au Groenland, et dans une moindre mesure dans le nord-est de l’Europe.


EUROPE
À l’échelle de l’Europe, le record absolu serait détenu par la station russe de Hoseda-Hard avec 1068,3 hPa le 31 janvier 2012 (6h UTC). Mentionnée notamment par le SMHI, cette valeur supplante le précédent record longtemps détenu officiellement par les stations de Pärnu (Estonie) et Riga (Lettonie) avec 1067,1 hPa les 22 et 23 janvier 1907.
Toutefois, des valeurs plus élevées ont été reportées ou estimées par interpolation :
  • 1068,7 hPa le 23 janvier 1907 selon un rapport de la Free University of Berlin ; une valeur arrondie de 1068 hPa est indiquée dans une publication de la Danish Meteorological Society (p. 5);
  • des pressions supérieures à 1060 hPa dans le nord de la Russie européenne (nord de l’Oural) le 16 février 1956, avec des pressions maximales proches ou légèrement supérieures à 1070 hPa selon un rapport de la Free University of Berlin ; l’isobare 1072 hPa a même été reporté sur une carte dans le Met Office Daily Weather Report du 16 février 1956, centré autour de la ville russe de Vorkouta (république des Komis).

On estime que la pression a dépassé 1060 hPa en Europe seulement à 15 reprises entre 1869 et 2018 (tous mois confondus) : en 1869, 1893, 1899, 1907, 1915, 1920, 1938, 1944, 1946, 1956, 1972, 1995, 2008, 2012 et 2018.
L’événement le plus remarquable en Europe date de janvier 1907 (jusqu’à 1067,1 hPa le 22 janvier à Pärnu en Estonie et le 23 janvier à Riga en Lettonie), au cours duquel plusieurs pays d’Europe ont enregistré leur record national de haute pression (Danemark, Norvège, Suède, Estonie, Lituanie, Lettonie, Allemagne, Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Roumanie).

Situation isobarique en Europe le 23 janvier 1907.
(Carte extraite de l’article de S. Burt, "The Highest of the Highs… Extremes of barometric pressure in the British Isles,
Part 2 – the most intense anticyclones
", Weather, 2007, vol. 62, n° 2, p. 36, fig. 8, réalisée à partir des données de R.G.K. Lempfert,
"The high barometer of January 1907", Symon’s Meteorological Magazine, 1907, vol. 42, n° 493, p. 1-3.)


***********************

Inventaire des valeurs de pression les plus élevées, classées par année et par ordre décroissant
pour chaque événement marquant* au cours duquel la pression a atteint ou dépassé 1060 hPa

* Seuls les événements les mieux documentés sont inventoriés ci-dessous.
(Liste non exhaustive, mais enrichie au fil du temps.)


1869
  • 1061,7 hPa à Saint-Pétersbourg (Russie) le 16 janvier
  • 1060,6 hPa à Moscou (Russie) le 5 décembre
  • 1060,1 hPa à Moscou (Russie) le 16 janvier
  • 1055,7 hPa à Helsinki (Finlande) le 16 janvier
  • 1054,5 hPa à Helsinki (Finlande) le 17 janvier


1907
  • 1067,1 hPa à Pärnu (Estonie) le 22 janvier (dans la soirée) = RECORD NATIONAL EN ESTONIE
  • 1067,1 hPa à Riga (Lettonie) le 23 janvier (matin) = RECORD NATIONAL EN LETTONIE
  • 1065,9 hPa à Liepāja (Latvia) le 22-23 janvier
  • 1065,7 hPa à Helsinki (Finlande) le 22 janvier = RECORD NATIONAL EN FINLANDE
  • 1065,1 hPa à Vilnius (Lituanie) le 23 janvier
  • 1064,9 hPa à Falsterbo (Suède) le 23 janvier [valeur douteuse]
  • 1064,9 hPa à Suwałki (Pologne) le 23 janvier = RECORD NATIONAL EN POLOGNE
  • 1064,7 hPa à Kaliningrad [Königsberg] (Russie) le 23 janvier
  • 1064,3 hPa à Gotska Sandön (Suède) le 22 janvier [valeur douteuse]
  • 1063,8 hPa à Saint-Pétersbourg (Russie) le 22 janvier
  • 1063,7 hPa à Kalmar et à Visby (Suède) le 23 janvier = RECORD NATIONAL EN SUÈDE
  • 1063,4 hPa à Karlshamn (Suède) le 23 janvier
  • 1063,3 hPa à Västervik (Suède) le 23 janvier
  • 1063,3 hPa à Nora (Suède) le 22 janvier
  • 1063,3 hPa à Uppsala (Suède) le 22 janvier
  • 1062,6 hPa à Arkhangelsk (Russie) le 21 janvier
  • 1062,2 hPa* à Skagen et à Copenhague (Danemark) le 23 janvier
    = RECORD NATIONAL AU DANEMARK
    [* Certaines sources indiquent 1062,5 hPa à Skagen et 1062,1 hPa à Copenhague.]
  • 1061,3 hPa à Dalen (Norvège) le 23 janvier = RECORD NATIONAL EN NORVÈGE
  • 1061,0 hPa à Mandal (Norvège) le 23 janvier
  • 1060,8 hPa à Greifswald (Allemagne) le 23 janvier = RECORD NATIONAL EN ALLEMAGNE
  • 1060,4 hPa à Saint-Pétersbourg (Russie) le 21 janvier
  • 1060,3 hPa à Tallinn (Estonie) le 23 janvier 
  • 1059,4 hPa à Sulina (Roumanie) le 24 janvier
  • 1058,4 hPa à Haparanda (Suède) le 21 janvier 
  • 1057,8 hPa* à Berlin-Dahlem (Allemagne) le 23 janvier
    [Selon certaines sources, cette valeur est douteuse : la valeur correcte serait plutôt de 1056,7 hPa.] 
  • 1055,9 hPa à Budapest (Hongrie) le 24 janvier
  • 1055,4 hPa à Hurbanovo (Slovaquie) le 24 janvier
  • 1053,8 hPa à Haparanda (Suède) le 20 janvier 
  • 1053,0 hPa à Eelde (Pays-Bas) le 23 janvier [source : http://weergegevens.nl/extremes_y.aspx]
  • 1051,8 hPa à Aberdeen (Écosse, Royaume-Uni) le 23 janvier
  • 1050,3 hPa à Brno (République tchèque) le 23 janvier = RECORD NATIONAL EN TCHÉQUIE
NB. — Des pressions supérieures à 1060 hPa auraient également été observées en Roumanie le 24 janvier 1907.


1920
  • 1061,0 hPa à Arkhangelsk (Russie) le 30 janvier


1944
  • 1062,3 hPa à Moscou (Russie) le 14 décembre


1946
  • 1060,2 hPa à Saint-Pétersbourg (Russie) le 13 décembre
  • 1059,2 hPa à Sveg (Suède) le 15 décembre
  • 1058,9 hPa à Knon (Suède) le 15 décembre
  • 1058,6 hPa à Rommehed (Suède) le 15 décembre
  • 1057,2 hPa* à Särna (Suède) le 16 décembre [* valeur corrigée ; valeur initiale erronée : 1061,2 hPa]
  • 1055,4 hPa à Helsinki (Finlande) le 14 décembre
  • 1055,2 hPa à Helsinki (Finlande) le 15 décembre
  • 1054,3 hPa à Helsinki (Finlande) le 13 décembre


1956
  • 1063,9 hPa à Arkhangelsk (Russie) le 17 février


1972
  • 1062,1 hPa à Arkhangelsk (Russie) le 30 janvier
  • 1061,3 hPa à Moscou (Russie) le 31 janvier
  • 1060,0 hPa à Moscou (Russie) le 1er février
  • 1059,9 hPa à Haparanda (Suède) le 30 janvier
  • 1054,5 hPa à Haparanda (Suède) le 29 janvier


2008
  • 1063,5 hPa à Kargopol (Russie) le 3 janvier (9h UTC)
  • 1063,2 hPa à Vozega (Russie) le 3 janvier (3h UTC)
  • 1063,0 hPa à Vologda (Russie) le 3 janvier (9h UTC)
  • 1062,9 hPa à Belozersk (Russie) le 3 janvier (6h UTC)
  • 1062,7 hPa à Cerepovec (Russie) le 3 janvier (18h UTC)
  • 1062,4 hPa à Velsk (Russie) le 3 janvier (3h UTC)
  • 1062,2 hPa à Senkursk (Russie) le 2 janvier (15h UTC)
  • 1062,1 hPa à Buj (Russie) le 3 janvier (6h UTC)
  • 1061,9 hPa à Vytegra (Russie) le 3 janvier (18h UTC)
  • 1061,9 hPa à Pudoz (Russie) le 3 janvier (9h UTC)
  • 1061,8 hPa à Totma (Russie) le 3 janvier (3h UTC)
  • 1061,6 hPa à Rybinsk (Russie) le 3 janvier (15h UTC)
  • 1061,5 hPa à Nikolsk (Russie) le 3 janvier (0h et 6h UTC)
  • 1061,4 hPa à Maksatikha (Russie) le 4 janvier (0h UTC)
  • 1061,3 hPa à Nikolo-Poloma (Russie) le 3 janvier (6h UTC)
  • 1061,3 hPa à Rostov (Russie) le 3 janvier (9h UTC)
  • 1060,7 hPa à Sura (Russie) le 2 janvier (12h UTC)
  • 1060,5 hPa à Kotlas (Russie) le 2 janvier (15h UTC)
  • 1060,5 hPa à Onega (Russie) le 2 janvier (9h UTC)
  • 1060,2 hPa à Segeza (Russie) le 2 janvier (12h UTC)
  • 1060,0 hPa à Oparino (Russie) le 2 janvier (18h UTC)
  • 1059,9 hPa à Arkhangelsk (Russie) le 2 janvier (9h UTC)
  • 1059,3 hPa à Moscou (Russie) le 3 janvier (18h UTC)
  • 1059,2 hPa à Pinega (Russie) le 2 janvier (15h UTC)
  • 1059,1 hPa à Ilomantsi Mekrijarvi (Finlande) le 3 janvier (14h39 UTC)
  • 1058,5 hPa à Saint-Pétersbourg (Russie) le 4 janvier (0h, 3h et 6h UTC)
  • 1058,2 hPa à Kuusamo Airport (Finlande) le 1er janvier (20h51 UTC)
  • 1055,4 hPa à Vitebsk (Biélorussie) le 4 janvier (9h UTC)
  • 1054,5 hPa à Orsa (Biélorussie) le 4 janvier (6h UTC)
  • 1054,2 hPa à Gorki (Biélorussie) le 4 janvier (6h UTC)
  • 1053,5 hPa à Helsinki-Vantaa (Finlande) le 4 janvier (3h UTC)
  • 1052,6 hPa à Haparanda (Suède) les 2 janvier (15h UTC) et 3 janvier (6h et 15h UTC)


2012
  • 1066,5 hPa à Kojnas (Russie) le 31 janvier (18h UTC)
  • 1062,8 hPa à Kuhmo Kalliojoki (Finlande) le 1er février [source : SMHI]
  • 1062,0 hPa à Kuhmo Kalliojoki (Finlande) le 29 janvier
  • 1058,0 hPa à Haparanda (Suède) le 1er février
  • 1057,0 hPa à Haparanda (Suède) le 29 janvier
  • 1057,0 hPa à Boden (Suède) le 1er février
  • 1057,0 hPa à Överkalix-Svartbyn (Suède) le 1er février
  • 1056,9 hPa à Luleå flygplats (Suède) le 1er février
  • 1056,0 hPa à Turenki (Finlande) le 29 janvier
  • 1050,3 hPa à Thyborøn (Danemark) le 7 février


2018
  • 1061,0 hPa à Tynset (482 m, Norvège) le 28 février (8h loc.)
  • 1060,4 hPa à Røros (628 m, Norvège) le 28 février (7h loc.)
  • 1057,1 hPa à Drevsjo (672 m, Norvège) le 27 février (21h UTC)
  • 1056,9 hPa à Majavatn (319 m, Norvège) le 28 février (0h UTC)
  • 1056,4 hPa à Salla Naruska (213 m, Finlande) le 27 février (6h50 UTC)
  • 1055,6 hPa à Sihccajavri (Norvège) le 25 février (1h loc.)
  • 1055,6 hPa à Kilpisjärvi (478 m, Finlande) le 25 février (4h50 UTC) 
  • 1055,4 hPa à Namsskogan (140 m, Norvège) le 27 février (22h UTC) 
  • 1055,2 hPa à Gunnarn Airport (251 m, Suède) le 27 février (21h UTC)
  • 1055,1 hPa à Kautokeino (Norvège) le 25 février (1h loc.)
  • 1055,1 hPa à Ylivieska Airport (76 m, Finlande) le 28 février (0h UTC)
  • 1055,0 hPa à Suolovuopmi Lulit (382 m, Norvège) le 26-27 février (23h-0h UTC)
  • 1054,9 hPa à Hemavan Airport (458 m, Suède) le 28 février (2h UTC)
  • 1054,8 hPa à Karasjok (129 m, Norvège) le 27 février (1h UTC) 
  • 1054,5 hPa à Jokkmokk Airport (275 m, Suède) le 27 février (10h et 11h UTC)
  • 1054,5 hPa à Dagali Airport (798 m, Norvège) le 28 février (7h UTC)
  • 1054,4 hPa à Kevo (107 m, Finlande) le 27 février (0h50 UTC) 
  • 1054,3 hPa à Apatity (133 m, Russie) le 27 février (12h UTC)
  • 1054,2 hPa à Mierkenis (614 m, Suède) le 27 février (20h et 21h UTC)
  • 1054,1 hPa à Fagernes (365 m, Norvège) le 27-28 février (23h-0h UTC)
  • 1054,0 hPa à Verhov’e R Lotty (115 m, Russie) le 27 février (6h UTC)
  • 1053,7 hPa à Rena Airport (255 m, Norvège) le 28 février (8h UTC)
  • 1053,4 hPa à Inari Nellim (123 m, Finlande) le 27 février (1h50 et 6h UTC)
  • 1052,9 hPa à Nyrud (1 m, Norvège) le 27 février (4h, 5h et 8h UTC)
  • 1052,2 hPa à Lillehammer-Saetherengen (239 m, Norvège) le 27-28 février (23h-0h UTC)
  • 1051,5 hPa à Hammerfest (8 m, Norvège) le 27 février (0h UTC)
  • 1051,0 hPa à Fruholmen Fyr (Norvège) le 27 février (0h loc.)
  • 1051,0 hPa à Honningsvag/Valan (Norvège) le 27 février (23h loc.)
  • 1050,7 hPa à Slettnes Fyr (Norvège) le 27 février (0h-1h loc.)
  • 1050,7 hPa à Mehamn (Norvège) le 27 février (0h loc.)

To be continued…