samedi 9 janvier 2021

Records nationaux de température (mensuels et absolus) en 2021

Bilan provisoire au 13 janvier 2021 des records enregistrés à l’échelle d’un territoire national (territoires indépendants et autonomes compris) ou d’un territoire d’outre-mer (ou non contigu), et autres faits marquants

Record absolu de chaleur   /   Record mensuel de chaleur   /   Record absolu de froid   /   Record mensuel de froid


Janvier
1 – MEXIQUE : 42,0°C les 1er et 2 janvier à Andrés Figueroa (record mensuel national égalé)
2 – BANGLADESH : 33,0°C le 7 janvier à Sitakunda (record mensuel national égalé)
3 – NIGERIA : 40,0°C le 7 janvier à Minna (record mensuel national égalé)
4 – JAPON : 29,7°C le 8 janvier à Minamitori-shima (record mensuel national égalé)
5 – MALTE : 25,8°C le 9 janvier à Gudja et à Luqa
6 – TUNISIE : 33,8°C le 9 janvier à Médenine [32,3°C à Tataouine]
7 – TURQUIE : 31,6°C* le 13 janvier à Abana [28,8°C le 12 janvier à Cide et 28,5°C à Abana]
      [* Tmax relevée dans la nuit = température nocturne la plus élevée en hiver au-delà de 40°N !]
8 – RUSSIE : 24,0°C le 13 janvier à Adler / Sochi International Airport
9 – GÉORGIE : 25,3°C le 13 janvier à Batoumi

NB
10 – -35,8°C le 7 janvier à Vega de Liordes / Picos de Europa (1872 m, Espagne) = record national (non officiel)
11 – -2,0°C le 9 janvier à Raknah (Émirats arabes unis) = record national de froid à basse altitude
12 – Tmin de 26,0°C le 9 janvier à Minamitori-shima (Japon) = plus haute Tmin au Japon pour un mois de janvier
13 – 20,0°C le 12 janvier à Xisha Dao (îles Parcels, Chine) = plus basse Tmax (égalée) pour les îles Parcels


vendredi 1 janvier 2021

2 tempêtes majeures dans la région subarctique des Aléoutiennes

La fin d’année 2020 a été marquée par un temps extrêmement agité dans le Pacifique nord, dans cette région située sur la trajectoire préférentielle des dépressions (on parle aussi de « rail des dépressions ») et que l’on appelle plus communément la « dépression des Aléoutiennes ». On lui prête souvent un rôle à l’échelle du temps réel en la qualifiant de « centre d’action », ce qui relève plus de l’animisme météorologique ; il s’agit en réalité d’une aire barométrique statistiquement dépressionnaire (fondée sur des moyennes de pression) qui résulte une fois encore de la dynamique aérologique.

En à peine 8 jours, deux tempêtes majeures se sont succédé dans la région subarctique des Aléoutiennes, associées à des pressions extrêmement basses et accompagnées de puissantes rafales de vent qui ont généré une très forte houle.

La première tempête a atteint l’archipel des Aléoutiennes le 27 décembre après un développement explosif : la pression est descendue jusqu’à 938 hPa le 27 décembre à 0h UTC après une chute de 60 hPa en 36 heures. La tempête a généré également des vagues de 16 à 17 m de haut.

 

Très rapidement, plusieurs modèles ont alerté sur le développement explosif en toute fin d’année d’une seconde tempête encore plus puissante, en prévoyant à 3 jours d’échéance un minimum dépressionnaire dans le sud de la mer de Béring de l’ordre de 928 hPa selon GFS, 927 hPa selon ECMWF et 925 hPa selon CMC/GEM. Au fur et à mesure que l’on s’est rapproché de l’échéance, les modèles ont revu encore à la baisse le minimum dépressionnaire attendu : 923 hPa puis même 918 hPa selon le modèle GFS.

 

Cette dépression particulièrement creuse a été générée à l’avant d’une puissante masse d’air froid en provenance de Sibérie au cœur de laquelle des pressions exceptionnellement élevées ont été observées les jours précédents (au niveau des plus fortes pressions jamais observées sur Terre), de l’ordre de 1070-1080 hPa (valeurs réduites au niveau de la mer), voire davantage localement à la faveur de fortes inversions thermiques (jusqu’à 1093,6 hPa à Tosontsengel, 1094,3 hPa à Tsetsen Uul et 1094,9 hPa à Bajdrag en Mongolie le 29 décembre et même 1096,7 hPa à Bajdrag au cours de la nuit suivante !). [> Plus de détails sur la page consacrée à cet événement.]
Au fur et à mesure que l’air froid sibérien a progressé sur le Pacifique nord-ouest tout en gagnant les basses latitudes, une puissante advection d’air plus doux et humide s’est organisée à l’avant et s’est enroulée autour d’un minimum dépressionnaire exceptionnellement bas. L’intensité et le creusement extrêmement rapide de cette dépression ont été amplifiés aussi par un puissant courant-jet, c’est-à-dire un courant d’ouest très rapide en altitude.


La NOAA a estimé que la pression au cœur de cette tempête est descendue jusqu’à 921 hPa le 31 décembre en abordant par le sud la mer de Béring, après une chute vertigineuse comme on le voit sur le graphique de la bouée 46071 située juste au sud de l’île d’Amchitka ; elle s’est maintenue à ce niveau durant au moins 6 heures d’affilée entre 12h et 18h UTC et en dessous de 924 hPa durant au moins 12 heures d’affilée entre 12h et 24h UTC, ce qui est tout à fait exceptionnel ! Il s’agit de la plus basse pression estimée au cœur d’une dépression dans cette région du monde. Le précédent record était de 924 hPa le 7 novembre 2014 (ex-typhon Nuri) et le 13 décembre 2015.
On retiendra aussi cet écart barométrique exceptionnel de 131 hPa atteint le 31 décembre à 18h UTC entre la pression maxi en Sibérie (1052 hPa) et la pression au cœur de la dépression des Aléoutiennes (921 hPa) !


À Eareckson Air Station, sur l’île Shemya (archipel des Aléoutiennes), la pression est descendue à 924,8 hPa le 31 décembre à 11h59 (AKST), après une baisse de 66,5 hPa en 24 heures ! Il s’agit de la plus basse pression jamais enregistrée dans la région par une station météo. Le précédent record officiellement reconnu était de 925 hPa le 25 octobre 1977 à bord d’un navire amarré dans le port de Dutch Harbor sur l’île d’Unalaska.

Cette tempête exceptionnelle a généré des vagues d’une hauteur supérieure à 17 mètres. La bouée 46071 a enregistré une vague de 17,71 m le 31 décembre 2020 (à 2h50 PM HAST) !