samedi 8 juin 2019

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Début juin 2019 : ambiance hivernale dans le nord de l’Espagne !

L’été météorologique a débuté depuis un peu plus d’une semaine, mais on pourrait en douter au vu des températures anormalement basses relevées du 5 au 8 juin 2019 dans le nord de l’Espagne et l’ambiance hivernale qui règne en montagne au-dessus de 1500 m d’altitude (cf. les images ci-dessous prises dans la Sierra de Urbión le 7 juin au matin et la vidéo tournée par Agustín Sandoval).
Il a même neigé le 5 juin à Puerto de Leitariegos (col situé à 1530 m d’altitude, à la frontière entre la principauté des Asturies et la communauté autonome de Castille-et-León) et plus au sud à Puerto de Navacerrada (station située à 1894 m dans la Sierra de Guadarrama, en limite des provinces de Ségovie et de Madrid). Un événement qui n’est pas sans précédent, mais qui reste peu banal à cette époque de l’année.


Certaines stations du nord de l’Espagne appartenant au réseau officiel de l’AEMET ont enregistré des températures minimales particulièrement basses pour la saison : -2,9°C le 8 juin [-2,6°C le 6] à Puerto El Pico (1285 m, province d’Ávila), -1,8°C le 8 juin à Cuéllar (795 m, province de Ségovie), -0,5°C le 8 juin à Beariz (610 m, province d’Ourense) et 1,2°C le 6 juin à León / Virgen del Camino (912 m, province de León), tout près du record mensuel de froid à la station depuis le début des mesures en 1938 (0,0°C le 1er juin 2006).
Plus étonnant encore, la température est descendue jusqu’à -6,0°C le 6 juin au matin [-5,8°C le 8] à Villaceid (station ACAMET située à 1026 m d’altitude [hors du réseau national officiel AEMET], dans la province de León, communauté autonome de Castille-et-León). En recherchant dans les archives climatologiques, on ne trouve pas trace d’une température plus basse au mois de juin en Espagne en dessous de 1200 m d’altitude, même durant les mois de juin les plus frais depuis près d’un siècle, ni même durant l’été 1977 (« l’année sans été ») !
Selon le climatologue Maximiliano Herrera, des températures plus basses ont été relevées dans des stations automatiques récentes, mais à des altitudes bien supérieures, jusqu’à -13,0°C le 10 juin 2000 au Pico del Veleta culminant à 3396 m dans la Sierra Nevada (Andalousie). La température la plus basse au mois de juin dans un lieu habité a été enregistrée en 2009 à Duruelo de la Sierra (-6,0°C), station située néanmoins au-dessus de 1200 m d’altitude.



8 mois consécutifs sous les normales à Montréal et à Québec (Canada) !

À l’aéroport international Pierre Elliott Trudeau de Montréal les températures moyennes mensuelles sont restées inférieures aux normales mensuelles 1981-2010 durant 8 mois consécutifs, d’octobre 2018 à mai 2019. Il faut remonter à 1996 pour trouver une séquence aussi longue (9 mois sous les normales de novembre 1995 à juillet 1996).
Notons également que la température n’a atteint les 20°C à Montréal qu’à partir du 5 mai 2019, une première aussi tardivement depuis 1989, et les 25°C qu’à partir du 7 juin 2019, une première aussi tardivement depuis 1983 !


Même constat à l’aéroport international de Québec : un froid persistant depuis 8 mois !
Le déficit thermique enregistré à l’aéroport international de Québec est plus marqué encore qu’à Montréal sur la période octobre 2018-mai 2019. L’anomalie thermique atteint -1,6°C par rapport à la normale 1981-2010.
Une anomalie aussi durable et d’une telle intensité est un événement extrêmement rare de nos jours, (quasi-)inédit dans le monde depuis le début du 21e siècle (ou au moins depuis l’épisode El Niño en 1997-1998).



Ces températures anormalement basses perdurent en ce début de mois de juin 2019, comme on peut le constater sur la carte ci-contre du 1er au 8 juin.



Températures maximales supérieures ou égales à 50°C dans le monde en 2019

Bilan au 17 juin 2019

51,4°C le 10/06/2019 à Mitribah (Koweït)
51,3°C le 17/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
51,2°C le 16/06/2019 à Mitribah (Koweït)
51,1°C le 16/06/2019 à Sweihan (Émirats arabes unis)
51,0°C le 11/06/2019 à Mitribah (Koweït)
51,0°C le 02/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
51,0°C le 01/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,9°C le 10/06/2019 à Sulaibiya (Koweït)
50,8°C le 09/06/2019 à Mitribah (Koweït)
50,8°C le 01/06/2019 à Churu (Inde) = RECORD MENSUEL NATIONAL
50,6°C le 17/06/2019 à Hamim (Émirats arabes unis)
50,6°C* le 09/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,5°C le 17/06/2019 à Razeen (Émirats arabes unis)
50,5°C le 16/06/2019 à Saih Al Salem (Émirats arabes unis)
50,5°C* le 11/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,5°C le 10/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,5°C le 10/06/2019 à Minab (Iran)
50,4°C le 11/06/2019 à Shushtar (Iran)
50,4°C le 10/06/2019 à Bassorah-Hussen (Irak)
50,3°C le 16/06/2019 à Jahra (Koweït)
50,3°C le 10/06/2019 à Churu (Inde)
50,3°C le 03/06/2019 à Churu (Inde)
50,2°C le 17/06/2019 à Lamerd (Iran)
50,2°C* le 12/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,2°C le 11/06/2019 à Sweihan (Émirats arabes unis)
50,2°C le 07/06/2019 à Mitribah (Koweït)
50,1°C le 16/06/2019 à Sulaibiya (Koweït)
50,1°C le 12/06/2019 à Saih Al Salem (Émirats arabes unis)
50,1°C le 11/06/2019 à Omidiyeh (Iran)
50,1°C le 06/06/2019 à Mitribah (Koweït)
50,1°C le 02/06/2019 à Dadu (Pakistan)
50,0°C le 17/06/2019 à Al Wathbah (Émirats arabes unis)
50,0°C le 17/06/2019 à Borazjan (Iran)
50,0°C le 17/06/2019 à Bu Humrah (Émirats arabes unis)
50,0°C le 16/06/2019 à Omidiyeh (Iran)
50,0°C le 11/06/2019 à Bassorah-Hussen (Irak)
50,0°C le 10/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 10/06/2019 à Jahra (Koweït)
50,0°C le 10/06/2019 à Shush (Iran)
50,0°C le 09/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 08/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 07/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,0°C le 03/06/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 02/06/2019 à Padidan (Pakistan)
50,0°C le 31/05/2019 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 31/05/2019 à Larkana (Pakistan)


__________________________
En italique : valeurs sujettes à caution.
* Données horaires ; Tmax censurées les 9, 11 et 12/06/2019 à Mezaira (Émirats arabes unis) : possiblement ≥ 51°C les 9, 11 et 12/06/2019 (voire ≥ 52°C les 9 et 11/06/2019 = record national).

vendredi 7 juin 2019

Records nationaux de température (mensuels et absolus) en 2019

Bilan provisoire au 17 juin 2019 des records enregistrés à l’échelle d’un territoire national (territoires indépendants et autonomes compris) ou d’un territoire d’outre-mer, et autres faits marquants
(avec la collaboration de Maximiliano Herrera)

Record absolu de chaleur   /   Record mensuel de chaleur   /   Record absolu de froid   /   Record mensuel de froid


Janvier
1 – MICRONÉSIE : 35,0°C le 17 janvier à Nukuoro Atoll (État de Pohnpei) (record mensuel national égalé)
2 – CHRISTMAS ISLAND (Territoire extérieur australien) : 31,6°C le 19 janvier à Christmas Island Airport
      [NB. – Le record absolu officiel de 31,8°C enregistré le 30/11/1981 n’est pas fiable, car vraisemblablement
      surestimé, tout comme les données de l’ancienne station de Rocky Point.
]

3 – PALAOS : 33,9°C le 23 janvier à Peleliu (record mensuel national égalé)
4 – ANGOLA : 38,7°C le 24 janvier à Namacunde
5 – PARAGUAY : 44,1°C le 24 janvier à Radio Pai Puku [44,0°C le 26 janvier à Mariscal Estigarribia]
6 – RÉUNION (France) : 37,0°C le 25 janvier à Pointe des Trois-Bassins

NB
7 – Tn de -0,4°C le 10 janvier à Valdivia (39°S, Chili) = c’est la première fois que l’on mesure une température
       négative au niveau de la mer dans le monde en dessous de 40° de latitude au cœur de l’été (en juillet dans
       l’hémisphère nord et en janvier dans l’hémisphère sud)

8 – 49,1°C le 23 janvier à Red Rocks Point (Australie-Occidentale, station située à 70 m de l’océan)
      = plus haute température enregistrée dans le monde aussi proche de l’océan
      [On exclut ici la station de Whyalla-Norrie (Australie-Méridionale) située dans un golfe et pas directement au bord
      de l’océan, dont le record absolu de chaleur est de 49,4°C le 02/01/1960 ; on exclut également, dans
      l’hémisphère nord, l’aéroport de Doha (Oman) dans le golfe Persique (à moins de 500 m de la mer) avec un
      record de 50,4°C le 14/07/2010.
]

9 – 49,5°C le 24 janvier à Port Augusta AWS (Australie-Méridionale)
       = plus haute température enregistrée dans l’hémisphère sud pour une station côtière (qu’il s’agisse d’un

       océan, d’une mer, d’un golfe ou même d’un lac)
10 – ÉTAT DE VICTORIA (Australie) : 47,5°C le 25 janvier à Swan Hill
        [NB. – Le record de 50,7°C du 07/01/1906 à Mildura Post Office est exclu, car peu fiable.]

11 – 41,7°C le 25 janvier à Gobabis (1440 m, Namibie)
        = plus haute température enregistrée dans l’hémisphère sud à cette altitude

12 – Tnx de 36,6°C le 26 janvier à Wanaaring [Borrona Downs AWS] (Australie, Nouvelle-Galles du Sud)
        [36,1°C à Moomba Airport (Australie-Méridionale) et 35,9°C le 18 janvier à Noona (Nouvelle-Galles du Sud)]
        = PLUS HAUTE TEMPÉRATURE MINIMALE EN AUSTRALIE ET DANS L’HÉMISPHÈRE SUD
        = RECORD MONDIAL DE LA PLUS HAUTE TEMPÉRATURE MINIMALE POUR UN MOIS DE JANVIER

13 – 40,1°C le 26 janvier à Lo Pinto (banlieue nord de Santiago, Chili) [39,3°C à Santaigo / Pudahuel Airport et
        38,3°C à Santiago / Quinta Normal] = record absolu pour l’agglomération de Santiago

14 – Región de Valparaíso (Chili) : 42,5°C le 26 janvier à Santa María
15 – Región Metropolitana (Chili) : 41,9°C le 26 janvier à Huechún
16 – Región del Libertador General Bernardo O’Higgins (Chili) : 41,2°C le 26 janvier à Marchigüe
17 – ILLINOIS (États-Unis) : -38,9°C le 31 janvier à Mount Carroll (COOP station) (record officiel)
                                              -38,9°C le 31 janvier à Roscoe (CWOP station) (record non officiel)
                                              [-37,8°C à Morrison (COOP station)]



Février
18 – ÎLES MARSHALL : 33,3°C les 2 et 16 février à Utirik Atoll (record mensuel national égalé)
19 – GUYANA : 36,6°C le 13 février à Lethem (record mensuel national égalé)
20 – CHILI : 42,4°C le 15 février à Traiguén [41,6°C le 3 février à Renaico]
                     = record absolu pour la Región de la Araucanía
                     [39,8°C le 3 février à Mariquina = record absolu pour la Región de Los Ríos]
                     [37,9°C le 4 février à Río Negro = record absolu pour la Región de Los Lagos]
                     [37,4°C le 3 février à La Junta = record absolu pour la Región de Aysén del Gral. C. Ibáñez del Campo]
                     [33,7°C le 4 février à La Estancia 5 de Enero = record absolu pour la
Región de Magallanes y de la
                    
Antártica Chilena pour le réseau secondaire ;
                     32,2°C le 4 février à Fuentes Martínez / Porvenir Aéroport (53°25’S) = record absolu pour la
Región de
                     Magallanes y de la
Antártica Chilena pour le réseau officiel ; c’est aussi la première fois que les 32°C
                     sont atteints à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud
]
                     [29,7°C le 4 février à Pampa Guanaco Airport (Terre de Feu) (54°05’S, Región de Magallanes y de la
                     Antártica Chilena) = plus haute température jamais enregistrée aussi haut en latitude dans
                     l’hémisphère sud
]

21 – ANGOLA : 41,0°C le 18 février à Espinheira
22 – ÉCOSSE (Royaume-Uni) : 18,3°C le 21 février à Aboyne [18,2°C le 27 février]
23 – DANEMARK : 15,8°C* le 26 février à Aarhus Airport / Tirstrup (record mensuel national égalé officiellement)
        [* NB. – On note toutefois dans les archives climatologiques nationales une valeur supérieure de 15,9°C le
        28 février 1959 à Udbyhøj et à Hofmansgave (près d’Otterup).
]

24 – PAYS DE GALLES (Royaume-Uni) : 20,8°C le 26 février à Porthmadog [20,6°C le 25 février à Trawsgoed]
25 – ROYAUME-UNI et ANGLETERRE : 21,2°C le 26 février à Kew Gardens (Angleterre)
                                                                  [20,8°C à Northolt (Angleterre)]

26 – SUÈDE : 16,7°C le 26 février à Karlshamn
27 – ANDORRE : 26,1°C* le 27 février à Borda Vidal (873 m) [22,9°C* le 26 février] (* en cours de vérification)
                             22,7°C le 27 février à La Margineda - FEDA (959 m)

28 – BELGIQUE : 22,4°C le 27 février à Angleur [22,1°C à Hastière et 22,0°C à Dourbes]
29 – GUERNESEY : 16,1°C le 27 février à Guernsey Airport [15,6C le 25 février]
30 – JERSEY : 18,3°C le 27 février à Maison St Louis Observatory
                         [17,5°C le 26 février, 17,1°C le 25 février et 16,9°C le 24 février]

31 – LUXEMBOURG : 22,5°C le 27 février à Remich
32 – PAYS-BAS : 20,5°C le 27 février à Arcen AWS
33 – AUTRICHE : 24,2°C le 28 février à Güssing et à Deutschlandsberg
34 – HONGRIE : 23,5°C le 28 février à Sárvár
35 – SAINT-MARIN : 20,3°C le 28 février à Chiesanuova (record mensuel national égalé)
36 – SLOVAQUIE : 20,6°C le 28 février à Hurbanovo et à Žihárec
37 – SLOVÉNIE : 24,1°C le 28 février à Gačnik

NB
38 – Province de Terre de Feu (Argentine) : 30,8°C le 4 février à Río Grande / Base aérienne (53°48’S)
       = plus haute température jamais enregistrée aussi haut en latitude dans l’hémisphère sud

39 – Île des Lions de mer (îles Malouines [Falkland Islands]) : 21,7°C le 5 février à Sea Lion Island
40 – HAWAÏ (États-Unis) : -12,8°C le 11 février à la station IRTF (NASA Infra-Red Telescope Facility) au sommet
        du Mauna Kea

41 – Comté de Oppland (Norvège) : 13,3°C le 15 février à Bjorli
42 – Comté de Sogn og Fjordane (Norvège) : 15,5°C le 23 février à Bremanger-Svelgen
43 – Département du Finistère (France) : 21,0°C le 24 février à Pleyber-Christ
44 – Comté de Aust-Agder (Norvège) : 18,7°C le 26 février à Landvik (record à confirmer)
45 – Comté de Hordaland (Norvège) : 15,7°C le 26 février à Etne [14,8°C le 15 février]
46 – Comté de Rogaland (Norvège) : 14,2°C le 26 février à Stavanger-Våland
47 – Département du Gard (France) : 25,7°C le 28 février à La Rouvière


Mars
48 – ÎLES MARSHALL : 33,3°C les 7, 12 et 13 mars à Utirik Atoll (record mensuel national égalé)
49 – KENYA : 41,0°C les 9 et 15 mars à Mandera
50 – AUSTRALIE : 48,1°C le 10 mars à Roebourne Airport (Australie-Occidentale)
        = RECORD MONDIAL DE CHALEUR POUR UN MOIS DE MARS

51 – ANGOLA : 41,6°C le 22 mars à Espinheira [41,1°C le 27 mars]
52 – INDE : 46,9°C le 25 mars à Kapde [46,7°C le 26 mars à Matheran] (stations du réseau secondaire Skymet)
        = record mensuel national non officiel    
        = RECORD MENSUEL DE CHALEUR (non officiel) POUR LE CONTINENT ASIATIQUE
53 – TOGO : 43,5°C le 28 mars à Mango (record national absolu fiable)
54 – ÎLES MARIANNES DU NORD (États-Unis) : 32,2°C le 31 mars à Saipan International Airport
       
(record mensuel du territoire égalé)

NB
55 – TASMANIE (Australie) : 40,1°C le 2 mars à Dover
        = plus haute température observée à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud au mois de mars
        (précédent record : 40,0°C le 09/03/2003 à Trelew [Argentine] par 43°12’ de latitude S)

56 – MONTANA (États-Unis) : -43,3°C le 4 mars à Elk Park
57 – TERRITOIRE DU NORD (Australie) : 44,8°C le 11 mars à Yulara [Uluru/Ayers Rock]
58 – TERRITOIRES DU NORD-OUEST (Canada) : 21,8°C le 19 mars à Yohin Lake


Avril
59 – MAYOTTE (France) : 35,2°C le 1er avril à Mtsamboro
60 – ANGOLA : 41,4°C le 2 avril à Espinheira
61 – MAURICE : 35,0°C le 3 avril à Medine (date à confirmer)
62 – TOGO : 43,5°C le 4 avril à Mango (record national absolu [fiable] égalé)
63 – ÎLES GLORIEUSES (îles Éparses de l’océan Indien, TAAF) : 34,4°C le 5 avril à Grande Glorieuse
64 – TAÏWAN : 40,0°C le 10 avril à Jinlun [38,9°C le 25 avril à Dawu]
65 – KENYA : 41,6°C le 20 avril à Mandera
66 – VIETNAM : 43,4°C le 20 avril à Hương Khê [43,0°C à Tuyên Hóa]

NB
67 – Tnx de 31,1°C le 7 avril à Mango (Togo) = plus haute température minimale au Togo
68 – État de OAXACA (Mexique) : 46,0°C le 13 avril à Río Manso Lalana (record absolu de l’État égalé)
69 – AUSTRALIE-OCCIDENTALE (Australie) : 9,2°C le 19 avril à Rocky Gully = plus basse Tx pour un mois d’avril
70 – Région autonome de Bangsamoro (Philippines) : 38,7°C le 28 avril à Cotabato
71 – Comté [région] de Trøndelag (Norvège) : 23,4°C le 28 avril à Frosta [23,3°C à Værnes-Trondheim Airport]
72 – Comté de Telemark (Norvège) : 25,7°C le 29 avril à Gjerpen
73 – -1,2°C le 30 avril à Summit (3202 m, Groenland) = record mensuel de douceur à la station


Mai
74 – KENYA : 39,0°C le 2 mai à Lodwar
75 – INDONÉSIE : 37,4°C le 3 mai à Banda Aceh / Blangbintang
76 – TERRES AUSTRALES ET ANTARCTIQUES FRANÇAISES : 33,4°C le 6 mai à Grande Glorieuse
        (îles Glorieuses, îles Éparses de l’océan Indien)

77 – NIGER : 47,5°C le 7 mai à Tillabéry
78 – SYRIE : 45,0°C le 17 mai à Hassakah (Tx partielle relevée à 12h UTC)
79 – TONGA : 33,2°C le 18 mai à Niuafoou
80 – LAOS : 42,0°C* les 19 et 20 mai à Luang Prabang (* Tx partielle relevée le 19 mai à 8h et 9h UTC)
       
[Le record national a potentiellement été battu le 19 mai !]

81 – VIETNAM : 42,8°C le 20 mai à Con Cuông
82 – ISRAËL : 47,5°C le 23 mai à Argaman (record mensuel national [fiable] égalé)
83 – JAPON : 39,5°C le 26 mai à Saroma [= record absolu pour l’île de Hokkaido]
84 – CHYPRE : 42,1°C le 29 mai à Athalassa
85 – TURQUIE : 42,8°C le 30 mai à Kırıkhan (valeur à confirmer)

NB
86 – HAWAÏ (États-Unis) : 35,6°C le 22 mai à Kahului Airport
87 – QUEENSLAND (Australie) : -6,9°C le 31 mai à Stanthorpe / Leslie Parade (784 m)


Juin
88 – INDE : 50,8°C le 1er juin à Churu
89 – TONGA : 33,6°C le 2 juin à Niuafoou
90 – NAMIBIE : 39,8°C le 8 juin à Walvis Bay Airport = RECORD MENSUEL POUR L’HÉMISPHÈRE SUD
91 – LITUANIE : 35,7°C le 12 juin à Kaišiadorys
92 – SÉNÉGAL : 47,8°C le 16 juin à Podor
93 – QATAR : 49,3°C le 17 juin à Umm Said

NB
94 – Région de MIMAROPA (Philippines) : 39,2°C le 3 juin à San Jose
95 – -6,0°C le 6 juin à Villaceid (1026 m, Espagne) [station ACAMET, non officielle, hors réseau national AEMET]
        = température la plus basse enregistrée au mois de juin en Espagne en dessous de 1200 m d’altitude

96 – Tnx de 28,8°C le 13 juin à Nukunonu (Tokelau, Territoire dépendant du royaume de Nouvelle-Zélande)
        = égale la plus haute température minimale pour un mois de juin dans l’hémisphère sud

97 – CORSE (France) : 40,1°C le 14 juin à Ajaccio
        = Tx > 40°C la plus précoce en France métropolitaine et un record national pour une première quinzaine de juin



mercredi 5 juin 2019

Un ciel verdâtre sous orage : quelle signification ?

Arcus à l’avant de l’orage qui s’est abattu sur Paris le 4 juin 2019 en fin d’après-midi.
© Bertrand Kulik
Le puissant orage qui s’est abattu sur la capitale et une bonne partie de la région parisienne le 4 juin 2019 en fin d’après-midi a été immortalisé par Bertrand Kulik.
Grêlons récoltés lors du passage de l’orage
sur l’Île-de-France le 4 juin 2019.
Photo de Caroline Le Fur Jourdain
Sur ce superbe cliché pris quelques minutes avant son arrivée au-dessus de la tour Eiffel, on remarque la teinte verdâtre dont se pare le ciel à l’arrière du front orageux. Cette coloration céleste indique généralement une épaisseur et une densité nuageuse importantes, caractéristique des orages les plus violents (on parle parfois d’orages verts, ou « green thunderstorms » en anglais) et associée le plus souvent à de la grêle : on observe ce phénomène généralement en fin d’après-midi et en début de soirée lorsque la fréquence orageuse est la plus élevée et que la lumière décline au-dessus de l’horizon.
Même si peu de recherches ont été menées sur cette thématique, l’hypothèse la plus probante conclut que les cumulonimbus à plus fort développement vertical et les plus denses tendent à la fois à être les plus actifs et les plus favorables à l’appauvrissement en couleurs chaudes étant donné la plus grande épaisseur à traverser pour les rayons lumineux.
La densité et la taille plus élevées des hydrométéores (gouttes d’eau, grêlons) accroissent l’opacité de l’air en formant un véritable rideau qui « absorbe » en quelque sorte le rayonnement orangé du soleil couchant (c’est-à-dire les photons rouges en raison de leur plus grande longueur d’onde). En d’autres mots, seuls le bleu et le jaune de longueur d’onde plus courte sont filtrés et réfléchis par le nuage, conférant au ciel une teinte verdâtre.

La teinte des éclairs qui lézardent un ciel orageux de ce type apporte un indice et vient souvent conforter cette réalité. D’une manière générale, les éclairs présentent des couleurs particulières, tantôt mauves ou bleutées, tantôt blanches ou rougeâtres et parfois jaunes. En effet, la teinte d’un éclair varie en fonction de la densité de courant (de l’intensité de l’éclair), de la distance entre l’observateur et le phénomène lumineux, mais aussi de la nature et la densité des particules présentes dans l’atmosphère (lithométéores, vapeur d’eau, etc.). Sans oublier aussi que la couleur que prennent les éclairs sur les photographies peut être assez différente de la couleur réellement observée.
De façon très sommaire, on retiendra que la couleur rouge indique qu’il y a de pluie dans l’air, le bleu indique la présence de grêle, le jaune indique une quantité importante de lithométéores dans l’air (particules de poussière ou de sable, cendres…), et le blanc signifie généralement que l’air est très sec ou particulièrement limpide.
D’autres nuances de teintes peuvent aussi être observées en fonction des combinaisons dans la composition de l’air.

vendredi 10 mai 2019

Un déficit thermique persistant sur une grande partie de l’Amérique du Nord

En raison d’un afflux incessant d’air froid en provenance de l’Arctique à l’est des Rocheuses, des températures anormalement basses sont enregistrées depuis le début de l’année 2019 sur une large moitié sud du Canada et le nord des États-Unis, sur les Prairies canadiennes et les Grandes Plaines nord-américaines en particulier.


Les plus fortes anomalies négatives sont observées dans les États américains du Montana, du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. À l’échelle de la région climatique du nord des Rocheuses et des Grandes Plaines (Northern Rockies and Plains, cf. figure ci-dessus), il n’avait pas fait aussi froid en moyenne depuis 1982 sur les 4 premiers de l’année, depuis 1979 sur les 3 premiers mois de l’année, ou encore depuis 1936 sur la période février-mars ! Depuis le début des mesures en 1895, la période février-avril se place au 4e rang des plus froides dans la région, au 3e rang pour la période février-mars et le mois de février 2019.
Le déficit thermique est particulièrement significatif dans l’État du Montana puisque la période février-mars 2019 se classe au 3e rang des plus froides depuis 1895 (comme dans le Dakota du Sud) — mais la plus froide depuis 1936 —, avec une température moyenne de -9,3°C (soit 5,7°C en dessous de la moyenne 1901-2000), contre -10,9°C en 1936 et -11,2°C en 1899. Certaines stations du Montana ont d’ailleurs enregistré leur plus basse moyenne thermique sur la période février-mars depuis le début des mesures, comme Missoula avec -5,0°C (précédent record depuis 1894 : -4,6°C en 1936), Billings avec -7,0°C (précédent record depuis 1935 : -6,7°C en 1936), Helena avec -9,9°C à Helena (précédent record depuis 1939 : -8,2°C en 1989), ou encore Bozeman avec -10,3°C (précédent record depuis 1942 : -9,8°C en 1979).

Après une vague de froid particulièrement sévère durant la seconde moitié du mois de janvier sur l’Amérique du Nord et le nord des États-Unis en particulier — au cours de laquelle l’État de l’Illinois a enregistré un nouveau record absolu de froid —, le mois de février 2019 a été particulièrement froid à l’est des Rocheuses, dans les Grandes Plaines et les Prairies canadiennes (provinces de l’Alberta et du Saskatchewan) : il se classe au 2e rang des plus froids depuis 1895 dans le Montana (2e rang dans le Dakota du Nord, 3e rang dans le Dakota du Sud) avec une température moyenne mensuelle de -14,9°C, derrière février 1936 (-19,9°C). Il se classe notamment au 2e rang des plus froids à Cut Bank depuis 1903 avec une Tm de -19,9°C (contre une normale mensuelle de -4,3°C), à Great Falls depuis 1891 avec -17,9°C (normale mensuelle de -2,6°C), à Havre depuis 1889 avec -21,1°C (normale mensuelle de -5,4°C), à Lewistown depuis 1896 avec -16,8°C (normale mensuelle de -3,5°C), mais au 1er rang à Dillon depuis 1939 avec une Tm de -12,3°C (normale mensuelle de -3,2°C).
Les anomalies thermiques mensuelles ont atteint dans certaines stations du Montana des valeurs rarement observées dans le monde (voire inédites en ce qui concerne les anomalies négatives) : les stations de Great Falls, Cut Bank et Havre ont enregistré respectivement un écart à la normale mensuelle de -15,3°C, -15,6°C et -15,7°C en février 2019. Le contraste est saisissant avec les anomalies thermiques positives observées le mois en suivant dans le nord-ouest du Canada : on a relevé notamment un écart à la normale mensuelle (1981-2010) de +14,4°C* à Inuvik Airport (Territoires du Nord-Ouest) en mars 2019, ce qui constitue un record absolu à la station (précédent record : +12,7°C en janvier 1981) et la plus forte anomalie positive pour un mois de mars à l’échelle nationale (précédent record : +11,3°C en mars 1958 à Mistassisi Post [Québec]) !

Au Canada, l’aéroport international de Calgary (Alberta) a connu son mois de février le plus froid depuis 1936 avec une température moyenne mensuelle de -18,2°C, battant février 1979 (-16,8°C). Depuis le début des mesures en 1885 (et avec les réserves d’usage concernant la fiabilité des données avant 1945), il s’agit du 4e mois de février le plus froid à Calgary derrière février 1904 (-18,4°C), février 1887 (-20,1°C) et février 1936 (-24,5°C).
Légèrement plus au nord, l’aéroport international d’Edmonton (Alberta) a connu son 2e mois de février le plus froid depuis le début des mesures en 1961 avec une température moyenne mensuelle de -22,5°C, seulement devancé par février 1979 (-22,9°C).
Des températures particulièrement basses ont été enregistrées durant la première décade du mois de février 2019 dans le sud et le centre du Saskatchewan : on a relevé notamment jusqu’à -46,5°C le 8 février à Coronach (756 m), soit la plus basse température jamais enregistrée à la station depuis 1971, ou encore -42,5°C le 6 février à Saskatoon SRC qui enregistre ainsi un nouveau record mensuel de froid (précédent record : -41,1°C le 06/02/1976).

Une nouvelle vague de froid est intervenue au début du mois de mars 2019, avec à la clé un nouveau record mensuel de froid pour l’État du Montana : la température est descendue jusqu’à -43,3°C le 4 mars à Elk Park, battant le précédent record de -42,8°C enregistré le 12/03/1897 à Glasgow Number 2 et en mars 1906 à Fort Logan. Des températures glaciales ont été observées les 2, 3 et 4 mars dans le centre nord et le sud-ouest du Montana, en particulier dans la région de Great Falls, avec des températures ressenties proches de -50 (notamment à Malta et à Jordan le 2 mars).
La température est descendue à -39,4°C le 4 mars à Logan Landfill et surtout à l’aéroport international de Bozeman Yellowstone (Gallatin Field Airport) qui pulvérise son précédent record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1892 (-32,8°C le 10/03/1932), tout en le battant consécutivement à deux autres reprises (-35,6°C le 3 mars et -36,1°C le 5 mars) !
D’autres stations ont battu ou égalé leur record mensuel de froid, comme Lewistown Airport avec -36,7°C le 3 mars qui pulvérise son précédent record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1896 (-33,3°C à plusieurs reprises), ou encore Great Falls Airport avec -35,6°C le même jour, égalant le record mensuel de froid officiel depuis le début des mesures en 1886 (-35,6°C le 10/03/1932 ; record mensuel non officiel : -39,4°C le 03/03/1891).

Le froid a perduré sur le nord du Canada au mois d’avril et ce jusqu’au début de ce mois de mai 2019 : le froid s’est attardé notamment sur le Québec. On relevait encore -31,1°C le 8 avril à l’aéroport de Schefferville, -20,3°C le même jour à Sept-Îles [-22,2°C à l’aéroport de Sept-Îles] (les -20°C les plus tardifs toutes stations confondues à Sept-Îles depuis 1945) et -22,6°C le 1er mai à l’aéroport Radisson La Grande Rivière, la station pulvérisant à cette occasion son record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1977 (-14,4°C le 01/05/2003) !
Enfin, à Montréal les températures moyennes mensuelles sont restées inférieures aux normales mensuelles 1981-2010 durant 7 mois consécutifs (d’octobre 2018 à avril 2019 ; seul le mois de décembre a égalé la normale mensuelle) ; la température n’a atteint les 20°C à Montréal qu’à partir du 5 mai, une première aussi tardivement depuis 1989.




Des températures anormalement basses associées à des précipitations excédentaires


Les précipitations hivernales ont été particulièrement abondantes dans l’Upper Midwest (au 5e rang depuis 1895 sur la période janvier-avril, mais au 1er rang sur la période janvier-février), en particulier en raison d’un mois de février 2019 particulièrement humide. Eau Claire (dans le Wisconsin) a notamment enregistré en février 2019 son mois le plus neigeux tous mois confondus avec un cumul de 136,4 cm.
Les précipitations hivernales ont également été excédentaires plus à l’ouest, en particulier dans le Montana où il est tombé 464,8 mm en février 2019 à Black Bear, ce qui constitue un record mensuel pour l’État du Montana (précédent record : 438,2 mm à Poorman Creek en février 1979) !
Les précipitations se sont produites le plus souvent sous forme neigeuse, notamment à Great Falls (cumul mensuel de 82 cm, jusqu’à 107 cm au sud de la ville) et à Bozeman (mois de février le plus neigeux à l’aéroport international de Bozeman Yellowstone).

Bref, un mois de février particulièrement humide dans le Montana mais aussi à l’échelle nationale (au 2e rang depuis 1895), qui ponctue l’hiver météorologique le plus humide depuis le début des mesures à l’échelle des États-Unis contigus avec un cumul moyen national de 228,9 mm (soit un excédent de +33% par rapport à la moyenne), juste devant l’hiver 1997-1998 avec 228,3 mm.

Notons par ailleurs que les États-Unis ont enregistré la plus forte pluviométrie à l’échelle des 48 États contigus sur une période glissante de 12 mois, de mai 2018 à avril 2019 : le cumul moyen national s’élève à 919,5 mm (précédent record : 908,8 mm d’avril 2015 à mars 2016).
Ce record s’inscrit dans une tendance à la hausse de la pluviométrie dans le pays à l’échelle annuelle depuis 1895. Selon l’US National Assessment, les précipitations annuelles ont augmenté de 4% sur la période 1901-2015 à l’échelle nationale (Alaska et Hawaï compris).

On notera enfin que les précipitations ont également été excédentaires sur les 4 premiers mois de l’année 2019 dans tout l’ouest des États-Unis, en particulier en février (qui se classe au 3e rang des mois de février les plus humides depuis 1895), avec notamment d’importantes chutes de neige au début du mois sur la Sierra Nevada : il est tombé (non officiellement) jusqu’à 183 cm (72 inches) de neige fraîche en 24h à la station de ski de June Mountain le 2-3 février 2019 (9h-9h AM), le record officiel pour l’État de Californie étant de 170 cm (67 inches) le 05/01/1982 à Echo Summit (au sud du lac Tahoe).









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* Une des plus fortes anomalies thermiques positives observées à l’échelle mensuelle dans le monde. Le record est vraisemblablement détenu par la station russe Ostrov Vize avec une anomalie de +14,8°C en janvier 2016 par rapport à la moyenne mensuelle calculée depuis 1945, mais qui s’élève à +17,3°C par rapport à la normale mensuelle calculée sur la période 1961-1990 !

mardi 19 février 2019

Chaleur au Chili : acte III

Plusieurs vagues de chaleur d’intensité remarquable ont touché le Chili depuis le début de l’été austral 2019. Un nouvel épisode chaud mais de courte durée est intervenu les 14 et 15 février dans le centre-sud du pays. Les températures ont dépassé une nouvelle fois les 40°C localement (de la région de Valparaíso au nord à celle de l’Araucanie plus au sud), avant de chuter le 16 février (parfois de plus de 20°C en moins de 24h).

La température est montée jusqu’à 42,4°C le 15 février à Traiguén (station du réseau secondaire, Región de la Araucanía) : il s’agit d’un nouveau record mensuel national de chaleur (précédent record : 41,6°C le 3 février 2019 à Renaico et 41,6°C le 9 février 1944 à Los Ángeles) et un record absolu de chaleur pour la région de l’Araucanie (précédent record enregistré seulement quelques jours plus tôt : 41,6°C le 3 février 2019 à Renaico) !


Au sein du réseau principal et national des stations météorologiques, la température est montée jusqu’à 41,1°C le 15 février à l’aéroport de Temuco (Araucanie), qui améliore aussi à cette occasion son record absolu de chaleur récemment enregistré (40,7°C le 3 février 2019 ; le précédent record depuis 1913 était de 38,6°C le 9 février 2005, sachant que le supposé record de 42,0°C du 11 février 1953 n’est clairement pas fiable).

Des températures anormalement élevées ont également été relevées dans le centre de la Patagonie argentine, notamment dans la province de Chubut : 35,6°C le 15 février à Esquel (record absolu à la station depuis 1950 ; précédent record : 35,0°C le 10 février 2011), ou encore 41,0°C le 16 février à Trelew (record mensuel à la station ; précédent record : 40,4°C le 12 février 1995). La chaleur devrait persister dans le centre de la Patagonie jusqu’au 18 février, avant de se décaler vers le nord jusqu’au 21.


Pour rappel : les Tmax les plus élevées enregistrées au Chili depuis le début des mesures sont consignées dans l’inventaire mondial : www.geoclimat.org/p/records-nationaux-de-temperatures.html

 

mercredi 6 février 2019

Vague de chaleur historique en Patagonie

Après une première vague de chaleur qui a touché le centre du Chili du 24 au 27 janvier 2019, au cours de laquelle 3 provinces et plusieurs stations du pays ont enregistré un record absolu, une seconde vague de chaleur (amplifiée par effet de foehn) s’est abattue sur le sud du Chili à partir du 2 février et s’est étendue rapidement les jours suivants à l’ensemble de la Patagonie (chilienne et argentine).

Des records de chaleur tous mois confondus ont été battus dans de nombreuses stations (parfois de plusieurs degrés), y compris à l’échelle de 5 nouvelles régions situées dans le sud du Chili. La température est montée jusqu’à 41,6°C le 3 février à Renaico (Región de la Araucanía), égalant le record mensuel national de chaleur (41,6°C le 9/02/1944 à Los Ángeles). [NB. – Bulnes (Región del Bio-Bío) a relevé jusqu’à 44,6°C le 2 et 43,6°C le 3, mais la station est vraisemblablement surexposée.]

Par ailleurs, des températures exceptionnelles ont été observées dans l’extrême sud du pays : il n’avait jamais fait aussi chaud à des latitudes aussi élevées dans l’hémisphère sud (et aussi près du continent antarctique) depuis le début des mesures !
> Toutes les données à retenir sont indiquées plus bas.


En Patagonie argentine, les températures ont atteint des valeurs extrêmes, notamment dans la province de Santa Cruz : on a relevé jusqu’à 38,2°C le 4 février à Perito Moreno, qui pulvérise de 3,2°C son précédent record absolu (35,0°C le 21/01/2013) ! On a relevé 38,0°C le même jour à Gobernador Gregores (tout près de son record absolu [38,5°C]) et 37,0°C à Puerto Santa Cruz qui enregistre un nouveau record de chaleur tous mois confondus.
Avec une Tmax de 35,8°C le 5 février, l’aéroport de Río Gallegos (51°37’S) a enregistré également sa plus haute température depuis le début des mesures (précédent record : 35,0°C le 30/01/1975). Plus au sud, dans la province de Terre de Feu, la température a atteint 30,8°C le 4 à l’aéroport de Río Grande par 53°48' de latitude S (précédent record : 28,6°C le 06/02/1962) : il s’agit la plus haute température jamais enregistrée dans la province argentine de Terre de Feu ; c’est également la première fois que la température atteint et dépasse 30°C à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud !
Enfin, avec une Tmax de 28,7°C le 5, l’aéroport de Punta Arenas (53°00’S) a enregistré un record de chaleur tous mois confondus depuis le début des mesures en 1964 (précédent record : 26,8°C les 8/02/2004 et 1/01/1978). Dans les 3 autres stations (plus récentes) de la ville, la température n’a pas dépassé 28,4/28,5°C, si bien que le record officiel pour Punta Arenas (enregistré dans une station plus ancienne) est toujours de 29,0°C et remonte à janvier 1945 [la température aurait même atteint 29,9°C en 1900 et 30,0°C en 1901, mais ces données ne sont pas fiables].

La chaleur s’est décalée vers l’est le 5 février jusqu’à atteindre de façon plus modérée l’archipel des Malouines : la température est montée jusqu’à 21,7°C le 5 à Sea Lion Island, où la température n’avait jamais dépassé les 20°C. L’aéroport de Mount Pleasant a relevé le même jour une Tmax de 26,8°C, à 0,1°C du record mensuel de chaleur pour la station et l’archipel des Malouines (26,9°C le 2/02/2018).

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Tmax les plus élevées et records absolus* enregistrés du 2 au 5 février 2019 au Chili (du nord au sud) :

– Región del Bio-Bío :
  • 44,6°C le 2 à Bulnes (43,6°C le 3) [données non fiables] ;
  • 41,3°C le 2 à Chillán-Quinchamalí ;
  • 41,3°C le 3 à Los Ángeles (40,9°C le 2) ;
  • 40,8°C le 2 à Negrete (40,7°C le 3) ;
  • 40,5°C le 2 à Los Colihues ;
  • 40,1°C le 3 à Las Viñas ;
  • 40,0°C le 2 à Chillán.

– Región de la Araucanía :
  • 41,6°C* le 3 à Renaico (40,5°C le 2) = record pour la région ;
  • 40,7°C* les 2 et 3 à Traiguén ;
  • 40,7°C* le 3 à Temuco / Maquehue Airport (40,0°C le 2) [les 42,0°C relevés le 11/02/1953 sont suspects ; le précédent record absolu depuis 1913 serait plutôt de 38,6°C le 9/02/2005].

– Región de Los Ríos :
  • 39,8°C* le 3 à Mariquina = record de la région pulvérisé de près de 3°C !
  • 38,6°C* le 3 à Mafil ;
  • 38,5°C* le 3 à Valdivia / Pichoy Airport (35,8°C le 2) [précédent record depuis 1922 pulvérisé : 35,8°C le 9/02/2005 !] ;
  • 38,2°C* le 3 à La Unión Norte ;
  • 38,0°C* le 4 à Rio Bueno.

– Región de Los Lagos :
  • 37,9°C* le 4 à Río Negro (37,4°C le 3) = record pour la région ;
  • 37,3°C* le 4 à Osorno [station agrométéo] (36,2°C le 3) ;
  • 36,8°C* le 4 à Osorno Airport (36,5°C le 3) [précédent record depuis 1948 : 36,1°C le 27/01/1975] ;
  • 35,1°C* le 4 à Puerto Montt / El Tepual Airport (35,0°C le 3) [précédent record depuis 1911 : 34,7°C en janvier 1975] ;
  • 31,6°C* le 3 à Nueva Chaitén.

– Región de Aysén del General Carlos Ibáñez del Campo :
  • 37,4°C* le 3 à La Junta = record pour la région ;
  • 36,1°C* le 4 à Lord Cochrane Airport [précédent record depuis 1971 : 35,0°C le 20/01/2013] ;
  • 36,1°C* le 4 à Valle Simpson ;
  • 35,7°C* le 4 à Coyhaique (34,3°C le 3) [précédent record absolu : 35,6°C le 27/01/1975] ;
  • 35,3°C* le 3 à Puerto Aysén Airport ;
  • 35,3°C* le 4 à Balmaceda (33,9°C le 3) [précédent record : 33,4°C le 17/02/2002].

– Región de Magallanes y de la Antártica Chilena :
  • 33,7°C* le 4 à La Estancia 5 de Enero = record pour la région (réseau secondaire) [précédent record (douteux) pulvérisé de près de 4°C : 30,0°C en 1901 à Punta Arenas ; record post-1945 : 29,0°C en janvier 1945 à Punta Arenas] !
  • 32,6°C* le 4 à Cerro Castillo (51°20’S) ;
  • 32,2°C* le 4 à Porvenir / Fuentes Martínez Airport (53°25’S, station située dans le détroit de Magellan)
    = record pour la région (réseau officiel de la Direction météorologique du Chili) ; c’est aussi la première fois que les 32°C sont atteints à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud !
  • 32,2°C* le 4 à Villa Telhuelche (52°43’S) ;
  • 30,0°C* le 4 à Puerto Natales (51°66’S) (29,2°C le 3) ;
  • 30,0°C* le 4 à Kampenaike (52°61’S) ;
  • 29,7°C* le 4 à Pampa Guanaco Airport (54°05’S, Terre de Feu) = record absolu à cette latitude dans l’hémisphère sud ;
  • 25,3°C le 4 à Puerto Williams (54°93’S, Terre de Feu), tout près du record absolu (26,0°C le 22/12/1984). 

jeudi 31 janvier 2019

Vague de froid majeure en Amérique du Nord

Une masse d’air extrêmement froid s’est positionnée à partir de la mi-janvier 2019 sur le centre-nord du Canada, maintenant des températures anormalement froides durant plus d’une dizaine de jours. Les températures minimales sont descendues en dessous de -40°C dans la plupart des provinces et territoires canadiens, avec des records quotidiens de froid battus dans de nombreuses stations (notamment dans l’Ontario et au Québec).
La température est descendue jusqu’à -48,8°C le 25 janvier à l’aéroport de Shepherd Bay (Nunavut), -48,0°C le 19 à Key Lake (Saskatchewan), -47,7°C le 28 à l’aéroport de Geraldton (Ontario) et -45,8°C le 20 à Bonnard (Québec). Avec le facteur éolien, les températures ressenties sont descendues localement en dessous de -50, voire -60 et jusqu’à -70 à Shepherd Bay (Nunavut) !

© NASA Earth
> Animation du 23 au 29 janvier 2019
À partir du 28 janvier, de l’air arctique s’est écoulé vers le sud en direction du Midwest américain, dans un flux de nord à nord-ouest particulièrement soutenu. Le froid a atteint une intensité localement exceptionnelle, le ressenti glacial étant aggravé par le vent. L’indice de refroidissement éolien* (ou windchill en anglais) a atteint localement des valeurs peu fréquentes [selon la formule de calcul adoptée depuis 2001] : -52,2 le 29 à Grafton et à Munich (Dakota du Nord) et jusqu’à -54,4 le 29 à Ponsford 10N et -53,9 à Flag Island (Minnesota), soit tout près du record de l’État (-57,8 le 22/01/1936 à St. Cloud). L’indice a atteint également -51,1 le 29 à Charles City (Iowa) et le 30 à Menomonie (Wisconsin), mais aussi -50,6 le 30 à Sisseton (Dakota du Sud), tout près là aussi du record pour chacun des trois États cités.
Notons aussi que le windchill a atteint -46,7 le 30 à l’aéroport international O’Hare de Chicago (Illinois), soit la 5e plus basse valeur à la station depuis 1929 et un record depuis janvier 1985 (record absolu de -51,1 le 10/01/1982).
Pour info, la valeur la plus basse jamais observée dans un lieu habité aux États-Unis est de -73,3 le 27/01/1989 à McGrath (Alaska) !


Les plus basses températures sous abri ont été relevées dans les États du Minnesota et du Dakota du Nord à la fin du mois de janvier : -43,3°C le 27 à International Falls (Minnesota) et le 30 à Lisbon (Dakota du Nord), -44,4°C le 30 à Norris Camp (Minnesota), -44,4°C le 31 à Shooks et à Chamberlain (Minnesota), -45,6°C le 31 à Kabetogama (Minnesota) [-45,0°C les 27 et 28], et jusqu’à -48,9°C** les 27 et 31 à Cotton 3SE (Minnesota).
De nombreuses stations ont enregistré des records quotidiens de froid, mais seulement quelques-unes d’entre elles ont battu ou égalé leur record absolu :
  • Moline / Quad City Airport (Illinois) avec -33,9°C le 30 et surtout -36,1°C le 31, qui pulvérise son record absolu de froid depuis 1874 (-33,3°C le 03/02/1996) !
  • Rockford (Illinois) avec -35,0°C le 31, qui pulvérise également son record absolu de froid depuis 1905 (-32,8°C le 10/01/1982) !
  • Cedar Rapids / Municipal Airport (Iowa) avec -34,4°C le 31 (précédent record depuis 1953 : -33,9°C le 15/01/2009) [le record absolu pour la ville de Cedar Rapids étant toujours de -36,1°C en janvier 2009] ;
  • Mather (Wisconsin) avec -41,7°C le 30, qui égale le record du 30/01/1951 (début des mesures en 1903).

Le fait le plus marquant est probablement les températures minimales atteintes dans l’État d’Illinois : on a relevé jusqu’à -37,8°C le 31 à Morrison et -38,9°C le même jour à Mount Carroll, ce qui constitue officiellement un nouveau record de froid pour l’Illinois*** (précédent record : -37,8°C le 05/01/1999 à Congerville).
Notons enfin qu’à l’aéroport international de Chicago (la plus grande ville de l’Illinois et de la région du Midwest) la température est descendue jusqu’à -30,6°C le 30 janvier, soit la plus basse température relevée à la station depuis le record absolu du 20/01/1985 (-32,8°C). Au moins froid de la journée, la température a atteint -23,3°C, soit la 3e plus basse température maximale depuis 1929, à égalité avec celle du 25/01/1897, derrière le record de -23,9°C enregistré les 18/01/1994 et 24/12/1983.
Ces conditions hivernales à Chicago ont également été accentuées par des chutes de neige durant 13 jours consécutifs du 17 au 29 janvier (pour un cumul de 37,3 cm), ce qui n’est arrivé que 5 fois depuis 1884 ; il fallait remonter à l’hiver 1978-1978 (du 26/11 au 8/12/1978) pour trouver un événement similaire, le record absolu étant de 18 jours (du 9 au 23/02/1960).

Image satellite de Chicago sous la neige faisant face au lac Michigan gelé le 31 janvier 2019
(Image prise par le satellite Sentinel-2, traitée par Pierre Markuse)

Le nord des États-Unis (où la vague de froid a fait au moins 21 morts) devrait connaître d’importants écarts de température au cours des jours à venir : une remontée spectaculaire des températures en début de semaine prochaine, avant le retour du grand froid par le nord-ouest (cf. le modèle de prévision Arpège : https://twitter.com/Meteovilles/status/1090879024908374022).

Basculement attendu en 4 jours (entre le 31 janvier et le 4 février 2019) d’une anomalie négative de -15 à -25°C
à une anomalie positive de +10 à +15°C sur le Midwest américain.

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* Cet indice représente la sensation du froid sur la peau, il ne s’agit donc pas d’une température réelle. Il s’exprime donc sans unité.
Station de Cotton 3SE (Minnesota).
Température minimale relevée
le 27 janvier 2019.
© Duluth National Weather Service
** Valeur convertie en °C à partir de la valeur initiale exprimée en °F et arrondie à l’unité (-56°F). Cette valeur a été confirmée par un météorologue du NWS/Duluth Office dépêché sur place pour vérifier le bon fonctionnement de l’équipement de mesure.
Précisons que la température minimale réellement mesurée par le thermomètre digital a atteint -56.4°F (soit -49,1°C) le 27 janvier et -55.9°F (soit -48,8°C) le 31 janvier 2019. Il s’agit de la plus basse température enregistrée dans l’État du Minnesota depuis les -51,1°C relevés le 02/02/1996 à 3 miles au sud de Tower. Il s’agit cependant d’un record de froid pour un 27 janvier à l’échelle de l’État (précédent record : -47,8°C le 27/01/1904 à Pokegama Dam), ainsi que pour un 31 janvier (précédent record : -48,3°C le 31/01/1996 à Embarras).
> Plus d’infos sur la vague de froid de fin janvier 2019 dans le Minnesota.
*** Cf. State Climate Extremes Committee Memorandum, 5 mars 2019.
La température est également descendue à -38,9°C le 31 janvier 2019 à Roscoe [CWOP station], même si cette valeur n’a pas été validée officiellement par le NWS. 


mercredi 30 janvier 2019

Chaleur record à Santiago et dans le centre du Chili (24-27 janvier 2019)

Deux ans tout juste après la vague de chaleur historique qui avait touché le centre du Chili en janvier 2017 et occasionné les incendies les plus destructeurs de l’histoire du pays (cf. rapport de la Direction météorologique du Chili), les régions centrales du Chili ont enregistré une nouvelle fois des températures exceptionnellement élevées du 24 au 27 janvier 2019, avec plusieurs records absolus de chaleur battus au cours de la journée du 26 janvier.

Les plus fortes températures ont été relevées dans les vallées intérieures et ont dépassé les 40°C dans plusieurs stations*. Dans la région de Valparaíso la température a atteint 41,6°C le 26 à El Maitenal, 41,7°C à San Felipe, 42,0°C à Llay-Llay et jusqu’à 42,5°C à Santa María [41,2°C le 27], soit la plus haute température jamais enregistrée dans cette région du Chili. Plus au sud, la région métropolitaine de Santiago et la région du Libertador General Bernardo O’Higgins ont également enregistré le 26 janvier un record absolu de chaleur avec respectivement 41,9°C à Huechún [41,0°C le 27] et 41,2°C à Marchigüe.


Dans l’aire métropolitaine de Santiago (la capitale nationale), la chaleur a atteint le 26 janvier des valeurs inégalées depuis plus d’une centaine d’années. On a relevé jusqu’à 39,3°C à l’aéroport international de Pudahuel (pulvérisant le précédent record depuis 1968 de 37,7°C relevé le 20 janvier 2017) et 40,1°C à Lo Pinto (dans la banlieue nord de Santiago).
L’observatoire de Santiago Quinta Normal (station de référence qui dispose de la plus longue série de mesures) a enregistré également un nouveau record absolu de chaleur avec une température maximale de 38,3°C le 26 janvier. Il y a tout juste deux ans, la température était montée jusqu’à 37,4°C le 25 janvier 2017, seulement un peu plus d’un mois après avoir battu son précédent record vieux de 100 ans (37,3°C le 14 décembre 2016 contre 37,2°C le 19 décembre 1915) !

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* Tmax ≥ 40°C enregistrées au Chili en janvier 2019 :

– Région de Valparaíso :
  • 42,5°C le 26 à Santa María [41,2°C le 27 ; 40,2°C le 28]
  • 42,0°C le 26 à Llay-Llay
  • 41,7°C le 26 à San Felipe
  • 41,6°C le 26 à El Maitenal
  • 40,6°C le 26 à Los Espinos
  • 40,2°C le 26 à Curimón

– Région métropolitaine de Santiago :
  • 41,9°C le 26 à Huechún [41,0°C le 27]
  • 40,3°C le 26 à San Pedro
  • 40,1°C le 26 à Lo Pinto

– Région du Libertador General Bernardo O’Higgins :
  • 41,2°C le 26 à Marchigüe
  • 40,9°C le 26 à Codegua
  • 40,0°C le 26 à Coltauco 

samedi 19 janvier 2019

Vague de chaleur en Australie et record absolu de chaleur nocturne

Des températures particulièrement élevées ont été enregistrées dans le centre de l’Australie au début du mois de janvier 2019, dans la continuité d’un mois de décembre 2018 déjà extrêmement chaud (le plus chaud à l’échelle nationale depuis 1910). Plusieurs stations situées dans le Territoire du Nord ont même enregistré un record absolu de chaleur, comme Alice Springs avec 45,6°C le 3 janvier qui égale son nouveau record enregistré seulement 5 jours plus tôt (le 29 décembre 2018 ; précédent record depuis 1940 : 45,2°C le 3 janvier 1960), Yulara [Uluru/Ayers Rock] avec 46,8°C le 3 janvier (précédent record : 46,4°C le 11 janvier 2013), ou encore Walungurru Airport avec 47,4°C le même jour, soit la plus haute température mesurée dans le Territoire du Nord depuis le record absolu de janvier 1960 (48,3°C les 1er et 2 janvier 1960 à Finke).

Au cours de la deuxième décade du mois de janvier 2019, la chaleur s’est étendue du nord-ouest du pays (jusqu’à 49,1°C le 13 janvier à Marble Bar [Australie-Occidentale]) à un grand quart sud-est du territoire où les plus fortes anomalies de température ont été observées (localement +10°C/normale). Selon le service météorologique national, il s’agit même de la plus importante vague de chaleur dans l’intérieur des terres de l’Est australien par son étendue et sa durée depuis janvier 1939. Du 12 au 17 janvier, l’Australie a enregistré 6 des 10 jours les plus chauds à l’échelle nationale depuis 1910, le record absolu remontant au 7 janvier 2013 (40,33°C).

Au cœur de l’été austral, la température est montée jusqu’à 49,0°C le 15 janvier à Tarcoola (Australie-Méridionale), soit un record absolu de chaleur à la station depuis le début des mesures en 1921 (précédent record : 48,9°C le 1er janvier 2014 et le 27 décembre 1949). On a également relevé 48,9°C le même jour à Port Augusta (Australie-Méridionale), soit un record absolu de chaleur à la station depuis le début des mesures en 1962 (précédent record : 48,1°C le 7 février 2009). Sous l’effet d’un puissant flux de nord excessivement chaud et canalisé entre deux cellules anticycloniques, la capitale Canberra a enregistré pour la première fois 4 jours consécutifs avec une température maximale supérieure à 40°C du 15 au 18 janvier : la température est montée jusqu’à 41,6°C le 16 janvier, établissant ainsi un nouveau record mensuel de chaleur pour la capitale australienne depuis le début des mesures en 1939 (précédent record : 41,4°C le 31 janvier 1968, égalé le 17 janvier 2019), non loin de son record absolu (42,2°C le 1er février 1968).

La chaleur a persisté la nuit, avec des températures nocturnes particulièrement élevées en Nouvelle-Galles du Sud où la température n’est pas descendue en dessous de 35,9°C à Noona et 35,6°C à Wanaaring dans la nuit du 17 au 18 janvier : il s’agit non seulement des plus hautes températures minimales jamais enregistrées en Australie depuis le début des mesures (précédent record : 35,5°C le 21 janvier 2003 à Wittenoom [Australie-Occidentale] et le 24 janvier 1982 à Arkaroola [Australie-Méridionale]), mais également dans tout l’hémisphère sud tous mois confondus, ainsi que dans le monde pour un mois de janvier !

Cumuls de neige remarquables en Autriche et sur le versant nord de l’arc alpin

Dans un flux de nord à nord-ouest particulièrement vigoureux et durablement établi, de fortes chutes de neige se sont produites durant la première quinzaine du mois de janvier 2019 sur le versant nord de l’arc alpin (parfois plus de 2 m en seulement quelques jours), des Alpes franco-suisses aux Carpates orientales (la chaîne des Tatras notamment).
Ces précipitations dites « de barrage » (c’est-à-dire par effet orographique) sur le versant nord des Alpes ont atteint une intensité remarquable sur les Alpes autrichiennes, notamment dans les régions (Land) du Tyrol, de Salzbourg, de Haute-Autriche et de Styrie où les chutes de neige cumulées sur 15 jours ont atteint localement des records, avec des durées de retour parfois supérieures à 100 ans.
À titre d’exemples, il est tombé du 1er au 15 janvier 2019 :
  • 451 cm à Hochfilzen (Tyrol) = record absolu en 15 jours depuis le début des mesures en 1971 et une durée de retour > 100 ans ;
  • 283 cm à Seefeld (Tyrol) = record absolu en 15 jours depuis 1895 et une durée de retour > 100 ans ;
  • 270 cm à Bad Mitterndorf (Styrie) = record absolu en 15 jours depuis 1971 et une durée de retour de 100 ans ;
  • 240 cm à Abtenau (Salzbourg) = record absolu en 15 jours depuis 1964 et une durée de retour > 100 ans ;
  • 168 cm à Kufstein (Tyrol) = record absolu en 15 jours depuis 1923 et une durée de retour > 100 ans.


Les risques d’avalanche sont extrêmes dans les Alpes autrichiennes, les hauteurs de neige atteignant des valeurs remarquables au-dessus de 1500 m d’altitude. On a relevé notamment 360 cm le 14 janvier (matin) à Alpinzentrum Rudolfshuette (2317 m, parc national des Hohe Tauern), 439 cm le 15 janvier (matin) à Seegrube (1921, Tyrol, station surplombant la ville d’Innsbruck), 470 cm le 14 janvier (soir) à la station de Rettenbachferner (2970 m, Tyrol) et plus de 5 m depuis le 10 janvier dans le massif Mort [Totes Gebirge] situé en limite de la Styrie et la Haute-Autriche (530 cm le 15 janvier à la station de ski de Loser-Altaussee à 1800 m d’altitude et 250 cm à 800 m [502 cm le 10 janvier à 1573 m !]).
Hauteurs de neige relevées dans la station autrichienne de Loser-Altaussee (à 800 et 1800 m d’altitude)
du 21 décembre 2018 au 19 janvier 2019.
[Source : www.skigebiete-test.de/schneehoehe/skigebiet/loser-altaussee.html#snow-history]
Comme on peut le voir aussi sur cette vidéo tournée le 16 janvier 2019 depuis un hélicoptère, le refuge de Reichenstein sur la commune d’Eisenerz, situé à 2316 m d’altitude dans les Alpes d’Ennstal (Styrie, Autriche) a quasiment disparu sous une épaisse gangue de neige :
 

Les hauteurs de neige ont atteint aussi localement des valeurs remarquables à plus basse altitude : on a relevé notamment une épaisseur de neige au sol de 190 cm le 12 janvier à Lackenhof am Ötscher (809 m, Basse-Autriche), un record depuis 1923, juste derrière le record absolu pour un mois de janvier depuis le début des mesures en 1919-1920 (210 cm en janvier 1923) !



mercredi 9 janvier 2019

L’hiver au cœur de l’été dans le sud du Chili

Avec l’arrivée d’une masse d’air polaire en plein cœur de l’été sur le sud de l’Amérique du Sud ces derniers jours, les températures ont sensiblement baissé sous les normales en Argentine et au Chili, notamment dans les régions chiliennes de Los Ríos, de l’Araucanie et de Los Lagos. Dans ces régions situées dans la partie sud du pays les températures sont descendues localement en dessous de 0°C jusqu’à très basse altitude. Selon la Direction météorologique du Chili, plusieurs stations ont même enregistré le 10 janvier leur plus basse température minimale pour un mois de janvier depuis plus de 60 ans, en particulier Valdivia (18 m, Los Ríos) avec -0,4°C, Temuco (114 m, Araucanie) avec -0,2°C, Osorno (Los Lagos) avec -0,2°C et Puerto Montt (85 m, Los Lagos) avec 0,8°C. Plus à l’intérieur des terres dans la province de Valdivia, la température est même descendue le même jour jusqu’à -1,5°C à Paillaco.


Selon le climatologue Maximiliano Herrera, la température minimale (-0,4°C) relevée le 10 janvier à Valdivia (39° de latitude S) constitue un record de froid plus remarquable encore : c’est la première fois que l’on observe une température négative au niveau de la mer en dessous de 40° de latitude au cœur de l’été, aussi bien en janvier dans l’hémisphère sud qu’en juillet dans l’hémisphère nord !

Le froid a gagné aussi les régions centrales du Chili : on a relevé le 10 janvier au petit matin seulement 9,0°C à Santiago/Quinta Normal (520 m), soit la plus basse température dans la capitale au mois de janvier depuis près de 15 ans. La veille, la température n’avait pas dépassé les 20,9°C au plus chaud de la journée dans la capitale, un record de fraîcheur diurne pour un mois de janvier depuis plus de 20 ans.

Ce froid très inhabituel au cœur de l’été austral s’est accompagné également de chutes de neige jusqu’à moyenne altitude sur les reliefs du sud de l’Amérique du Sud, notamment dans le nord de la Patagonie en Argentine comme on peut le voir sur cette vidéo tournée le 8 janvier sur les pentes du Cerro Otto sur la commune de San Carlos de Bariloche : https://twitter.com/SMN_Argentina/status/1082763699755065349