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mercredi 30 septembre 2020

Changement radical de temps en Europe de l’Ouest fin septembre 2020

En quelques jours seulement, l’Europe de l’Ouest est passée sans transition d’un temps franchement estival et anormalement chaud pour un mois de septembre à un temps anormalement froid et maussade à la fin du mois de septembre 2020. En provenance du Groenland, où la température a chuté à -48,1°C le 25 septembre au matin à la station américaine de GEO-Summit [Summit Camp] (l’une des plus basses températures mesurées au Groenland pour un mois de septembre*), de l’air particulièrement froid et humide a déboulé par le nord‑ouest sur l’Europe occidentale à partir du 25 septembre 2020, mettant fin brutalement aux conditions météorologiques estivales qui régnaient encore les jours précédents.

À titre d’illustration, la France a connu des températures extrêmement élevées du 11 au 20 septembre 2020, avec un pic de chaleur les 14 et 15 septembre et de nombreux records mensuels de chaleur (plus 230 records le 14 et plus de 70 le 15). Le pays est passé en 13 jours seulement de son après-midi de septembre le plus chaud jamais observé depuis 1947 avec un indicateur national de température maximale de 33,4°C le 14 septembre (soit +10,6°C par rapport à la normale quotidienne 1981-2010, devant les 32,6°C du 04/09/1949) à son 3e après-midi de septembre le plus froid avec un indicateur national de température maximale de 14,3°C le 27 septembre (soit -6,6°C par rapport à la normale), derrière les 14,0°C du 30/09/1974 et 14,2°C du 27/09/2007 ! Plusieurs stations ont d’ailleurs enregistré à quelques jours d’intervalle à la fois leur plus haute et leur plus basse températures maximales pour un mois de septembre. Parmi les stations les plus anciennes, ce fut le cas notamment de Nancy-Essey (début des mesures en 1927) avec seulement 9,5°C le 26 septembre au plus chaud de la journée (contre 9,6°C le 23/09/1931), 11 jours seulement après avoir établi un nouveau record mensuel de chaleur le 15 septembre avec 34,4°C (contre 33,7°C le 19/09/1947) ; mais également de Bourges (mesures depuis 1945) avec seulement 11,1°C le 27 septembre au plus chaud de la journée (contre 11,7°C le 22/09/1996), 13 jours seulement après un nouveau record mensuel de chaleur établi le 14 septembre avec 35,7°C (contre 35,1°C le 16/09/1961).

© MétéoSuisse

Même constat en Suisse où la chute des températures a été également particulièrement brutale dans tout le pays à partir du 25 septembre, comme on peut le voir sur le tableau ci-contre des anomalies de température à l’échelle journalière calculées par Météo Suisse pour plusieurs stations dans différentes régions. En une dizaine de jours seulement, le pays est passé de températures anormalement élevées — notamment en montagne — (+6 à +9°C au-dessus de la normale) les 14 et 15 septembre avec un isotherme 0°C situé vers 4760 m le 14 et un géopotentiel 500 hPa** à 5945 m (2e valeur la plus élevée mesurée en Suisse pour un mois de septembre depuis 1954, derrière les 5964,5 m du 13 septembre 2019 !), à des températures anormalement basses à partir du 25 septembre (-6 à -9°C en dessous de la normale, jusqu’à -10,6°C le 26 au Jungfraujoch [3580 m]).

Une fraîcheur remarquable dans toute l’Europe de l’Ouest, localement exceptionnelle

Après une 2e décade de septembre la plus chaude depuis au moins 1947, les températures sont passées très nettement sous les normales en France à partir du 25 septembre. Plusieurs stations disposant d’une série de mesures de plus de 50 ans ont enregistré dès le 26 septembre leur plus basse température maximale pour un mois de septembre, comme Cognac avec 13,5°C (précédent record depuis 1945 : 13,6°C le 29/09/1988), Phalsbourg avec 7,6°C (précédent record depuis 1946 : 8,5°C le 28/09/1993), Pauillac avec 12,3°C (précédent record depuis 1962 : 13,0°C le 22/09/1979), ou encore Nancy-Ochey avec 8,4°C (précédent record depuis 1966 : 9,0°C le 29/09/1974).
À l’échelle nationale, l’après-midi du 27 septembre se place au 3e rang des après-midi les plus froids en France pour un mois de septembre avec une température moyenne de 14,3°C, derrière les 14,0°C du 30/09/1974 et 14,2°C du 27/09/2007. De nombreuses autres stations ont également enregistré ce jour-là leur plus basse température maximale pour un mois de septembre ; parmi les stations disposant de longues séries de mesures, on peut retenir les suivantes :

  • Bastia : 15,7°C (précédent record depuis 1945 : 16,6°C le 29/09/1955) ;
  • Bourges : 11,1°C (précédent record depuis 1945 : 11,7°C le 22/09/1996) ;
  • Gourdon : 10,1°C (précédent record depuis 1961 : 10,9°C le 02/09/1965) ;
  • Mâcon : 9,9°C (précédent record depuis 1943 : 10,5°C le 23/09/1931) ;
  • Dijon : 9,7°C (précédent record depuis 1921 : 9,8°C le 22/09/1931) ;
  • Lyon St-Exupéry : 9,7°C (précédent record depuis 1975 : 10,0°C le 27/09/2007) ;
  • Limoges-Bellegarde : 8,9°C (précédent record depuis 1973 : 9,5°C le 24/09/2002) ;
  • Grenoble-St-Geoirs : 8,8°C (précédent record depuis 1941 : 9,4°C le 23/09/1979) ;
  • Ambérieu : 8,8°C (précédent record depuis 1941 : 9,7°C le 30/09/1988) ;
  • Lons-le-Saunier : 8,6°C (précédent record depuis 1972 : 9,8°C le 24/09/2002).

À noter également que la température n’a pas excédé 10,3°C le 27 septembre au plus chaud de la journée à Lyon‑Bron, soit la 2e plus basse température maximale pour un mois de septembre depuis le début des relevés à la station en 1920, derrière les 9,6°C du 28/09/1939 ! Il en est de même à Besançon avec seulement 8,7°C dans l’après-midi du 27 septembre, soit la plus basse température maximale pour un mois de septembre depuis 1902 (8,6°C le 29/09/1902), juste derrière le record de 7,6°C remontant au 28/09/1885 ! Une fraîcheur inhabituelle régnait encore dans le sud de la France le 29 septembre avec seulement 6,3°C au matin à l’aéroport de Béziers-Vias (record mensuel de froid depuis 1994) et 4,0°C à Béziers-Courtade (plus basse température à la station en septembre depuis les 3,9°C du 21/09/1977).

Plusieurs stations ont également enregistré un nouveau record mensuel de froid le 27 septembre, comme Barcelonnette avec une température minimale de -5,4°C (précédent record depuis 1927 : -4,3°C le 20/09/2017), Tignes avec -7,6°C (contre -6,3°C le 18/09/2001), Porquerolles avec 9,7°C (contre 10,0°C le 21/09/1977), ou encore l’île du Levant avec 9,9°C (contre 10,6°C le 29/09/1974).

La chute des températures a également été brutale dans la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest. En Italie, la température n’était que de 7°C le 25 septembre à midi à Varèse (localité située à moins de 400 m d’altitude dans le nord de la Lombardie), où une telle valeur à la mi-journée n’avait pas été observée en septembre depuis 1936. Autre exemple, la température n’a pas dépassée 12,2°C le 27 septembre à Grosseto (dans le sud de la Toscane), soit plus de 2°C en dessous de la plus basse température maximale jamais enregistrée en septembre dans cette station située à 5 m d’altitude au bord de la mer Tyrrhénienne. En montagne, la température est descendue à -22,0°C*** le 26 septembre au matin à la Capanna Regina Margherita (4560 m), ce qui constitue la plus basse température jamais enregistrée en Italie et dans toute l’Europe continentale pour un mois de septembre ; il s’agit néanmoins d’une station assez récente et située à très haute altitude, ce qui rend ce record finalement peu significatif sur le plan climatique, ni représentatif d’un pays ou même d’un continent. Toutefois, signalons que la station de Pian Rosa située à 3480 m d’altitude et disposant d’une plus longue série de données a enregistré sa plus basse température maximale pour un mois de septembre avec -14,2°C le 26 au plus « chaud » de la journée [-13,0°C sur 24h], battant de presque 3°C son précédent record.

En suisse, les températures moyennes journalières ont atteint des valeurs particulièrement basses et rarement observées à cette époque de l’année. La station de Nyon / Changins, par exemple, a mesuré sa plus basse température maximale pour un mois de septembre depuis le début des mesures en 1965 avec seulement 8,1°C le 27 septembre au plus chaud de la journée, juste 10 jours après avoir connu sa première nuit tropicale en septembre (température minimale de 20,1°C le 17 septembre).
Des températures particulièrement basses pour une fin septembre ont été relevées en montagne : jusqu’à -15,9°C le 26 septembre à la station du Jungfraujoch (3580 m) qui enregistre à cette occasion la 5e valeur la plus basse en septembre depuis 1959 et la plus basse depuis le 30/09/1974 (-16,6°C).

L’arrivée de cet air froid par le nord-ouest s’est également traduit par une chute des températures du 24 au 27 septembre dans les îles Britanniques (jusqu’à -5,0°C le 24 à Altnaharra en Écosse), notamment en Irlande du Nord où un nouveau record mensuel national de froid a été enregistré le 27 septembre avec -3,7°C à Katesbridge (précédent record : -3,6°C le 29/09/2018 à Katesbridge) !
Même constat en Irlande (Eire) où la température est descendue jusqu’à -2,1°C le 26 septembre à Markree Castle (à plus de 1°C encore du record mensuel national de froid : -3,5°C le 08/09/1972 à Offaly) et certaines stations ont enregistré leur plus basse température minimale pour un mois de septembre : c’est le cas notamment à Mullingar avec -1,7°C le 27 septembre (précédent record mensuel de froid depuis 1944 : -0,1°C le 18/09/1952), ou encore à l’aéroport de Casement avec -0,7°C le même jour (précédent record mensuel de froid depuis 1958 : -0,3°C le 08/09/1972).

Des chutes de neige abondantes et exceptionnellement précoces en montagne

Cet important afflux d’air polaire a engendré au contact des principaux reliefs des chutes de neige exceptionnelles par leur précocité et leur abondance surtout en moyenne montagne, généralement au-dessus de 1300 m d’altitude, mais également à plus basse altitude localement. Les chutes de neige les plus abondantes en France se sont produites sur les Pyrénées et les Alpes du Nord, mais il a également neigé quelques centimètres sur les plus hauts sommets des Vosges et du Jura, dans le Massif Central (au-dessus de 1300 m), y compris sur le relief corse le 27 septembre à partir de 1400 m d’altitude. Pour la première fois en septembre depuis les années 1930, il a même légèrement neigé le 27 septembre sur le Bruncu Spina (1830 m), un des deux sommets principaux du massif de Gennargentu dans la partie centre-orientale de la Sardaigne !
Dans les Pyrénées, il est tombé 30 à plus de 40 cm au-dessus de 2000 m d’altitude les 25-26 septembre, au moins 30 cm à 1800 m et une quinzaine de cm à 1500 m. Il s’agit des chutes de neige les plus abondantes dans les Pyrénées pour un mois de septembre depuis plusieurs décennies et avant la mi-octobre depuis 1998.

Neige à Chamrousse (Savoie) le 26/09/2020.
© Photos de Jérôme Narcy pour meteo-chamrousse.com
Dans les Alpes du Nord, des hauteurs de neige exceptionnelles pour un mois de septembre ont été mesurées dans plusieurs stations, comme à la station des Aiguilles Rouges (2365 m, Haute-Savoie) avec 39 cm le 26 septembre (record depuis l’ouverture de la station en 1983) ou de Rochilles (2450 m, Savoie) avec 34 cm le même jour (record depuis l’ouverture de la station en 1983 également). On a également relevé jusqu’à 73 cm à La Plagne (2120 m, Savoie), 41 cm à Bonneval (2720 m, Savoie), 33 cm à l’Alpe-d’Huez (1860 m, Isère), 29 cm à Chamrousse (1730 m, Isère), 26 cm au col des Saisies (1660 m, Haute-Savoie), 11 cm au Pleynet (1515 m, Haute-Savoie) et 10 cm au col de Porte (1325 m, dans le massif de la Chartreuse) où ce n’est que la 3e fois depuis le début des mesures en 1960 que l’on relève de la neige au sol en septembre (le record à la station nivologique étant de 15 cm le 26/09/1974).
Au col du Glandon (~1900 m, Savoie) où il n’y avait pas eu autant de neige en septembre depuis 1974, 7000 moutons et leur berger sont restés bloqués par 50 cm de neige du 25 au 27 septembre, ce qui a nécessité une opération de secours et d’acheminement par hélicoptère de nourriture pour le troupeau.

© SLF
Dans les Alpes suisses, la limite des chutes de neige s’est abaissée jusque vers 1000 m, voire plus bas encore localement par isothermie, jusque vers 700 m dans le nord des Grisons notamment. Du 25 au 27 septembre, il est tombé entre 40 et 60 cm de neige fraîche dans les Alpes glaronaises, le nord des Grisons et dans la partie occidentale du versant nord des Alpes suisses. On a relevé jusqu’à 63 cm de neige fraîche à Val Miez (2191 m) le 26 septembre (9h), 61 cm à Ortstock Matt (1824 m) le même jour à 10h du matin, 61 cm à Chüebodensee (2058 m) le 27 septembre (0h) et 58 cm à Gruppen (1632 m) le même jour à 0h30. Dans le Valais notamment, l’enneigement en moyenne montagne (en dessous de 1850 m d’altitude) n’avait pas été aussi important au mois de septembre depuis 1931 ! À Montana (Valais), l’épaisseur de neige fraîche le 26 septembre au matin a atteint 25 cm, battant ainsi les précédents records pour un mois de septembre de 22 cm le 25/09/1974 et 15 cm le 28/09/1936.

Dans les Alpes autrichiennes, la neige a même fait son apparition dans certaines vallées à partir de 550 m d’altitude avec 2 cm de neige fraîche relevés le 26 septembre à Bischofshofen, ce qui est particulièrement rare à cette altitude pour cette époque de l’année. Selon le ZAMG, il n’a été mesuré de la neige en dessous de 600 m d’altitude qu’à 3 autres reprises en septembre depuis le début des observations dans le pays : 6 cm le 23/09/1931 à Kufstein, 5 cm le 22/09/1979 à Feldkirch et 5 cm le 22/09/1979 à Bürs.

La neige a fait également son apparition dans les Alpes italiennes, mais également en Slovénie où l’on a relevé jusqu’à 60 cm de neige au sol le 28 septembre (dès 20h) à Kredarica (2514 m) : une telle hauteur de neige n’a été atteinte à la station slovène qu’à 4 autres reprises en septembre depuis le début des mesures en 1954, en 2017 (80 cm), 2002 (65 cm), 1989 (75 cm) et 1988 (95 cm).

Si un certain nombre d’épisodes de neige précoce se sont déjà produits par le passé au mois de septembre (dont le plus récent du 14 au 21 septembre 2017), il faut remonter à septembre 1974 pour trouver des chutes de neige aussi abondantes et à une altitude moyenne aussi basse dans les Alpes du Nord, associées à des conditions synoptiques comparables qui avaient également provoqué du 23 au 26 septembre 1974 un changement radical du temps. En Suisse par exemple, on avait relevé 102 cm de neige au sol le 25 septembre 1974 à La Chaux-de-Fonds, 147 cm à Montana et jusqu’à 207 cm à Leysin ! Cette arrivée précoce de l’hiver en 1974 avait d’ailleurs été suivie par le mois d’octobre le plus froid en Suisse depuis le début des mesures en 1864, à égalité avec octobre 1905…

___________
* La plus basse température pour un mois de septembre au Groenland est de -55,5°C et a été enregistrée par la station automatique de Barber (3170 m) le 22 septembre 1994.
** C’est-à-dire l’altitude à laquelle la pression atteint 500 hPa.
*** La valeur horaire relevée à 7h du matin était de -21,9°C ; la température est finalement descendue à -22,0°C le 26 septembre à la Capanna Margherita (et n’a pas excédé -16,6°C au cours de la journée), et probablement plus bas encore au col Major (4760 m) dont la station météo ne fonctionne plus malheureusement depuis le printemps dernier.


samedi 7 mars 2020

Fort contraste pluviométrique en Europe, péjoration pluviométrique au Maghreb

Le mois de février 2020 a ponctué un hiver météorologique 2019-2020 historiquement doux en Europe (notamment en France), marqué aussi par des précipitations fortement excédentaires sur une large moitié nord (en particulier au Royaume-Uni en février) et un déficit pluviométrique remarquable dans le sud de l’Europe, qui a pris un caractère extrême en Espagne et au Maghreb en février.



Le mois de février 2020 a été caractérisé par des anomalies de pression, montrant un fort dipôle entre de basses pressions particulièrement marquées sur le nord de l’Atlantique et de l’Europe (anomalies atteignant -15 à -20 hPa sur le mois) et de hautes pressions particulièrement élevées de l’Atlantique subtropical (Açores) jusqu’à la Méditerranée (anomalies supérieures à +5 hPa). Cette configuration atmosphérique, typique d’une oscillation nord-atlantique en phase positive (corrélée à une phase positive de l’oscillation arctique à plus grande échelle), s’est traduite par des vents d’ouest/sud-ouest persistants et plus forts que la normale sur l’Europe (et d’un courant-jet d’altitude plus fort également) et le passage d’une multitude de perturbations atlantiques à une cadence soutenue (11 épisodes tempétueux sur la France entre début février et début mars !).

Le Royaume-Uni a enregistré son mois de février le plus pluvieux depuis 1862 avec un cumul moyen national de 209,1 mm, battant ainsi le précédent record de février 1990 (193,4 mm). Les anomalies pluviométriques ont atteint plus de 400 % dans le centre du Royaume-Uni ! Même constat en Irlande où les cumuls pluviométriques ont été 1,5 à 3,3 fois supérieurs à la normale mensuelle, la plupart des stations synoptiques (principalement dans la moitié nord du pays) ayant enregistré leur mois de février le plus pluvieux (comme à Malin Head depuis le début des mesures en 1850).
En raison de la persistance sur l’Europe de l’Ouest d’un flux océanique doux et très perturbé durant tout l’hiver et en février en particulier, l’indice d’humidité des sols au début du mois de mars témoigne de sols saturés sur de nombreuses régions françaises, en dehors du Sud-Est davantage protégé par les hautes pressions.

Plus au sud, le contraste pluviométrique est saisissant : la persistance de hautes pressions sur l’Espagne et le Maghreb durant l’hiver a entraîné un déficit pluviométrique significatif qui s’est fortement aggravé en février. Si le Portugal et l’Espagne ont connu leur mois de février le plus chaud depuis le début des mesures, le déficit pluviométrique a également atteint un niveau tout à fait exceptionnel dans la péninsule Ibérique (mois de février le plus sec en Espagne et 5e mois de février le plus sec au Portugal depuis plus de 80 ans).

Le déficit pluviométrique observé sur tout le pourtour de la Méditerranée occidentale a revêtu un caractère extrême dans tout le Maghreb au mois de février. Après une année 2019 déjà anormalement déficitaire, le Maroc a connu un hiver 2019-2020 particulièrement sec : il n’est tombé notamment qu’un peu plus de 140 mm à Tanger (dans l’extrême nord du pays, généralement plus arrosé que le reste du pays), soit près de 40 % seulement de la moyenne saisonnière.
En février, il n’a quasiment pas plu une goutte sur tout le Maghreb (≤ 1 mm à Rabat, Casablanca, Marrakech, Oran, Alger, Constantine, Tunis…). Même à Tanger, il n’est tombé que 3,7 mm en février, soit moins de 4 % de la moyenne mensuelle. À Ceuta (enclave espagnole sur la côte nord de l’Afrique, dans le détroit de Gibraltar), le cumul mensuel ne s’élève qu’à 0,4 mm, une situation qui tranche radicalement avec le mois de février 2010 exceptionnellement pluvieux (347,6 mm). Plus à l’est sur la côte méditerranéenne du Maghreb, il n’a pas plu une goutte à Mellila (enclave espagnole), un record en février depuis le début des mesures en 1948. Cette sécheresse suscite une grande inquiétude dans les pays du Maghreb, en particulier au Maroc fortement dépendant de son secteur agricole : même si l’irrégularité des pluies constitue une caractéristique structurelle du climat marocain, le déficit pluviométrique observé depuis plusieurs mois dans le pays affecte dangereusement ses ressources en eau, comme l’indique le niveau anormalement bas de ses barrages.

vendredi 6 mars 2020

Nouvelle poussée de fièvre au cours du dernier trimestre (déc. 2019 à fév. 2020)

Le constat est sans appel : le dernier trimestre (déc-jan-fév) 2019-2020 a été le 2e plus chaud à l’échelle mondiale, mais le plus chaud en Russie et en Europe (notamment en France, en Finlande ou encore en Pologne).


Selon le programme européen Copernicus, l’anomalie thermique à l’échelle globale atteint +0,77°C et place ce trimestre au 2e rang des plus chauds derrière celui de 2015-2016. Le mois de février 2020 en particulier a été anormalement chaud, comme le montrent les données satellitaires UAH : l’anomalie de la température dans la basse troposphère atteint +0,76°C (contre +0,57°C en janvier 2020) ; il s’agit de la 3e plus forte anomalie mensuelle depuis le début début des mesures en 1979, derrière les mois de février 2016 (+0,86°C) et mars 2016 (+0,77°C), tous deux associés à un fort épisode El Niño (contrairement à cet hiver).

À l’échelle de l’Europe et de la Russie, l’hiver météorologique 2019-2020 a été le plus doux depuis le début des mesures, loin devant l’hiver 2015-2016. Selon les données de Copernicus Climate Change Service, l’anomalie en Europe a atteint une valeur exceptionnelle de +3,39°C par rapport à la moyenne 1981-2010, pulvérisant de 1,38°C le précédent record de l’hiver 2015-2016. L’anomalie de température dépasse même les +4°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900) ! En France, cet hiver a également été le plus chaud jamais enregistré avec une température moyenne nationale supérieure de 2,7°C à la normale saisonnière, devant l’hiver 2015-2016 (anomalie de +2,6°C).
Même constat en Russie : l’hiver 2019-2020 a été le plus chaud depuis le début des mesures en 1891, battant de 1,3°C le précédent record remontant à l’hiver 2015-2016.

mardi 6 août 2019

Vague de chaleur d’intensité exceptionnelle sur l’Europe de l’Ouest en juillet 2019

Après une première vague de chaleur du 24 au 30 juin 2019 (d’une intensité historique dans le sud de la France, avec à la clé un nouveau record national de chaleur), une seconde vague de chaleur a frappé la France et une bonne partie de l’Europe de l’Ouest du 21 au 26 juillet 2019.
Si, comme la première, cette nouvelle vague de chaleur a été relativement courte (6 jours), elle a atteint une intensité exceptionnelle et inédite sur la moitié nord de la France, le Benelux et l’Angleterre. Une multitude de stations ont battu ou pulvérisé (parfois de plusieurs degrés) leur record absolu de température au cours de cet épisode caniculaire et 5 pays européens ont enregistré un nouveau record national de chaleur le 25 juillet au terme d’une journée historiquement chaude.

Cette seconde vague de chaleur est la conséquence d’une puissante remontée d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord associée à un dôme anticyclonique (structure en Omega typique de ces situations) qui s’est positionné au‑dessus de l’Europe de l’Ouest, à l’avant d’un système dépressionnaire sur l’Atlantique. Cette puissante advection d’air chaud en provenance du nord de l’Afrique a été favorisée par un ralentissement général du flux d’ouest au‑dessus de l’Atlantique depuis la fin avril 2019, comme l’indique l’indice remarquablement négatif de l’oscillation nord-atlantique sur toute la période. En effet, dans une telle configuration isobarique, la circulation d’ouest est plus faible et le courant-jet décrit des ondulations plus marquées, favorisant de puissantes advections d’air chaud en provenance du continent africain (comme ce fut le cas aussi sur la France lors de la première vague de chaleur en juin) entre deux coulées d’air plus froid sur le proche Atlantique et du nord de l’Europe à l’Europe de l’Est.


FRANCE
Cette seconde vague de chaleur, qui a touché la France du 21 au 26 juillet, a été relativement courte (6 jours) mais d’une intensité exceptionnelle, comme on peut le constater sur le diagramme à bulles ci-contre de Météo-France qui compare les vagues de chaleur survenues dans le pays depuis 1947.
Elle ponctue un mois de juillet 2019 particulièrement ensoleillé (en particulier dans l’Ouest) et chaud à l’échelle nationale, mais seulement le 3e plus chaud depuis 1900 avec un écart à la normale mensuelle de +2,4°C (comme en juillet 2018, contre +2,6°C en juillet 1983 et +3,6°C en juillet 2006 !).
À titre d’illustration, Paris-Montsouris n’a enregistré au cours de ce mois de juillet 2019 que 7 jours avec une température au moins égale à 30°C, contre 16 jours en juillet 2018 et juillet 2006.

Cartes des températures maximales en France du 23 au 25 juillet 2019
Source : Infoclimat
Cette vague de chaleur a débuté dans le sud-ouest de la France, avec à la clé des records absolus de température battus dans plusieurs villes dès le 23 juillet : 42,1°C à Brive, 42,0°C à Terrasson, 41,2°C à Bordeaux-Mérignac, ou encore 42,6°C à Bordeaux-Paulin (station implantée au cœur de la capitale girondine depuis 1952, dont l’environnement reste néanmoins relativement satisfaisant pour une station située en centre-ville [cf. la fiche signalétique de la station]).
La chaleur a atteint le même jour le centre-ouest de la France et s’est propagée rapidement vers le nord et le nord‑est les jours suivants, à la différence de celle du mois de juin 2019 qui avait épargné les régions de l’Île-de-France et des Hauts-de-France sous l’influence protectrice d’une masse d’air anticyclonique plus fraîche centrée plus au nord.
De nombreuses autres stations ont enregistré un nouveau record absolu de chaleur les 23 et 24 juillet (cf. la liste ci‑dessous), mais le jeudi 25 juillet a été de loin la journée la plus chaude de cet épisode caniculaire exceptionnellement intense. L’indicateur thermique national a atteint 29,4°C, soit une valeur record équivalente à celle du 5 août 2003, reléguant aux 3e et 4e rangs les journées du 27 juin 2019 (27,9°C) et du 28 juillet 1947 (27,8°C).
Plus de 40 stations synoptiques (soit près d’un quart du réseau principal de Météo-France) ont battu leur record absolu sur la seule journée du 25 juillet. Le mercure a atteint des valeurs jamais mesurées, tous mois confondus, dans de nombreuses villes, effaçant les records des vagues de chaleur de juillet 1947, juillet 1983 et août 2003. La barre des 40°C a été dépassée pour la première fois dans l’extrême nord du pays, comme à Dieppe (40,1°C), Lille (41,5°C) et même Dunkerque (41,3°C) !
La température est montée jusqu’à 42,6°C le 25 juillet à Paris-Montsouris qui pulvérise son ancien record absolu de chaleur depuis le début des mesures en 1872 (40,4°C le 28/07/1947) et détient désormais le record absolu pour les stations du réseau principal de la moitié nord de la France. La station se classe également au 3e rang du réseau principal à l’échelle nationale pour un mois de juillet (derrière Figari [Corse] avec 43,0°C le 23/07/2009 et Le Luc [Var] avec 42,7°C le 07/07/1982) et au 9e rang tous mois confondus (le record étant détenu par Nîmes-Courbessac avec 44,4°C le 28/06/2019) !
Hors réseau principal, la température a grimpé jusqu’à 43,6°C le 25 juillet à Saint-Maur-des-Fossés (une station implantée dans le parc St-Maur depuis 1872, qui a tendance néanmoins à surchauffer). Il s’agit non officiellement (mais possiblement) d’un nouveau record national de chaleur pour un mois de juillet, qui bat les 43,4°C du 23/07/2009 à Sartène (Corse) et 43,5°C le même jour à Sollacaro-Alziglione (mais cette station de Corse-du-Sud est de moins bonne qualité [cf. sa fiche signalétique]). On peut également signaler qu’on avait relevé jusqu’à 43,8°C le 31/07/1947 à Joyeuse (Ardèche), mais cette valeur est vraisemblablement surestimée.

Selon Météociel, 282 records absolus ont été battus en juillet (principalement sur la moitié nord de la France), contre 180 en juin (du sud-est de la France aux pays de la Loire). Comme on peut le voir aussi sur la carte ci-contre (établie par l’observatoire Keraunos à partir des données fournies par Météo-France), plus de 70 stations synoptiques (soit environ 40 à 50% du réseau) ont battu leur record absolu de chaleur durant les deux premiers mois de l’été 2019 [une étude complémentaire parue sur LeMonde.fr précise que 79 stations synoptiques ont d’ores et déjà battu leur record absolu depuis le début de l’année et que 83% des températures maximales ont été enregistrées après 2003]. L’ampleur de la vague de chaleur de juillet est saisissante sur la moitié nord de la France. Tout aussi renversant, Lille (41,5°C) et Dunkerque (41,3°C) par exemple comptent désormais un record absolu de température supérieur à ceux de Bordeaux-Mérignac (41,2°C), Agen (41,0°C), Biarritz (40,6°C), Tarbes (39,0°C), Lyon St-Exupéry (39,9°C), Clermont-Aulnat (40,9°C), Grenoble St-Geoirs (39,5°C), Nice (37,7°C), Toulon (40,1°C), ou encore Marseille-Marignane (40,6°C) ! Sans oublier Paris-Montsouris (42,6°C) qui devance désormais Perpignan-Rivesaltes (42,4°C) !

Le caractère le plus frappant de ces deux canicules de juin et juillet 2019 est l’écart qui existe entre les nouveaux records établis récemment et les anciens records historiques, comme on peut le voir sur cette carte proposée par Matthieu Sorel (ingénieur à Météo-France) via son compte Twitter. Certaines stations ont pulvérisé littéralement leur précédent record de plusieurs degrés, en particulier Dunkerque le 25 juillet (+3,0°C), Abbeville le 25 juillet (+3,5°C), Amiens le 25 juillet (+3,6°C), Lille le 25 juillet (+3,9°C), Nîmes-Garons le 28 juin (+4,2°C), Gallargues-le-Montueux le 28 juin (+5,3°C), Marsillargues le 28 juin (+5,4°C) et surtout Montpellier-Fréjorgues qui a pulvérisé le 28 juin de +5,8°C son précédent record depuis le début des mesures en 1946 (43,5°C contre 37,7°C le 04/08/2017) : un tel écart est même exceptionnel à l’échelle mondiale, car seule la station de Steele dans le Dakota du Nord a battu en juillet 1936 son précédent record absolu avec un plus grand écart (+6,1°C) ; toutefois, on peut considérer que la station de Montpellier a pratiquement égalé (voire battu) un record mondial, car les données de Steele contiennent une plus grande marge d’imprécision en raison de l’unité utilisée — le degré Fahrenheit (toujours arrondi à la valeur supérieure).

Stations ayant enregistré un record absolu de chaleur en juillet 2019 (classées par ordre décroissant des valeurs)
[liste non exhaustive] :
  • 43,6°C le 25 juillet à Saint-Maur-des-Fossés (94) [précédent record depuis 1872 : 42,2°C le 06/08/2003]
    = record pour la région Île-de-France
  • 42,9°C le 25 juillet à La Brosse-Montceaux (77) [précédent record depuis 1973 : 40,4°C le 24/07/2019]
  • 42,6°C le 25 juillet à Paris-Montsouris (75) [précédent record depuis 1872 : 40,4°C le 28/07/1947] 
  • 42,6°C le 25 juillet à Achères (78) [précédent record depuis 1990 : 40,2°C le 11/08/2003]
  • 42,6°C le 25 juillet à Chablis (89) [précédent record depuis 1951 : 41,8°C le 07/08/2003]
    = record pour la région Bourgogne Franche-Comté
  • 42,6°C le 23 juillet à Bordeaux-Paulin (33) [précédent record depuis 1952 : 41,0°C le 04/08/2003]
  • 42,5°C le 25 juillet à Nemours (77) [précédent record depuis 1990 : 41,1°C le 06/08/2003]
  • 42,5°C le 23 juillet à Montgivray (36) [précédent record depuis 1994 : 42,3°C le 18/08/2012]
  • 42,4°C le 25 juillet à Sens (89) [précédents records depuis 1956 : 40,6°C le 24/07/2019 et 40,2°C le 06/08/2003]
  • 42,3°C le 25 juillet à Fontainebleau (77) [précédent record depuis 1989 : 40,9°C le 12/08/2003]
  • 42,1°C le 25 juillet à Châtillon-sur-Seine (21) [précédent record depuis 1946 : 41,5°C le 19/08/2012]
  • 42,1°C le 25 juillet à Le Bourget (95) [précédent record depuis 1920 : 40,2°C le 12/08/2003]
  • 42,1°C le 25 juillet à Courdimanche (91) [précédent record depuis 1989 : 40,5°C le 12/08/2003]
  • 42,1°C le 23 juillet à Brive-Laroche (19) [précédent record depuis 1987 : 41,4°C le 16/07/2015] 
  • 42,0°C le 25 juillet à Brétigny (91) [précédent record depuis 1947 : 39,7°C le 06/08/2003]
  • 42,0°C le 25 juillet à Romorantin (41) [précédent record depuis 1921 : 41,2°C le 05/08/2003]
  • 41,9°C le 25 juillet à Melun (77) [précédent record depuis 1947 : 39,4°C le 01/07/2015]
  • 41,9°C le 25 juillet à Orly (94) [précédent record depuis 1921 : 40,0°C le 12/08/2003]
  • 41,8°C le 25 juillet à Troyes-Barberey (10) [précédent record depuis 1975 : 40,6°C le 12/08/2003]
  • 41,7°C le 25 juillet à Amiens (80) [précédent record depuis 1985 : 38,1°C le 10/08/2003]
  • 41,7°C le 25 juillet à Bourges (18) [précédents records depuis 1945 : 40,2°C le 24/07/2019, 39,9°C le 23/07/2019]
  • 41,7°C le 25 juillet à Châteaudun (28) [précédent record depuis 1953 : 39,3°C le 06/08/2003]
  • 41,6°C le 25 juillet à Auxerre (89) [précédent record depuis 1936 : 41,1°C le 06/08/2003]
  • 41,6°C le 25 juillet à Beauvais (60) [précédent record depuis 1944 : 39,0°C le 06/08/2003]
  • 41,6°C le 25 juillet à Creil (60) [précédent record depuis 1954 : 39,1°C le 12/08/2003]
  • 41,6°C le 25 juillet à Pontoise-Cormeilles (95) [précédent record depuis 1946 : 39,2°C le 12/08/2003]
  • 41,5°C le 25 juillet à Cambrai (59) [précédent record depuis 1954 : 38,2°C le 06/08/2003]
  • 41,5°C le 25 juillet à Lille-Lesquin (59) [précédent record depuis 1944 : 37,6°C le 27/07/2018]
  • 41,4°C le 25 juillet à Chartres (28) [précédent record depuis 1923 : 40,1°C le 28/07/1947] 
  • 41,4°C le 25 juillet à Châteauroux-Déols (36) [précédents records depuis 1893 : 41,2°C le 23/07/2019, 40,5°C le 02/08/1906 et 40,2°C le 28/07/1947]
  • 41,4°C le 25 juillet à Roissy CDG (95) [précédent record depuis 1974 : 39,0°C le 12/08/2003] 
  • 41,4°C le 25 juillet à Saint-Dizier (52) [précédents records depuis 1953 : 40,6°C le 24/07/2019 et 40,4°C le 12/08/2003]
  • 41,3°C le 25 juillet à Abbeville (80) [précédent record depuis 1944 : 37,8°C le 01/07/1952]
  • 41,3°C le 25 juillet à Dunkerque (59) [précédent record depuis 1917 : 38,3°C le 19/07/2006]
  • 41,3°C le 25 juillet à Orléans (45) [précédent record depuis 1946 : 40,3°C le 28/07/1947]
  • 41,3°C le 25 juillet à Rouen (76) [précédent record depuis 1968 : 38,1°C le 11/08/2003]
  • 41,3°C le 24 juillet à Vichy-Charmeil (03) [précédent record depuis 1941 : 41,2°C le 31/07/1983]
  • 41,2°C le 23 juillet à Bordeaux-Mérignac (33) [précédent record depuis 1920 : 40,7°C le 04/08/2003]
  • 41,1°C le 25 juillet à Reims (51) [précédents records depuis 1945 : 39,7°C le 24/07/2019 et 39,3°C le 12/08/2003]
  • 41,1°C le 23 juillet à Angers-Marcé (49) [précédent record depuis 1999 : 39,5°C le 10/08/2003]
  • 40,9°C le 25 juillet à Évreux (27) [précédent record depuis 1968 : 38,4°C le 11/08/2003]
  • 40,9°C le 25 juillet à Boigneville (91) [précédent record depuis 1979 : 39,7°C le 06/08/2003]
  • 40,9°C le 24 juillet à Avord (18) [précédents records depuis 1922 : 40,2°C le 24/07/2019 et 39,8°C le 06/08/2003]
  • 40,8°C le 25 juillet à Tours (37) [précédents records depuis 1959 : 40,2°C le 23/07/2019 et 39,8°C le 10/08/2003]
  • 40,8°C le 25 juillet à Toussus-le-Noble (78) [précédent record depuis 1965 : 39,3°C le 12/08/2003] 
  • 40,7°C le 25 juillet à Saint-Quentin (02) [précédent record depuis 1933 : 37,9°C le 12/08/2003]
  • 40,7°C le 23 juillet à Angers-Beaucouzé (49) [précédent record depuis 1937 : 39,8°C le 28/07/1947]
  • 40,7°C le 23 juillet à Le Mans (72) [précédent record depuis 1945 : 40,5°C le 06/08/2003]
  • 40,6°C le 25 juillet à Trappes (78) [précédent record depuis 1923 : 39,1°C le 06/08/2003]
  • 40,4°C le 23 juillet à Blois (41) [précédent record depuis 1990 : 39,5°C le 10/08/2003]
  • 40,3°C le 25 juillet à Villacoublay (78) [précédent record depuis 1946 : 38,8°C le 28/07/1947]
  • 40,3°C le 23 juillet à Cognac (16) [précédent record depuis 1945 : 40,1°C le 12/07/1949]
  • 40,1°C le 25 juillet à Dieppe (76) [précédent record depuis 1949 : 38,3°C le 01/07/2015] 
  • 40,1°C le 24 juillet à Nancy-Essey (54) [précédent record depuis 1927 : 39,3°C le 08/08/2003]
  • 40,1°C le 23 juillet à Rennes (35) [précédent record depuis 1945 : 39,5°C le 05/08/2003]
  • 39,8°C le 25 juillet à Alençon (61) [précédent record depuis 1946 : 39,0°C le 28/07/1947]
  • 39,7°C le 25 juillet à Caen (14) [précédent record depuis 1945 : 38,9°C le 05/08/2003]
  • 39,7°C le 24 juillet à Metz-Frescaty (57) [précédent record depuis 1940 : 39,5°C le 08/08/2003] 
  • 39,5°C le 24 juillet à Dijon (21) [précédent record depuis 1921 : 39,3°C le 12/08/2003]
  • 39,4°C le 25 juillet à Deauville (14) [précédent record depuis 1949 : 37,7°C le 10/08/2003]
  • 39,4°C le 24 juillet à Nevers (58) [précédent record depuis 1946 : 39,2°C le 11/08/2003]
  • 39,3°C le 25 juillet à Épinal (88) [précédents records depuis 1986 : 38,8°C le 24/07/2019 et 38,0°C le 09/08/2003]
  • 39,3°C le 25 juillet à Le Touquet (62) [précédent record depuis 1947 : 36,4°C le 11/08/2003]
  • 39,2°C le 25 juillet à Charleville-Mézières (08) [précédents records depuis 1990 : 38,2°C le 24/07/2019 et 37,0°C le 12/08/2003]
  • 39,1°C le 23 juillet à Cholet (49) [précédent record depuis 1965 : 38,4°C le 10/08/2003]
  • 38,9°C le 25 juillet à Strasbourg-Entzheim (67) [précédent record depuis 1923 : 38,8°C le 30/06/2019]
  • 38,8°C le 25 juillet à Langres (52) [précédents records depuis 1947 : 38,0°C le 24/07/2019 et 37,6°C le 12/08/2003]
  • 38,1°C le 25 juillet à Le Havre/Cap de la Hève (76) [précédents records depuis 1921 : 36,5°C le 23/07/2019 et 36,3°C le 10/08/2003]
  • 38,0°C le 25 juillet à Pontarlier (25) [précédent record depuis 1987 : 36,8°C le 13/08/2003]
  • 37,9°C le 23 juillet à Limoges-Bellegarde (87) [précédent record depuis 1973 : 37,3°C le 16/07/2015] 
  • 36,4°C le 25 juillet à Boulogne-sur-Mer (62) [précédent record depuis 1952 : 35,4°C le 01/07/2015]

Comme lors de la première vague de chaleur survenue en juin, la masse d’air était particulièrement chaude en altitude au cours de ce nouvel épisode caniculaire. Dans le massif du Mt Blanc, on a relevé jusqu’à 9,8°C le 23 juillet au col Major (un record absolu pour cette station récemment implantée à 4750 m d’altitude, devant les 9,3°C du 29/06/2019) et 12,3°C le même jour à l’observatoire Vallot (station installée à 4634 m d’altitude en aval du sommet du Mt Blanc, derrière les 12,4°C du 26/06/2019) ! Des valeurs remarquables mais vraisemblablement surestimées, bien supérieures à la température de la masse d’air révélée par les différents radiosondages (Payerne, Milan, Cuneo), l’isotherme 0°C se situant plutôt entre 4900 m et 5000 m d’altitude le 23 juillet. Comme c’est le cas pour la plupart des stations dans le monde situées au-dessus de 3500 m d’altitude, les capteurs enregistrent des hausses soudaines et exagérées de la température, soit en raison d’une irradiation excessive (réflexion de la neige sur le capteur) en l’absence de vent, soit sous l’influence de vents thermiques vigoureux (qui peuvent provoquer des ascendances exceptionnelles permettant aux parapentistes de se poser sur le toit de l’Europe comme le 26 juin 2019 et de voler jusqu’à 5500 m ! [cf. cette vidéo tournée au-dessus du Mt Blanc]). Le même phénomène a été observé le 6 juillet 2019 sur les pentes du Denali (Mt McKinley) en Alaska : la température est montée jusqu’à +8,3°C à Denali Foot Camp (4328 m), alors que le radiosondage effectué au-dessus d’Anchorage indiquait une température de -9,7°C à ~5500 m d’altitude (niveau 500 hPa). En revanche, la température au sommet du Denali (6190 m) a probablement atteint un maximum de -10°C, soit vraisemblablement un record.

En raison d’une masse d’air extrêmement chaude et solidement ancrée au-dessus de la France, les températures minimales nocturnes (amplifiées localement par l’effet de chaleur urbain) ont atteint des valeurs remarquables au cours de cette vague de chaleur. De nombreuses stations ont mesuré leur nuit la plus chaude (tous mois confondus) les 24 et 25 juillet 2019 (avec notamment une minimale nocturne exceptionnelle de 28,3°C le 25 juillet dans Paris intramuros relevée à la station de l’hôpital Lariboisière dans le 10e arrondissement) ; voici quelques exemples :
  • 25,4°C le 25 juillet à Bordeaux-Mérignac (33) [précédents records depuis 1920 : 24,8°C le 23/07/2019 et 23,5°C le 14/08/2003]
  • 25,0°C le 25 juillet à Langres (52) [précédent record depuis 1947 : 24,2°C le 02/07/1952]
  • 25,0°C le 25 juillet à Cognac (16) [précédent record depuis 1945 : 23,8°C le 27/06/2019]
  • 24,8°C le 24 juillet à Roissy CDG (95) [précédents records depuis 1974 : 24,8°C le 23/07/2019 et 24,0°C le 04/07/2015]
  • 24,8°C le 25 juillet à Toulouse-Francazal (31) [précédents records depuis 1922 : 24,6°C le 23/07/2019 et 24,2°C le 26/07/1990]
  • 24,4°C le 24 juillet à Clermont-Aulnat (63) [précédent record depuis 1923 : 23,3°C le 04/07/2015]
  • 24,4°C le 25 juillet à Orly (94) [précédent record depuis 1921 : 23,5°C le 11/08/2003]
  • 24,2°C le 25 juillet à Saintes (17) [précédent record depuis 1990 : 23,7°C le 09/07/2010]
  • 23,9°C le 24 juillet à Trappes (78) [précédent record depuis 1923 : 23,4 °C le 11/08/2003]
  • 23,4°C le 24 juillet à Jagny-sous-Bois (95) [précédent record depuis 1967 : 22,7°C le 02/07/2010]
  • 23,2°C le 25 juillet à Lille-Lesquin (59) [précédent record depuis 1944 : 22,5°C le 04/07/2015]
  • 23,1°C le 24 juillet à Radinghem (62) [précédent record depuis 1989 : 21,3°C le 20/07/2016] 
  • 22,0°C le 24 juillet à Sancoins (18) [précédent record depuis 1949 : 21,4°C le 28/06/2019]
  • 21,9°C le 24 juillet à Abbeville (80) [précédent record depuis 1922 : 21,4°C le 20/07/2016]

La chaleur s’est propagée ensuite à l’ensemble du Benelux, dont les trois pays ont dépassé chacun pour la première fois, et en de nombreuses stations, la barre des 40°C.