jeudi 25 juin 2020

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Tourbillons de Von Kármán au sud de l’île de Guadalupe (Mexique)

Très belle animation satellite qui illustre parfaitement l’influence du relief sur la dynamique aérologique.
La turbulence de l’air provoquée par le relief de l’île de Guadalupe (île volcanique mexicaine dans l’océan Pacifique située à 252 km à l’ouest des côtes de la péninsule de Basse-Californie) a engendré le 17 juin 2020 la formation de tourbillons de Von Kármán (du nom de l’ingénieur et physicien hongrois qui a découvert et expliqué ce phénomène au siècle dernier), matérialisés par la couche de stratocumulus présente au-dessus de l’océan.
> Gros plan sur un tourbillon de Von Kármán : https://twitter.com/i/status/1273429970245652482

mercredi 24 juin 2020

Records nationaux de température (mensuels et absolus) en 2020

Bilan provisoire au 4 juillet 2020 des records enregistrés à l’échelle d’un territoire national (territoires indépendants et autonomes compris) ou d’un territoire d’outre-mer (ou non contigu), et autres faits marquants

Record absolu de chaleur   /   Record mensuel de chaleur   /   Record absolu de froid   /   Record mensuel de froid


Janvier
1 – NORVÈGE : 19,0°C le 2 janvier à Sunndalsøra [18,6°C à Åndalsnes]
2 – SÃO TOMÉ-ET-PRINCIPE : 33,0°C les 2 et 29 janvier à São Tomé Intern. Airport (record mensuel national égalé)
3 – CUBA : 35,7°C le 3 janvier à Veguitas (record mensuel national égalé)
4 – CORÉE DU SUD : 23,6°C le 7 janvier à Jeju (île éponyme) [19,6°C à Jangheung (partie continentale)]
5 – ANGOLA : 38,8°C le 13 janvier à Mbanza-Kongo (valeur à confirmer)
6 – RÉPUBLIQUE DU CONGO : 37,3°C le 15 janvier à Impfondo
7 – DOMINIQUE : 32,4°C le 17 janvier à Roseau / Canefield Airport
8 – ÎLE TROMELIN (Terres australes et antarctiques françaises) : 34,5°C le 20 janvier à Serge-Frolow
      [NB. – Le record supposé de 34,6°C le 08/01/1963 à Serge-Frolow est douteux et donc écarté.]

9 – INDONÉSIE : 37,4°C le 21 janvier à Palu Airport (Sulawesi)
10 – MEXIQUE : 42,0°C le 21 janvier à Vicente Guerrero = record mensuel de chaleur pour l’Amérique du Nord
11 – TERRITOIRE BRITANNIQUE DE L’OCÉAN INDIEN : 36,1°C le 22 janvier à Diego Garcia
12 – SINGAPOUR : 35,4°C le 26 janvier à Newton
13 – GUINÉE-BISSAU : 41,0°C le 27 janvier à Bafatá
14 – GAMBIE : 40,5°C le 31 janvier à Bassa Santa Su (record mensuel national fiable)
        [NB. – Le record supposé de 41,0°C le 19/01/2016 à Sibanor est douteux et donc écarté.]


NB
15 – 48,9°C le 4 janvier à Penrith Lakes AWS (Australie) = record absolu pour la région métropolitaine de Sydney
16 – 36,0°C le 9 janvier à Najran (Arabie Saoudite) = record mensuel dans l’hémisphère nord au-dessus de 1000 m
17 – MASSACHUSETTS (États-Unis) : 23,9°C le 12 janvier à Norwood Airport [23,3°C à Boston Airport]
18 – RHODE ISLAND (États-Unis) : 21,1°C le 12 janvier à Providence Airport et North Kingstown Airport
19 – Région de Tarapacá (Chili) : 37,7°C le 17 janvier à Pica (record absolu égalé)
20 – Tmin de 27,4°C le 18 janvier à Hacienda Taboga (Costa Rica) = plus haute Tmin au Costa Rica en janvier
21 – ÉCUEILS DES CARGADOS CARAJOS (Maurice) : 35,6°C le 19 janvier à Saint Brandon-St Raphael Island
22 – Comté du Trøndelag (Norvège) : 14,0°C le 20 janvier à Rissa
23 – Tmin de 29,1°C le 17 janvier à Bonriki Airport (Kiribati) = plus haute Tmin dans l’hémisphère nord en janvier
24 – ÎLE SURPRISE (Nouvelle-Calédonie, France) : 36,1°C le 27 janvier sur l’île Surprise (station peu fiable)
25 – PAPOUASIE OCCIDENTALE [IRIAN JAYA] (Indonésie) : 36,9°C le 30 janvier à Kaimana / Utarom


Février
26 – ESPAGNE (hors Canaries et enclaves africaines) : 29,6°C le 4 février à Valence Airport
        [NB. – Le prétendu record officiel de 30,0°C le 07/02/1960 à Malaga Airport est erroné et donc écarté.]

27 – ÎLES VIERGES AMÉRICAINES : 31,1°C les 4, 6, 8 et 11 février à St Croix Airport
        (record mensuel [fiable*] du territoire égalé)

        [* Toutes les données entre 1972 et 1999 sont surestimées de plusieurs °C, donc totalement erronées.]

28 – ANTARCTIQUE : 18,4°C le 6 février à la base Esperanza (station argentine)
29 – AZERBAÏDJAN : 27,4°C le 7 février à Lankaran
30 – RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : 37,0°C le 14 février à Santiago Rodriguez (record à confirmer)
31 – BAHAMAS : 33,0°C le 19 février à Nassau International Airport
32 – COLOMBIE : 42,6°C le 19 février à Jerusalén (record mensuel national [fiable] égalé)
                              = record absolu [fiable] pour le département de Cundinamarca
                              [42,2°C le 17 février à Capitanejo = record absolu pour le département de Santander]
33 – MALDIVES : 33,6°C le 22 février à Hanimaadhoo
34 – MADÈRE (Portugal) : 29,4°C le 24 février à Ponto do Sol [29,1°C le 4 à Porto Moniz, 28,6°C le 24 à Funchal]
35 – SUISSE : 24,6°C le 24 février à Biasca
36 – GAMBIE : 42,5°C le 26 février à Basse Santa Su
37 – SEYCHELLES : 34,7°C le 28 février à Seychelles International Airport / Mahe
38 – RUSSIE : 28,2°C* le 28 février à Kassoumkent [25,0°C à Shatoy] (* valeur à confirmer)
39 – COSTA RICA : 39,4°C le 29 février à Trinidad Vieja [39,2°C le 15 et 39,3°C le 18] (valeurs à confirmer)
        [NB. – 40,4°C le 6 février à Cerro Huacalito : valeur douteuse et donc écartée.]


NB
40 – Tmin de 34,7°C le 1er février à Condobolin Airport (Australie) = plus haute Tmin pour un mois de janvier
        dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud

41 – ÎLES CHATHAM (Nouvelle-Zélande) : 26,8°C le 3 février à Chatham Islands Airport [Tuuta Airport]
42 – Tmin de 18,0°C le 3 février à Calvi (Corse, France) = plus haute Tmin en Corse pour un mois de février
43 – Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (France) : 27,0°C le 4 février à Seillans (record à confirmer)
44 – ÎLE TARO (îles Salomon) : 34,9°C le 4 février à Taro Island Airport
45 – CORSE (France) : 27,8°C le 11 février à Alistro = record mensuel et saisonnier de chaleur pour la Corse
46 – Région de Coquimbo (Chili) : 38,3°C le 18 février à Paihuano (1204 m)
47 – Département du Gard (France) : 25,9°C le 23 février à Montclus et le 24 février à Le Vigan
48 – Tmin de 32,0°C le 23 février à Yelimane (Mali) = plus haute Tmin dans l’hémisphère nord en février


Mars
49 – CAP-VERT : 35,8°C le 12 mars à Praia
50 – PARAGUAY : 43,1°C le 13 mars à RC1 Coronel Valois Rivarola
51 – ÎLES MARIANNES DU NORD (États-Unis) : 32,2°C les 19, 27, 29 et 30 mars à Saipan International Airport
52 – SEYCHELLES : 33,7°C le 25 mars à Seychelles International Airport / Mahe (record mensuel national égalé)
53 – MOZAMBIQUE : 43,2°C le 26 mars à Massangena
54 – ÉTATS-UNIS : 42,2°C le 26 mars à Zapata et le 27 à Falcon Reservoir (Texas) (record mensuel national égalé)
55 – THAÏLANDE : 42,9°C les 30 et 31 mars à Thoen

NB
56 – 42,4°C le 13 mars à Tak (Thaïlande) = plus haute Tmax en Thaïlande pour la 1re quinzaine de mars
57 – ÉTAT DE MORELOS (Mexique) : 44,0°C le 20 mars à Xicatlacotla (record absolu égalé pour l’État de Morelos)
58 – -75,3°C le 21 mars à Vostok (Antarctique) = record mensuel de froid à la station

NB – ARGENTINE : 45,0°C le 9 mars à Rivadavia = valeur "officielle" surestimée, la station étant surexposée de
         2 à 3°C. Cette valeur est donc écartée
.

NB – MYANMAR : 44,5°C le 29 mars à Chauk = valeur vraisemblablement surestimée et donc écartée.


Avril
59 – PARAGUAY : 40,8°C le 1er avril à RC1 Coronel Valois Rivarola
60 – SINT EUSTATIUS (Territoire néerlandais d’outre-mer) : 19,2°C le 4 avril à F. D. Roosevelt Airport
61 – COSTA RICA : 39,8°C le 5 avril à El Corral / Palo Verde
        [NB. – Plusieurs valeurs douteuses écartées : 41,9°C le 11 avril, 40,5°C le 10, 40,3°C le 17 et 40,1°C le 6
        à
Artola-Sardinal (ASADA) / 41,8°C le 24 avril, 41,2°C le 5, 40,6°C le 23 et 40,1°C le 20 à Cerro Huacalito.]
62 – NIGER : 47,2°C le 6 avril à Birni-N’Konni
63 – GHANA : 44,0°C le 6 avril à Navrongo
64 – GUINÉE-BISSAU : 43,2°C* le 6 avril à Bafatá [* Tmax provisoire à 15h UTC] (record mensuel national égalé)
       
[NB. – Le record national a peut-être été battu ce jour-là.]
65 – GUADELOUPE (France) : 35,2°C le 6 avril à Vieux-Habitants Gendarmerie (record à confirmer)
66 – SAINT-BARTHÉLEMY (France) : 33,6°C le 6 avril à Gustavia
67 – HONDURAS : 42°C* le 8 avril à Choluteca [* Tmax provisoire à 3h PM] (record mensuel national égalé)
68 – GUERNESEY (Royaume-Uni) : 24,5°C le 11 avril à Guernsey Airport
69 – CUBA : 39,7°C le 12 avril à Veguitas [39,4°C le 25 avril et 39,3°C le 11 avril à Veguitas]
        [39,3°C le 12 avril à Indio Hatuey, 39,2°C le 11 avril à Jucarito, 39,2°C le 10 avril à Palo Seco]

70 – HAÏTI : 37,0°C le 12 avril à Port-au-Prince Airport (record mensuel national égalé)
71 – MAYOTTE (France) : 36,4°C le 14 avril à Trévani
72 – ÎLES MARIANNES DU NORD (États-Unis) : 33,3°C les 19, 21, 25, 26, 27, 29 et 30 avril à Saipan Int. Airport
73 – SABA (Pays-Bas) : 31,7°C le 22 avril à Juancho Yrausquin Airport (record mensuel du territoire égalé)
74 – RÉPUBLIQUE DU CONGO : 38,7°C le 25 avril à Ouesso
75 – ÎLES VIERGES AMÉRICAINES : 32,8°C le 26 avril à Charlotte Amalie Airport et à St Croix Airport
        (record mensuel [fiable*] du territoire égalé)

        [* Toutes les données entre 1972 et 1999 sont surestimées de plusieurs °C, donc totalement erronées.]

76 – KIRGHIZISTAN : 35,1°C le 27 avril à Tokmak (816 m)
77 – CHINE : 43,5°C le 29 avril à Aydingkol AWS
78 – MONGOLIE : 36°C* le 30 avril à Ekhiyn-Gol (district de Shinejinst) [* valeur arrondie / réseau secondaire]
                               33,8°C le 30 avril à Hadatyn [33,6°C à Bayantoorai et à Ulygaiin Dugang] [réseau principal]


NB
79 – HONGRIE : -11,9°C le 1er avril à Zabar [-11,7°C à Nyírlugos] = record mensuel national de froid depuis 1930
80 – ÉTAT DE MORELOS (Mexique) : 45,0°C le 1er avril à Ticumán
81 – Tmin de 31,1°C le 2 avril à Argyle Aerodrome (Australie-Occidentale)
        = plus haute Tmin en Australie et dans tout l’hémisphère sud pour un mois d’avril

82 – 33,6°C le 7 avril à l’aéroport international de Gan (Maldives) = record absolu pour l’extrême sud des Maldives
83 – Tmin de 28,6°C le 7 avril à Palo Verde et au Refugio Nacional de Vida Silvestre Cipancí (Costa Rica)
        = plus haute Tmin au Costa Rica

84 – ÉTAT DU YUCATÁN (Mexique) : 45,0°C les 10 et 13 avril à Motul (record absolu de l’État du Yucatán égalé)
85 – 49,5°C le 12 avril à Ciudad Mante (Mexique) = record pour la 1re quinzaine d’avril dans l’hémisphère nord
        (valeur en cours de vérification)

86 – ATOLL DE MINICOY (territoire indien, mais géologiquement et culturellement maldivien) :
        35,6°C le 17 avril sur l’atoll de Minicoy = record absolu pour toute la région maldivienne

87 – ÉTAT DE NAYARIT (Mexique) : 46,0°C le 18 avril à Jesús María (record à confirmer)
88 – ÉTAT DE OAXACA (Mexique) : 47,0°C les 20 et 23 avril à Río Manso Lalana, le 23 avril à San Felipe
89 – 32,1°C le 23 avril à Iskitim (Russie) = Tmax > 32°C la plus précoce en Russie asiatique
90 – Tmin de 30,2°C le 23 avril à Telfer (Australie-Occidentale)
        = plus haute Tmin en Australie pour la 3e décade et la 2e quinzaine du mois d’avril

91 – 42,8°C le 23 avril à Mardie (Australie-Occidentale) = record de chaleur en Australie et dans l’hémisphère sud
        pour la 3e décade du mois d’avril

92 – 32,1°C le 25 avril à Suhobuzimskoye (56°30'N, Russie) = plus haute Tmax en avril en Russie et dans tout
        l’hémisphère nord au-dessus de 55°N

93 – 31,0°C le 25 avril à Bogouchany [Bogucany] (58°23'N, Russie) = plus haute Tmax en avril en Russie et dans
        tout l’hémisphère nord au-dessus de 58°N

94 – 42,0°C le 26 avril à Mandora (Australie-Occidentale) = Tmax de 42°C la plus tardive en Australie
95 – ÎLES COCOS (Myanmar) : 37,2°C le 26 avril à Great Coco Island Airport


Mai 2020
96 – NIGER : 47,5°C le 2 mai à Tillabéry (record mensuel national égalé)
97 – SABA (Pays-Bas) : 31,9°C les 7 et 13 mai à Juancho Yrausquin Airport (record mensuel du territoire égalé)
98 – GRÈCE : 41,8°C le 16 mai à Plora (Crète) [41,1°C le 17 mai à Míres et 40,9°C à Gortyne (Crète)]
                        [40,7°C le 15 mai à Katho Tithorea et à Sparte]

99 – TURQUIE : 44,5°C le 17 mai à Tire [43,9°C le 16 mai]
100 – CHYPRE : 44,4°C le 19 mai à Astromeritis (près de Morphou) [43,7°C le 19 mai à Athalassa]
                            [43,5°C* le 19 mai à Morphou (* Tmax provisoire à 13h UTC), 43,1°C à Tymbu / Nicosie]

101 – ÎLES SALOMON : 35,0°C les 19 et 20 mai à Honiara International Airport (record mensuel national égalé)
102 – HAÏTI : 37,0°C le 24 mai à Port-au-Prince Airport (record mensuel national égalé)
103 – CHILI : 37,8°C le 25 mai à San Felipe (672 m)
104 – OUZBÉKISTAN : 44,7°C le 27 mai à Buzaubaj [44,3°C le 26 mai]
105 – KAZAKHSTAN : 43,1°C le 27 mai à Cirik-Rabat

NB – GUYANA : 35,4°C le 1er mai à Lethem (valeur relevée à 18h UTC ; Tmax censurée)
         -> le record mensuel national (35,8°C) a vraisemblablement été battu ce jour-là.

NB – ISLANDE : -22,2°C le 9 mai à Dyngjujökull (1689 m) (valeur non validée officiellement)
         [NB : station récente dont le capteur est placé plus bas au-dessus du sol que la hauteur standard.]


NB
106 – PROVINCE DE HENAN (Chine) : 41,0°C le 3 mai à Xingyang [40,8°C à Zhengzhou et à Mengzhou]
107 – 35,4°C le 4 mai à Cambo-les-Bains (France) = record national de chaleur [fiable] pour la 1re décade de mai
108 – ÉTAT DE NAYARIT (Mexique) : 46,0°C les 4, 5, 6, 7, 21 et 22 mai à Jesús María (record égalé, à confirmer)
109 – PROVINCE INSULAIRE DE HAINAN (Chine) : 41,1°C le 7 mai à Danzhou (record absolu égalé)
110 – Tmin/24h de 30,1°C [Tmin nocturne de 30,7°C] le 17 mai à Emponas (Grèce)
          = plus haute Tmin/24h et plus haute Tmin nocturne en Europe au printemps

111 – 36,6°C le 27 mai à Montréal / Trudeau International Airport (Québec, Canada)
          = égale le record absolu pour l’agglomération de Montréal [réseau principal de stations référencées par l’OMM]
          (36,6°C le 02/07/2018 à Montréal Mc Tavish)
          [NB. : Le record absolu est détenu par l’Adaport Victoria de Montréal avec une valeur horaire maxi de 36,7°C
          le 01/08/1975. Est exclu ici le record controversé de 37,6°C du 01/08/1975 à Montréal / Trudeau Int. Airport.
]

112 – Tmin de 35,2°C* le 29 mai à Furnace Creek (vallée de la Mort, États-Unis) [34,9°C* le 28] (* valeurs exactes ;
          valeur arrondie officielle de 95°F = 35,0°C les deux jours)

          = plus haute Tmin au mois de mai pour l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud réunies


NB – MYANMAR : 47,5°C le 8 mai à Chauk = valeur vraisemblablement surestimée et donc écartée


Juin 2020
113 – KAZAKHSTAN : 47,1°C le 2 juin à Cirik-Rabat (valeur suspecte, à confirmer)
114 – MALDIVES : 34,9°C le 3 juin à Male International Airport [34,5°C le 2 juin]
115 – ÎLES VIERGES AMÉRICAINES : 34,4°C les 5, 22 et 23 juin à Charlotte Amalie International Airport
          et les 20 et 26 juin à St Croix Airport (record mensuel [fiable*] du territoire égalé)
          [* Toutes les données entre 1972 et 1999 sont surestimées de plusieurs °C, donc totalement erronées.]

116 – THAÏLANDE : 42,0°C le 13 juin à Uttaradit
117 – SABA (Pays-Bas) : 32,6°C le 13 juin à Juancho Yrausquin Airport

NB
118 – ÉTAT DE SINALOA (Mexique) : 50,0°C les 4 et 12 juin à Huites (record absolu égalé) [surchauffe possible]
119 – ÉTAT DE NAYARIT (Mexique) : 46,5°C le 19 juin à Jesús María (record à confirmer)
120 – 38,0°C le 20 juin à Verkhoïansk (67°33'N, Russie) = plus haute Tmax au nord du cercle polaire arctique
121 – Tmin de 24,9°C le 24 juin à Formosa Airport (Argentine) = plus haute Tmin/24h en Argentine au mois de juin
122 – COMTÉ DE TRØNDELAG (Norvège) : 34,3°C le 27 juin à Værnes / Trondheim Airport


JUILLET 2020

NB
123 – COMTÉ DE INNLANDET (Norvège) : -7,2°C le 4 juillet à Sognefjellhytta (1413 m)





dimanche 7 juin 2020

Températures maximales supérieures ou égales à 50°C dans le monde en 2020

Bilan provisoire au 10 juillet 2020

51,1°C le 08/07/2020 à Mezaira (Émirats arabes unis)
51,0°C le 05/07/2020 à Mezaira (Émirats arabes unis)
51,0°C le 16/06/2020 à Jacobabad (Pakistan)
50,9°C le 06/06/2020 à Minab (Iran)
50,7°C le 10/07/2020 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,6°C le 07/07/2020 à Mezaira (Émirats arabes unis)
50,6°C le 27/05/2020 à Nawabshah (Pakistan)
50,5°C le 16/06/2020 à Sulaibiya (Koweït)
50,5°C le 06/06/2020 à Sweihan (Émirats arabes unis)
50,5°C le 06/06/2020 à UAE University (Émirats arabes unis)
50,4°C le 08/07/2020 à Al Jazeera B. G. (Émirats arabes unis)
50,4°C le 06/06/2020 à Rudan (Iran)
50,3°C le 06/07/2020 à Koweit City (Koweït)
50,2°C le 10/07/2020 à Shush (Iran)
50,2°C le 09/07/2020 à Bassorah International Airport (Irak)
50,2°C le 02/06/2020 à Bassorah International Airport (Irak)
50,1°C le 10/07/2020 à Mitribah (Koweït)
50,1°C le 08/07/2020 à Bassorah International Airport (Irak)
50,1°C le 06/06/2020 à Al Qattara (Émirats arabes unis)
50,1°C le 06/06/2020 à Qarn Al Alam (Oman)
50,0°C le 09/07/2020 à Bassorah-Hussen (Irak)
50,0°C le 07/07/2020 à Koweit International Airport (Koweït)
50,0°C le 05/07/2020 à Nuwasib (Koweït)
50,0°C le 27/06/2020 à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
[valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 49,8°C]
50,0°C le 17/06/2020 à Dadu (Pakistan)
50,0°C le 17/06/2020 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 17/06/2020 à Lamerd (Iran)
50,0°C le 17/06/2020 à Sibi (Pakistan)
50,0°C le 16/06/2020 à Mitribah (Koweït)
50,0°C le 15/06/2020 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 12/06/2020 à Huites (Mexique) [surchauffe possible]
50,0°C le 06/06/2020 à Al Faqa (Émirats arabes unis)
50,0°C le 06/06/2020 à Raknah (Émirats arabes unis)
50,0°C le 04/06/2020 à Huites (Mexique) [surchauffe possible]
50,0°C le 04/06/2020 à Bahregan Airport (Iran)
50,0°C le 28/05/2020 à Larkana (Pakistan)
50,0°C le 27/05/2020 à Dadu (Pakistan)
50,0°C le 27/05/2020 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 27/05/2020 à Larkana (Pakistan)
50,0°C le 26/05/2020 à Churu (Inde)
50,0°C le 26/05/2020 à Jacobabad (Pakistan)
50,0°C le 25/05/2020 à Dadu (Pakistan)
50,0°C le 25/05/2020 à Jacobabad (Pakistan)

mercredi 27 mai 2020

Inversion rapide des anomalies thermiques en Méditerranée orientale

Il y a près d’une semaine seulement, les pays du bassin méditerranéen oriental subissaient une vague de chaleur particulièrement intense sous l’effet d’une puissante remontée d’air chaud et sec en provenance d’Afrique, avec des températures exceptionnellement élevées pour un mois de mai (amplifiées localement par effet de foehn).


Après avoir touché d’abord le sud de l’Italie et surtout la Sicile du 13 au 16 mai 2020 (jusqu’à 40,3°C le 14 à Patti et dans l’agglomération de Palerme sur la côte septentrionale de la Sicile), la chaleur a gagné les Balkans avant de se décaler progressivement vers l’est les jours suivants.
En Albanie, la température a atteint 36,5°C dès le 14 mai à Tirana, établissant un nouveau record mensuel de chaleur pour la capitale albanaise, à 0,7°C du record mensuel national.
En Grèce, le record mensuel national a été battu à deux reprises consécutives : jusqu’à 40,7°C le 15 mai à Sparte et à Kato Tithorea, jusqu’à 41,8°C le 16 mai à Plora (près de Gortyne en Crète) [précédent record : 40,6°C le 13/05/2017 à Argos/Pyrgela et le 13/05/1988 à Astros]. Des températures maximales de plus de 40°C ont été enregistrées en Crète durant 3 jours consécutifs (à Gortyne du 16 au 18 mai). Dans la région d’Athènes, la barre des 40°C a été franchie pour la première fois en mai, avec 40,6°C le 16 mai à Nea Filadelfia (en périphérie nord de la capitale). Sur l’île de Rhodes, la température n’est pas descendue en dessous de 30,1°C le 17 mai à Emponas (il faisait encore 30,7°C à 3h dans la nuit du 16 au 17), ce qui constitue la température minimale (nocturne et sur 24h) la plus élevée jamais enregistrée en Europe au printemps !
La chaleur a touché également l’île de Chypre du 16 au 21 mai, avec des valeurs maximales de plus de 41°C durant 6 jours consécutifs. On a relevé jusqu’à 42,5°C le 17 mai à l’aéroport international de Paphos, 43,1°C à Tymbu/Nicosie et 43,7°C le 19 mai à Athalassa et jusqu’à 44,4°C le même jour à Astromeritis (près de Morphou) qui établit à cette occasion un nouveau record mensuel de chaleur pour l’île de Chypre (partie nord-est de l’île sous occupation turque comprise).
En Turquie, la chaleur a atteint une intensité totalement inédite pour un mois de mai, avec des valeurs maximales supérieures ou égales à 43°C du 16 au 20 mai, et plus de 44°C le 17 mai : 44,2°C à Bayındır et jusqu’à 44,5°C à Tire (région d’Izmir) qui surclasse de 1,7°C le précédent record mensuel national datant seulement de l’an dernier (42,8°C le 30/05/2019 à Kırıkhan) ! De nombreuses stations ont battu ou pulvérisé leur record mensuel de chaleur — comme Antalya avec 43,0°C le 17 mai (soit 4,3°C de plus que les 38,7°C du 26/05/1945) —, parfois même plusieurs jours d’affilée, comme Muğla qui bat son précédent record du 30/05/1932 (36,0°C) à 6 reprises (36,4°C le 15 mai, 39,0°C le 16, 39,3°C le 17, 39,4°C les 18 et 19, 36,2°C le 20) !
Cette intense vague chaleur a touché également d’autres pays du Proche-Orient, en particulier les pays bordant la vallée du Jourdain du 16 au 21. Du côté israélien, la température est montée jusqu’à 47,6°C le 19 mai à Ein Gedi (près de la frontière israélo-jordanienne), soit tout près de la plus haute température enregistrée (de façon fiable) au mois de mai en Israël (48,0°C le 24/05/2019 à Ein Gedi). On a relevé également 47,4°C le 17 mai à Ein Gedi, 47,1°C le même jour dans le kibboutz de Gilgal, 47,5°C le 19 mai à Argaman (47,0°C les 17 et 18). Côté jordanien de la vallée du Jourdain, la température est montée à 46,8°C le 17 mai et 46,7°C le 20 à Ghor El Safi, soit tout près du record mensuel national (47,2°C).

Température maximale (en rouge)
à Khatanga (Russie) du 1er au 27 mai 2020.
© www.pogodaiklimat.ru
Durant toute cette période, de l’air plus froid s’est écoulé en masse au nord de la chaîne du Caucase, du nord-est de l’Europe à la mer Caspienne et l’Asie centrale. Il a même neigé dans la région de Moscou le 21 mai, ainsi qu’à proximité de la frontière biélorusse ! L’étalement et la progression de la masse d’air froid vers l’Asie centrale a favorisé sur son flanc est une puissante remontée d’air chaud en direction du nord de la Sibérie et notamment de la péninsule de Taïmyr. À Khatanga (71°98'N) notamment, la température est montée jusqu’à 25,4°C le 22 mai, pulvérisant ainsi de 5°C le record mensuel de chaleur de la station (20,4°C le 31/05/2011 [début des mesures en 1928]) ! Plus au nord, on a relevé 11,1°C le 21 mai sur l’île Dikson (73°30'N) baignée par la mer de Kara, soit la plus haute température pour un mois de mai à la station depuis le début des mesures en 1936 (précédent record : 10,4°C le 24/05/1941). À noter également que la température a atteint 30,5°C le 24 mai à Yarol’in par 67° de latitude N, une valeur totalement inédite à une telle latitude au mois de mai dans cette région.

À compter des 22 et 23 mai 2020, cet air plus frais a gagné aussi la Méditerranée orientale, faisant chuter brutalement les températures dans les Balkans et au Proche-Orient. Des chutes de neige extrêmement tardives pour la saison se sont même produites sur le relief libanais à partir de 1600 m d’altitude.
Les températures maximales ont chuté de 15 à 20°C en moins de 2 jours. En l’espace de 5 jours, les anomalies thermiques se sont totalement inversées dans les Balkans et au Proche-Orient : la carte du 24 mai (ci-dessus) est en quelque sorte le négatif de celle du 19 mai.
En Grèce par exemple, la température est passée de 30,0°C le 20 mai à 17,1°C le 21 au plus chaud de la journée à Florina (650 m), et de 37,8°C le 20 mai à 21,8°C le 22 à l’aéroport d’Heraklion en Crète.
En Turquie, il ne faisait plus que 25,5°C le 23 mai au plus chaud de la journée à Tire (région d’Izmir), contre 43,0°C le 20 mai et 44,5°C le 17 mai.
À Chypre, la température n’a pas dépassé 25,4°C le 24 mai à Athalassa, alors qu’il y faisait 43,7°C le 19 mai et encore 42,8°C le 21. 
En Israël, on ne relevait par exemple plus que 29,0°C le 24 mai à Argaman, contre 43,0°C le 22.
La baisse des températures a également été significative en Égypte (où l’on a mesuré jusqu’à 47,2°C le 21 mai à Kharga) : on ne relevait plus que 26,6°C le 24 mai à l’aéroport du Caire contre 42,4°C le 21 et 43,3°C le 20, ou encore 24,0°C le 24 mai à l’aéroport d’Alexandrie contre 41,2°C le 20.
Cet air plus frais a gagné aussi les jours suivants le nord de l’Arabie. La baisse des températures s’est fait ressentir jusque dans le sud de l’Irak (36,8°C le 25 mai à l’aéroport international de Bassorah, contre 47,4°C la veille) et au Koweït (48,3°C le 23 mai à Mitribah, contre 37,5°C le 25).

Au fur et à mesure que l’air plus froid a progressé vers l’est, à la fois au nord et au sud du Caucase et des reliefs iraniens, de l’air plus chaud (amplifié localement et régionalement par effet de foehn) est remonté vers le nord en direction des pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan) et le sud de la Sibérie où la température est montée jusqu’à 37,9°C le 26 mai à Kulunda (52°33'N, krai de l’Altaï), à 0,4°C du record mensuel de chaleur pour la Russie asiatique (38,3°C le 26/05/1980 à Slavgorod).
Buzaubaj (Ouzbékistan) a battu à 4 reprises le record mensuel national de chaleur avec 44,3°C le 26 mai, 44,7°C le 27, 44,0°C le 28 puis encore 44,3°C le 31 (précédent record : 43,9°C en mai 1961 à Buzaubaj). Plusieurs stations ont battu à cette occasion leur record mensuel, comme Kungrad avec 43,1°C le 27 mai, Chimbaj avec 42,4°C le 27 mai, 42,2°C le 26 et 41,5°C le 28 (précédent record depuis 1937 : 41,1°C le 23/05/1974), ou encore Jaslyk qui a pulvérisé son précédent record (39,8°C le 27/05/1987) à 6 reprises avec 42,6°C le 26 mai, 42,1°C le 27, 42,0°C le 28, 42,2°C le 29, 43,4°C le 30 et encore 42,3°C le 31 !
Même constat au Kazakhstan où un nouveau record mensuel national a été enregistré le 27 mai avec 43,1°C à Cirik-Rabat et le 30 mai à Sam (précédents records : 42,8°C le 16/05/2001 à Cirik-Rabat et 41,4°C le 21/05/1999 à Kyzylorda). Plusieurs stations ont enregistré un nouveau record mensuel, comme Astana [ou Nur-Sultan] (la capitale) avec 36,1°C le 26 mai (contre 35,7°C le 19/05/1961 [début des mesures en 1881]) ; certaines d’entre elles ont même pulvérisé leur précédent record de plusieurs degrés, comme Sam avec 42,3°C le 26 mai et 43,1°C le 30 (soit 3,1°C de plus que son précédent record relevé en mai 1980).


dimanche 10 mai 2020

Descentes d’air froid massives et simultanées sur l’Amérique du Nord et l’Europe

De l’air polaire s’est écoulé massivement à l’est et à l’ouest du Groenland du 8 au 13 mai 2020, entraînant une baisse des températures sur le nord-ouest de l’Europe et de façon plus notable sur l’Amérique du Nord en raison de sa continentalité plus marquée.


Les températures ont sensiblement baissé sur l’Europe de l’Ouest à partir du 11 mai, parfois de manière très brutale et en quelques heures seulement. Cette offensive hivernale tardive s’est fait d’abord ressentir en Islande, en particulier en montagne, où la température est descendue jusqu’à -22,2°C le 9 mai à Dyngjujökull (1689 m) : il s’agit de la plus basse température jamais enregistrée en Islande au mois de mai (précédent record : -21,7°C le 2 mai 2013 à Brúarjökull [845 m]), même s’il faut toutefois nuancer cette valeur qui ne sera sans doute pas validée officiellement, car le capteur thermique de la station de Dyngjujökull (qui n’existe que depuis 2016) est placé légèrement plus bas au-dessus du sol que la hauteur standard (la couverture neigeuse anormalement élevée pour cette période de l’année compromettant aussi la mesure par une plus grande proximité avec le capteur).

En Amérique du Nord, l’air froid a envahi l’ensemble du continent situé à l’est des Rocheuses, associé à des pressions extrêmement élevées* sur le nord du Canada : jusqu’à 1058,2 hPa le 9 mai à Robertson Lake AWS (Nunavut), 1057,2 hPa (à 18h UTC) à Cape Peel West (Nunavut), 1056,8 hPa (18h UTC) à Hat Island (Territoires du Nord-Ouest), 1056,5 hPa (18h UTC) à Bathurst Inlet (Nunavut) et 1056,1 hPa (18h UTC) à Cambridge Bay (Nunavut).
De telles valeurs de pression sont exceptionnelles pour un mois de mai, d’autant plus pour l’archipel arctique canadien qui enregistre à cette occasion un record mensuel de haute pression seulement un mois après avoir déjà battu un record mensuel le 2 avril dernier (1068,2 hPa à Fort Ross [Nunavut]).
On notera également un écart de près de 80 hPa entre les hautes pressions sur le nord du Canada et les pressions anormalement basses sur la côte atlantique associées à une intense dépression : jusqu’à 979,0 hPa le 9 mai (20h44 UTC) à Saint John (Nouveau-Brunswick) qui enregistre un record mensuel de basse pression (précédent record : 985,8 hPa) ; d’autres stations ont également enregistré dans la soirée du 9 mai un record mensuel de basse pression, comme Moncton (Nouveau-Brunswick) avec 981,4 hPa (précédent record : 984,2 hPa le 11 mai 1945) ou encore Eastport (dans l’État américain du Maine) avec 982,0 hPa (précédent record : 982,4 hPa le 9 mai 1926) !
La situation synoptique actuelle est donc tout à fait comparable à celle observée au début du mois d’avril 2020, au cours de laquelle on avait relevé un écart de pression d’au moins 96 hPa entre le nord du Canada et le proche Atlantique, ainsi que des records de pression dans les mêmes régions.

Cette descente massive d’air froid sur l’Amérique du Nord s’est traduite par des records mensuels de froid dans plusieurs grandes villes du Midwest et du nord-est des États-Unis : à titre d’exemple, on a relevé -2,8°C le 9 mai à Indianapolis (Indiana) où il n’avait jamais fait aussi froid en mai depuis le début des mesures en 1871 (précédent record : -2,2°C le 10 mai 1966) ! Des records mensuels de froid ont également été enregistrés le 9 mai à Fort Wayne (Indiana) avec -5,0°C (les -5,0°C les plus tardifs remontaient ici aux 20 avril 1904 et 20 avril 1897), à Binghamton (New York) avec -4,4°C, ou encore à l’aéroport de La Guardia (New York) avec 2,2°C.
À Central Park (New York), la température a chuté à 1,1°C le 9 mai au matin : il faut remonter à 1891 pour trouver au cœur de « Big Apple » une température aussi froide au mois de mai !
Par ailleurs, la température la plus basse dans le Midwest a été relevée à Van Wert (Ohio) avec -7,8°C le 9 mai : il s’agit là aussi d’un record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1893, tout près même du record mensuel de froid pour l’État de l’Ohio (-8,3°C le 10 mai 1966 à Jackson 2NW) !

Le froid a gagné aussi les régions plus méridionales des États-Unis : on a relevé par exemple une température minimale de 1,7°C le 9 mai à l’aéroport international de Nashville (Tennessee), où il n’avait jamais fait aussi froid aussi tardivement depuis le début des mesures en 1871 (précédent record : 1,7°C le 6 mai 1968).

Des chutes de neige localement abondantes se sont produites sur la façade atlantique du continent nord-américain, alimentées en humidité par une intense dépression qui s‘est creusée très rapidement dans le golfe du Maine. Il a neigé notamment à Central Park (New York) le 9 mai (traces au sol), égalant ainsi la chute de neige la plus tardive datant du 9 mai 1977. Il est tombé également le même jour en Virginie-Occidentale 63,5 cm à Snowshoe (record en 24h pour un mois de mai à la station) et 38,1 cm à Elkins (record en 24h pour un mois de mai, battant les 17,8 cm mesurés en mai 1963). Notons aussi qu’il a neigé sous forme d’averses à Pittsburgh les 8 et 9 mai (traces au sol) : il faut remonter aux 9 et 10 mai 1923 pour observer deux jours consécutifs avec de la neige au mois de mai dans cette ville de Pennsylvanie.

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* Cf. cartes ci-dessous des records de haute pression en mai au Canada, avant le 8 mai 2020 (à gauche) et après le 10 mai 2020 (à droite) :
© David Roth (via son compte Twitter)


dimanche 3 mai 2020

Extension de la banquise arctique dans la région du Svalbard et enneigement remarquable dans l’extrême nord de l’Europe

L’extension de la banquise dans l’Arctique au cours de l’hiver 2019-2020 a été la plus importante depuis 2013. Si elle s’est maintenue en dessous de la moyenne 1981-2010 à l’échelle de l’Arctique, elle a connu au contraire un accroissement tout à fait singulier dans la région du Svalbard* à compter du mois de mars.
Fin avril-début mai 2020, l’extension de la glace de mer autour de l’archipel norvégien est même une des plus importantes depuis la fin des années 1960 (au 6e rang le 29/04 et au 7e rang le 30/04). La banquise est également très présente autour de l’île aux Ours (Bjørnøya) à l’extrémité sud de l’archipel du Svalbard, ce qui est particulièrement rare à cette époque de l’année.

L’englacement a été favorisé et s’est intensifié à partir du mois de mars sous l’influence constante de masses d’air en provenance du nord et du nord-ouest du bassin arctique qui ont maintenu les températures quotidiennes en dessous des normales dans l’archipel du Svalbard. Le mois de mars 2020 a d’ailleurs été plus froid que la normale au Svalbard avec une température moyenne mensuelle de -16,2°C à Longyearbyen, soit 0,5°C en dessous de la normale mensuelle. Il s’agit même du 1er mois plus froid que la normale depuis novembre 2010, après 111 mois consécutifs avec des températures moyennes mensuelles supérieures aux normales !
L’englacement autour de l’archipel du Svalbard s’est maintenu favorablement par inertie thermique, même si le mois d’avril 2020 affiche un excédent thermique de +3,3°C à Longyearbyen, bien moindre cependant qu’en avril 2019 (+8,3°C).


Des températures inférieures aux normales en mars et en avril 2020 dans l’extrême nord de l’Europe continentale, associées à plusieurs passages perturbés, ont contribué également à un enneigement excédentaire.
Le 1er mai 2020, la couche de neige à Sodankylä Tähtelä (Finlande) atteignait encore 102 cm, soit un record absolu pour un début mai à la station depuis le début des mesures en 1911 !
L’enneigement est également remarquable en ce début mai 2020 dans le comté norvégien de Troms og Finnmark, en particulier à Tromsø, Bones-i-Bardu et Kautokeino.

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* La région maritime du Svalbard se situe à l’interface de plusieurs grands courants océaniques et aérologiques qui peuvent complexifier l’analyse et brouiller le signal en engendrant des rétroactions.
Le détroit de Fram entre la côte est du Groenland et l’archipel du Svalbard est notamment le point de rencontre entre le courant du Groenland oriental issu de la dérive transpolaire qui transporte de l’eau plus froide vers le sud et le courant du Spitzberg occidental issu du courant de Norvège et de la dérive nord-atlantique qui transporte de l’eau plus chaude et saline vers le nord. Plus au sud, l’île de Jan Mayen se situe au contact de ces deux courants de densité différente qui tentent de se mélanger en formant un courant hybride (gyre) qui tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.
Si la température et la salinité des eaux de surface du courant du Spitzberg occidental covarient imparfaitement, on observe toutefois une hausse sensible de la température depuis le début des années 1970 et une légère tendance à la hausse de la salinité, en raison d’un transport plus important vers le nord des eaux subtropicales chaudes de l’Atlantique conjointement à des advections d’air chaud plus puissantes lors des phases positives de l’oscillation nord-atlantique. Lorsque la région maritime du Svalbard est soumis à un régime de vent de secteur nord à nord-ouest (comme ce fut le cas durant tout le mois de mars 2020 en particulier), les apports en eau douce par la dérive transpolaire et les courants associés tendent à s’intensifier et la banquise à s’étendre davantage vers le sud.

> Plus d’infos sur la température et la salinité de l’eau dans le détroit de Fram sur : www.mosj.no/en/climate/ocean/temperature-salinity-fram-strait.html
Le site du MOSJ analyse également d’autres paramètres intéressants (épaisseur et extension de la glace de mer, apport en eau douce, hauteur du niveau de la mer) : cf. www.mosj.no/en/climate/ocean/


dimanche 26 avril 2020

Déconfinement progressif des précipitations après une quarantaine de jours…

Les hautes pressions ancrées depuis la mi-mars 2020 en mer du Nord et sur l’Europe de l’Ouest laissent peu à peu la place en cette fin avril 2020 à un régime de marais barométrique avant le retour d’un flux océanique plus humide et instable au cours des prochains jours.
L’instabilité croissante de la masse d’air favorise localement la convection atmosphérique et les développements orageux, comme ce fut le cas dans la soirée du samedi 25 avril dans le centre-est de la France, sur les Alpes du Nord et le bassin genevois (Suisse) en particulier.


Après 43 jours consécutifs sans aucune goutte de pluie du 13 mars au 24 avril, la pluie a fait une timide réapparition à Genève-Cointrin dans la soirée du 25 avril avec seulement 0,1 mm entre 21h et 22h et 0,3 mm le lendemain matin entre 8h et 10h. Ces faibles précipitations mettent fin tout de même à la plus longue période sans précipitations depuis le début des mesures à Genève en 1864. Le précédent record remontait à l’hiver 1896 où il n’avait pas plu du 17 janvier au 26 février (41 jours).
En revanche, la plus longue série sans pluie au nord des Alpes suisses est toujours détenu par Neuchâtel avec 52 jours du 19 mars au 9 mai 1893. Pour info, sur le versant sud des Alpes suisses, les plus longues périodes sans pluie ont duré de 60 à près de 80 jours. La dernière en date remonte à l’hiver 1988-1989 : Locarno avait enregistré 63 jours consécutifs sans pluie (< 0,1 mm) du 21 décembre 1988 au 21 février 1989, tandis que Lugano avait comptabilisé 76 jours sans aucune goutte de pluie du 7 décembre 1988 au 20 février 1989 (81 jours avec moins de 1 mm du 3 décembre 1988 au 21 février 1989) !

Dust devil (tourbillon de poussière)
le 24/04/2020 au Versoud.
© J. Contreras via meteo-grenoble.com
En France, les précipitations orageuses du samedi 25 avril (dans la soirée) ont mis fin à une série remarquable de 43 jours consécutifs sans pluie à Grenoble-Le Versoud (il est tombé 16,8 mm dans le village des Bédouins*, contre 30,7 mm à Saint-Martin-d’Hères à 15 km au sud-ouest). Il s’agit de la plus longue série de jours sans pluie mesurable (0 mm) dans l’agglomération grenobloise depuis le début des mesures en 1946. Le précédent record était de 42 jours à la station du Versoud, du 26 novembre 2016 au 6 janvier 2017. Pour trouver un autre épisode de temps sec comparable dans l’agglomération grenobloise, il faut remonter à l’année 1953 avec seulement 0,1 mm relevé en 46 jours à l’ancienne station d’Eybens du 13 février au 30 mars (0,1 mm le 11 mars) et seulement 0,8 mm en 50 jours du 13 février au 3 avril 1953. À titre de comparaison, il n’était tombé que 0,6 mm en 45 jours à Grenoble-Le Versoud du 26 novembre 2016 au 8 janvier 2017.


Dans le nord-est de la France, en revanche, la série s’est prolongée jusqu’au 26 avril 2020 à Saint-Dizier (Haute‑Marne) où il n’a pas plu durant 44 jours consécutifs à compter du 14 mars 2020 : il s’agit de la plus longue série de jours secs tous mois confondus depuis le début des mesures en 1953 (précédent record : 35 jours du 22 août au 25 septembre 1959).

Enfin, dans la région italienne de Frioul-Vénétie julienne, la ville de Trieste a enregistré seulement 0,8 mm de pluie en 50 jours, du 7 mars au 25 avril 2020 (0,2 mm le 13 mars et 0,6 mm le 21 mars) : un record depuis le début des mesures en 1894 !


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* Bédouin est le gentilé des habitants du village du Versoud, situé dans la vallée du Grésivaudan, à 15 km de Grenoble. Pour la petite histoire, Bedouin était le nom d’un camp établi il y a plusieurs siècles au Versoud par une tribu nomade des confins de l’Asie, les Sarmates, qui auraient laissé aux habitants ce surnom. Un village au pied du Ventoux porte également ce nom, dont la même origine toponymique est prouvée.

jeudi 23 avril 2020

Précipitations en quarantaine

En raison de la persistance depuis la mi-mars de conditions anticycloniques sur une large moitié nord de la France et plus largement de l’Angleterre à l’Europe centrale*, certaines régions françaises et suisses notamment n’ont pratiquement pas reçu la moindre goutte de pluie depuis le début du confinement contre le Covid-19 et bénéficient de taux d’ensoleillement qui atteignent localement des niveaux records (comme à Dijon et Luxeuil en particulier, où le soleil a brillé près de 328 heures en 31 jours du 23 mars au 22 avril, soit bien davantage que la normale d’un mois de juillet qui s’élève à 241 heures !).


Des périodes de plus d’une trentaine de jours au moins aussi sèches que celle que nous vivons depuis la mi-mars ont déjà été enregistrées par le passé en France au printemps, notamment en 2007 (avril), 1997 (mi-mars à mi-avril) et 1961 (mars à début avril). Si le déficit pluviométrique était plus marqué dans le nord-est du pays en avril 2007, il concernait surtout le sud en 1997 et un grand tiers sud en 1961. Cette année, la sécheresse printanière touche une plus grande partie du pays et plus particulièrement les régions situées sur la façade est du territoire.


Après des précipitations particulièrement abondantes sur la France d’octobre 2019 à la mi-mars 2020, qui ont permis une recharge quasi optimale des nappes souterraines, les sols superficiels qui étaient saturés ou proches de la saturation sur la majeure partie du pays fin février se sont fortement asséchés depuis la mi-mars.
Image satellite infra-rouge du 21/04/2020 (6h UTC)
montrant une limite frontale remarquablement étendue
de la péninsule Ibérique à l’Iran, associée à un minimum
dépressionnaire près de la Sardaigne et une masse d’air sèche
d’origine continentale, drainée par une vaste cellule
anticyclonique plus au nord.
© fvalk.com
Si d’abondantes précipitations se sont abattues sur le tiers sud de la France du 19 au 22 avril 2020 (il est tombé localement l’équivalent de 1 à 2 mois de pluie dans les Pyrénées-Orientales [jusqu’à 330 mm à Néoulous] et sur la façade orientale de la Corse [jusqu’à 267 mm à Ghisoni]), la sécheresse de surface atteint un niveau préoccupant en cette fin avril 2020 sur le nord-est et le centre-est de la France, ainsi que dans toute l’Europe centrale.
Dans les Vosges par exemple, l’indice d’humidité des sols atteint les valeurs les plus basses pour la période et se situe même au niveau de la médiane de la période de plein été, tandis que dans les Pyrénées-Orientales la situation est inverse (suite au récent épisode méditerranéen) avec un indice tout proche du record absolu établi en mai 1977.

En cette fin avril 2020, le déficit pluviométrique est particulièrement marqué sur la façade est de la France, comme à Saint-Dizier (Haute-Marne) qui a d’ores et déjà enregistré sa plus longue série de jours secs, tous mois confondus, depuis le début des mesures en 1953, avec 41 jours sans pluie mesurable du 14 mars au 23 avril 2020, devant avril 2007 (28 jours), l’été 1976 (33 jours) et l’ancien record de 35 jours du 22 août au 25 septembre 1959.
Même constat à Grenoble/Le Versoud (Isère) où il n’a pas plu une goutte depuis 42 jours (du 13 mars au 23 avril 2020), égalant d’ores et déjà le record absolu enregistré du 26 novembre 2016 au 6 janvier 2017 (42 jours) et surpassant les 37 jours sans pluie du 19 octobre au 24 novembre 1978.

À Genève (Suisse), il n’a également pas plu depuis 42 jours du 13 mars au 23 avril 2020. Une période sans précipitations aussi longue n’a jamais été observée depuis le début des mesures en 1864 ! Le précédent record remontait à l’hiver 1896 où il n’avait pas plu du 17 janvier au 26 février (41 jours).

Pour info, la plus longue série sans pluie au nord des Alpes suisses est de 52 jours à Neuchâtel du 19 mars au 9 mai 1893. Sur le versant sud des Alpes suisses, les plus longues périodes sans pluie ont duré de 60 à près de 80 jours. La dernière en date a été enregistrée de décembre 1988 à février 1989 : Locarno avait enregistré 63 jours consécutifs sans pluie (< 0,1 mm) du 21 décembre 1988 au 21 février 1989, tandis que Lugano avait comptabilisé 76 jours sans aucune goutte de pluie du 7 décembre 1988 au 20 février 1989 (81 jours avec moins de 1 mm du 3 décembre 1988 au 21 février 1989) !

Aucun front pluvieux (ou de situation instable propice à des averses généralisées) n’étant prévu avant le 26 avril (au moins), les séries en cours vont donc se poursuivre durant les prochains jours et aggraver dans les régions concernées la sécheresse des sols.
En Suisse, la moyenne nationale des précipitations du 1er mars au 21 avril 2020 ne représente que 40 % environ de la normale pluviométrique (1981-2010) du bimestre mars-avril. Une moyenne pluviométrique inférieure à 50 % de la normale en mars-avril n’a été enregistrée qu’une dizaine de fois en Suisse depuis le début des mesures en 1864. La dernière en date remonte à mars-avril 2011 avec une moyenne des précipitations qui atteignait seulement 36 % de la normale. Il faut ensuite remonter à mars-avril 1955 pour trouver un déficit comparable à celui de cette année.
Anomalies pluviométriques en Suisse sur la période mars-avril de 1864 à 2020 (au 21 avril 2020)
Source : MétéoSuisse

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* Sur la carte (située en haut à droite) des anomalies de la pression (réduite au niveau de la mer) en Europe entre le 15 mars et le 23 avril, on constate que les pressions sont restées anormalement élevées de l’Angleterre à la Pologne et sur toute l’Europe de l’Ouest d’une manière générale. Cette vaste cellule anticyclonique centrée en mer du Nord a dirigé le plus souvent des vents de secteur sud sur la France et dans le couloir rhodanien en particulier, l’air froid en provenance des hautes latitudes (flux de nord) s’écoulant le plus souvent sur l’Europe centrale et plus à l’ouest sur l’Atlantique. Les données de vent (à 10 m au-dessus du sol) à Istres, Marseille-Marignane, Salon-de-Provence et Aix-en-Provence entre le 15 mars et le 25 avril 2020 sont sans équivoque : le vent a très peu soufflé et le plus souvent de secteur sud.
On considère généralement que le mistral souffle lorsque le vent atteint une vitesse maximale instantanée de 16 m/s (57,6 km/h) et qu’il est de composante nord (NW à NE). D’après les normales pour ces 4 stations, le bimestre mars‑avril est la période de l’année au cours de laquelle les jours avec mistral sont les plus fréquents (10 à 12 jours en mars, 10 à 12 jours en avril). Entre le 15 mars et le 25 avril 2020, on comptabilise seulement 1 jour avec mistral à Istres et à Salon-de-Provence (le 29 mars, avec une vitesse maxi instantanée quotidienne de 20,9 m/s [75,2 km/h] à Salon-de-Provence), aucun dans les 3 autres stations. La vitesse moyenne quotidienne du vent dans les 4 stations n’a jamais dépassé 6,5 m/s (23,4 km/h) après le 15 mars, le pic ayant été atteint au cours de la première quinzaine de mars avec seulement 12,7 m/s (45,7 km/h) le 7 mars à Istres (flux de nord). Les vents de secteur sud ont été les plus fréquents. Toutes vitesses confondues, on comptabilise entre le 15 mars et le 25 avril 2020 seulement 7 jours avec un vent de composante nord à Istres (1 NW / 4 N / 2 NE), 5 jours à Marseille-Marignane (4 NW / 1 NE), 4 jours à Aix‑en‑Provence (1 NW / 3 N) et seulement 1 jour avec un vent de secteur NE à Aix-en-Provence.
[Source des données : Météo France]

dimanche 12 avril 2020

Le golfe du Mexique en surchauffe

La température des eaux de surface dans le golfe du Mexique est anormalement élevée en ce début de mois d’avril 2020 : plus de 2°C au-dessus de la normale, soit la plus forte anomalie thermique observée depuis le début des mesures par satellite en 1981 !


La chaleur excessive enregistrée depuis plus d’un mois sur tout le pourtour du golfe du Mexique, du sud-est des États-Unis au Mexique et jusqu’en Amérique centrale, n’est pas une coïncidence.
Le sud des États-Unis (du Texas à la Floride) a déjà connu son mois de mars le plus chaud depuis le début des mesures en 1895 : en ce début avril 2020, la chaleur s’intensifie encore, Miami (Floride) vient même d’enregistrer une Tmax de 35,0°C le 10 avril, la plus précoce depuis le début des mesures.
Après un mois de mars 2020 exceptionnellement chaud au Mexique (un record dans de nombreuses villes comme Mexico City, Campeche ou encore Tapachula), le pays enregistre des températures toujours anormalement élevées en ce mois d’avril 2020, notamment dans la péninsule du Yucatán.

Depuis plus d’un mois, un dôme de hautes pressions est solidement ancré au-dessus du golfe du Mexique et les régions environnantes, maintenant des conditions particulièrement sèches et ensoleillées. À titre d’illustration, Miami (Floride) a enregistré son 2e mois de mars le plus anticyclonique depuis le début des mesures en 1951 avec une pression moyenne mensuelle de 1021,0 hPa, à 0,1 hPa de son record mensuel (1021,1 hPa en mars 2004).

La chaleur s’est étendue également à toutes les Antilles : de nombreux records de chaleur (mensuels et absolus) ont déjà été battus depuis le début du mois d’avril dans différents archipels. Cuba, en particulier, a battu son précédent record national — qui remontait seulement à l’an dernier (39,1°C le 30/06/2019 à Veguitas) — durant 3 jours consécutifs, les 10, 11 puis 12 avril 2020 (39,2°C le 10 à Palo Seco, 39,3°C le 11 à Veguitas et 39,2°C à Jucarito, 39,7°C le 12 à Veguitas et 39,3°C à Indio Hatuey) !
Des conditions plus anticycloniques, une circulation d’alizés plus faible et une chaleur maritime précoce combinées à la position zénithale du Soleil (~10°N actuellement, qui entame sa remontée vers le nord) favorisent la hausse des températures dans l’ouest des Caraïbes et toute l’Amérique centrale. Des records de chaleur ont d’ores et déjà été battus dans de nombreuses stations, au Costa Rica et au Honduras notamment.

> Plus d’infos sur les records nationaux de température dans le monde en 2020 sur notre page dédiée.

dimanche 29 mars 2020

Plus forte pression tous mois confondus dans les îles Britanniques depuis 1926 !

Après l’Islande la veille, les îles Britanniques ont enregistré des pressions historiquement élevées pour un mois de mars le dimanche 29 mars 2020. La pression au cœur du puissant anticyclone centré au sud de l’Islande s’est renforcée pour atteindre 1055 hPa le 29 matin (selon le Met Office). Pour trouver des pressions plus élevées sur le proche Atlantique, il faut remonter au 28-29 janvier 2003 (1057,2 hPa le 28 janvier à 12h UTC selon la réanalyse ERA-Interim).


Les plus fortes pressions ont été relevées par 3 bouées marines situées au large des côtes nord-occidentales britanniques : 1052,6 hPa le 29 mars à la bouée K5 (à 2h et 3h du matin) au large des côtes écossaises, 1052,6 hPa à la bouée K4 (à 13h) et 1051,9 hPa à la bouée M4 (à 12h) au large des côtes irlandaises.

Source : archives du Met Office
Au Royaume-Uni, la pression (réduite au niveau de la mer) a dépassé les 1050 hPa en de nombreux endroits, de l’Écosse à l’Irlande du Nord. On a relevé le dimanche 29 mars jusqu’à 1051,2 hPa à South Uist Range et 1051,1 hPa sur l’île Tiree en Écosse, jusqu’à 1051,0 hPa à Magilligan et 1050,5 hPa à Ballypatrick Forest en Irlande du Nord. La plus haute pression pour un mois de mars au Royaume-Uni et dans les îles Britanniques plus généralement était officiellement de 1048,6 hPa le 9 mars 1953 à Tynemouth (Angleterre). Toutefois, cette valeur paraît suspecte au regard des archives météorologiques consultées (cf. document ci-contre) et relèverait plutôt d’une erreur de transcription (la valeur exacte serait en réalité de 1043,6 hPa ce jour-là). Le précédent record le plus fiable serait ainsi de 1047,9 hPa le 3 mars 1990 à St Mary’s Airport (îles Scilly, en mer Celtique). Quoi qu’il en soit, le précédent record mensuel de haute pression pour les îles Britanniques a donc été pulvérisé ce dimanche 29 mars !

En outre, il faut remonter au 24 décembre 1926 pour trouver une pression plus élevée dans les îles Britanniques, avec 1051,9 hPa à Wick (Écosse), le record absolu étant toujours détenu par Aberdeen (Écosse) avec 1053,6 hPa le 31 janvier 1902.

En Irlande, on a relevé le dimanche 29 mars jusqu’à 1051,3 hPa à Malin Head (à 12h), pulvérisant ainsi le record mensuel national (précédent record : 1047,1 hPa le 13 mars 1900 à l’observatoire de Valentia dans le comté de Kerry). Pour trouver des pressions supérieures en Irlande tous mois confondus, il faut même remonter au 28 janvier 1905, date à laquelle l’observatoire de Valentia dans le comté de Kerry a établi le record national avec 1051,9 hPa.

Par ailleurs, notons que c’est la 2e fois cette année que la pression dépasse la barre des 1050 hPa dans les îles Britanniques : pour mémoire, la pression en surface a atteint et dépassé les 1050 hPa dans un grand nombre de stations du sud de l’Angleterre les 19 et 20 janvier dernier, établissant à cette occasion la plus haute pression tous mois confondus pour les îles Britanniques depuis le 16 janvier 1957.
Selon le spécialiste Stephen Burt, on ne comptabilisait avant 2020 que 9 autres événements comparables depuis 1800 au cours desquels des pressions supérieures ou égales à 1050 hPa ont été observées dans les îles Britanniques, ce qui souligne le caractère exceptionnel de ce début d’année 2020.

samedi 28 mars 2020

Record de haute pression en Islande pour un mois de mars depuis 1883 !

Après s’être maintenue en phase positive durant au moins 91 jours consécutifs (soit du 29 décembre 2019 au 28 mars 2020) avec des valeurs d’indice historiquement élevées en février, l’oscillation arctique (AO en anglais) évolue depuis quelques jours vers des conditions plus neutres et semble transiter vers un mode négatif (au moins temporairement).
L’oscillation nord-atlantique (qui constitue une vue régionale de l’oscillation arctique) évolue également vers un mode négatif, après avoir connu une phase positive durant quasiment tout l’hiver 2019-2020, avec de hautes pressions plus marquées des Açores à l’Afrique du Nord et des pressions anormalement basses entre le Groenland et la Scandinavie (en particulier de l’île de Jan Mayen aux îles Féroé, en passant par l’Islande).

Comme prévu il y a quelques jours, un changement s’est opéré dans la dynamique aérologique ce samedi 28 mars avec l’arrivée d’un puissant anticyclone dans l’Atlantique nord-est, centré au sud de l’Islande. La pression a atteint 1050,5 hPa dès la mi-journée à Hjarðarland í Biskupstungum et 1050,4 hPa à Eyrarbakki sur la côte sud-occidentale de l’Islande : il s’agit de la plus haute pression enregistrée en Islande pour un mois de mars depuis 137 ans ! Il faut remonter au 6 mars 1883 pour trouver des pressions plus élevées dans le pays avec 1051,7 hPa à Vestmannaeyjar (îles Vestmann) et 1050,7 hPa à Stykkishólmur. Il faut également remonter à l’année 1962 pour trouver des pressions supérieures à 1048 hPa au mois de mars en Islande (jusqu’à 1048,5 hPa à Galtarviti) et au 16 avril 1991 pour trouver des pressions plus élevées tous mois confondus (1050,8 hPa à Egilsstaðir).
Notons que certaines stations situées au-dessus de 600 m d’altitude ont enregistré des pressions réduites au niveau de la mer encore supérieures (1054,2 hPa à Setur [693 m] et 1054,1 hPa à Veiðivatnahraun [647 m]), mais l’altitude plus élevée de ces stations rend la réduction barométrique au niveau de la mer moins significative et ne permet pas véritablement les comparaisons.

Notons également que la pression a rarement atteint les 1050 hPa en Islande au cours des 200 dernières années, seulement à 8 reprises au 19e siècle et à 5 reprises depuis le début du 20e siècle (les valeurs les plus élevées sont indiquées ci-dessous pour les 13 événements répertoriés) :
  • 1058,5 hPa le 03/01/1841 à Reykjavik [1057,6 hPa le 04/01/1841] ;
  • 1051,8 hPa le 14/02/1892 à Stykkishólmur et à Akureyri ;
  • 1051,7 hPa le 11/12/1846 à Reykjavik ;
  • 1051,6 hPa le 12/01/1890 à Akureyri ;
  • 1051,1 hPa le 14/01/1892 à Vestmannaeyjar (îles Vestmann) ;
  • 1051,7 hPa le 06/03/1883 à Vestmannaeyjar (îles Vestmann) et 1050,7 hPa à Stykkishólmur ;
  • 1050,9 hPa le 23/12/1836 à Reykjavik ;
  • 1050,0 hPa le 26/02/1890 à Stykkishólmur ;
    –––––––––––––
  • 1054,2 hPa le 16/12/1917 à Stykkishólmur ;
  • 1051,7 hPa le 25/02/1962 à Dalatangi et le 26/02/1962 à Akureyri ;
  • 1051,1 hPa le 17/01/1977 à Galtarviti (Keflavik) ;
  • 1050,8 hPa le 16/04/1991 à Egilsstaðir ;
  • 1050,0 hPa le 24/02/2006 à Dalatangi et à Skjaldþingsstaðir.

Les modèles prévoient des pressions encore plus élevées le dimanche 29 mars au cœur de cet anticyclone, possiblement jusqu’à 1055 hPa. De telles valeurs sont extrêmement rares pour une fin mars sur le proche Atlantique : le record mensuel officiel de haute pression pour les îles Britanniques, vieux de 67 ans (1048,6 hPa* le 09/03/1953 à Tynemouth [Angleterre]), est d’ores et déjà battu ce samedi soir avec 1048,8 hPa à 20h à Stornoway (Écosse). Si la pression atteint 1050 hPa dimanche, ce sera aussi la 2e fois cette année que la pression dépasse la barre des 1050 hPa dans les îles Britanniques : pour mémoire, la pression en surface a atteint et dépassé les 1050 hPa dans un grand nombre de stations du sud de l’Angleterre les 19 et 20 janvier dernier, enregistrant à cette occasion la plus haute pression tous mois confondus pour les îles Britanniques depuis le 16/01/1957.

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* Ce record paraît néanmoins suspect au regard des archives météorologiques consultées et relèverait plutôt d’une erreur de transcription (la valeur exacte serait en réalité de 1043,6 hPa ce jour-là).
Nous préférons retenir ici comme record le plus fiable les 1047,9 hPa du 3 mars 1990 à St Mary’s Airport (îles Scilly, en mer Celtique).

samedi 14 mars 2020

L’Égypte en proie aux colères de Tefnout…

Source : MétéoSuisse et ECMWF
Une puissante dépression s’est formée sur le nord-est de l’Afrique le 12 mars 2020 et a provoqué durant deux jours consécutifs de fortes précipitations en Égypte, en Israël et Cisjordanie, au Liban et en Jordanie, accompagnées de fortes rafales de vent (jusqu’à 130 km/h le 13 mars en Cisjordanie) et d’intenses tempêtes de sable dans le sud de l’Égypte, le nord du Soudan et le nord-est du Tchad. Un minimum dépressionnaire particulièrement creux (994 hPa) et très inhabituel pour cette région du monde s’est positionné au-dessus du delta du Nil le 13 mars, autour duquel se sont enroulées d’imposantes formations nuageuses convectives.


En Égypte, il est tombé 64,7 mm en 2 jours les 12 et 13 mars à l’aéroport du Caire (dont 45,0 mm en 24h, un record), soit l’équivalent de plus de 2 fois la pluviométrie moyenne annuelle (25 mm/an [24,7 mm selon la moyenne 1971-2000 et 26,0 mm selon la moyenne 1961-1990]) et 16 fois la pluviométrie moyenne mensuelle (4 mm) pour la capitale égyptienne !
On a également relevé 43 mm en 24h à Port-Saïd (pour une moyenne annuelle de 83,8 mm et une moyenne mensuelle de 10 mm), 32 mm à El-Dabaa, 28 mm à Alexandrie, 18 mm à Ras Sudr à l’ouest du Sinaï et 12 mm à El‑Tor dans le sud de la péninsule égyptienne.

Les colères de Tefnout (déesse de la pluie dans la mythologie égyptienne, représentée sous la forme d’une femme avec une tête de lionne coiffée d’un disque solaire) ont fait une vingtaine de victimes en Égypte, principalement dans les inondations qui ont touché l’agglomération du Caire.

De fortes pluies se sont produites également plus à l’est dans la vallée du Jourdain, notamment à Gitit (colonie israélienne située en Cisjordanie) où il est tombé 44,0 mm en 2 jours du 12 au 14 mars (matin), dont 28,0 mm en 24h.

samedi 7 mars 2020

Fort contraste pluviométrique en Europe, péjoration pluviométrique au Maghreb

Le mois de février 2020 a ponctué un hiver météorologique 2019-2020 historiquement doux en Europe (notamment en France), marqué aussi par des précipitations fortement excédentaires sur une large moitié nord (en particulier au Royaume-Uni en février) et un déficit pluviométrique remarquable dans le sud de l’Europe, qui a pris un caractère extrême en Espagne et au Maghreb en février.



Le mois de février 2020 a été caractérisé par des anomalies de pression, montrant un fort dipôle entre de basses pressions particulièrement marquées sur le nord de l’Atlantique et de l’Europe (anomalies atteignant -15 à -20 hPa sur le mois) et de hautes pressions particulièrement élevées de l’Atlantique subtropical (Açores) jusqu’à la Méditerranée (anomalies supérieures à +5 hPa). Cette configuration atmosphérique, typique d’une oscillation nord-atlantique en phase positive (corrélée à une phase positive de l’oscillation arctique à plus grande échelle), s’est traduite par des vents d’ouest/sud-ouest persistants et plus forts que la normale sur l’Europe (et d’un courant-jet d’altitude plus fort également) et le passage d’une multitude de perturbations atlantiques à une cadence soutenue (11 épisodes tempétueux sur la France entre début février et début mars !).

Le Royaume-Uni a enregistré son mois de février le plus pluvieux depuis 1862 avec un cumul moyen national de 209,1 mm, battant ainsi le précédent record de février 1990 (193,4 mm). Les anomalies pluviométriques ont atteint plus de 400 % dans le centre du Royaume-Uni ! Même constat en Irlande où les cumuls pluviométriques ont été 1,5 à 3,3 fois supérieurs à la normale mensuelle, la plupart des stations synoptiques (principalement dans la moitié nord du pays) ayant enregistré leur mois de février le plus pluvieux (comme à Malin Head depuis le début des mesures en 1850).
En raison de la persistance sur l’Europe de l’Ouest d’un flux océanique doux et très perturbé durant tout l’hiver et en février en particulier, l’indice d’humidité des sols au début du mois de mars témoigne de sols saturés sur de nombreuses régions françaises, en dehors du Sud-Est davantage protégé par les hautes pressions.

Plus au sud, le contraste pluviométrique est saisissant : la persistance de hautes pressions sur l’Espagne et le Maghreb durant l’hiver a entraîné un déficit pluviométrique significatif qui s’est fortement aggravé en février. Si le Portugal et l’Espagne ont connu leur mois de février le plus chaud depuis le début des mesures, le déficit pluviométrique a également atteint un niveau tout à fait exceptionnel dans la péninsule Ibérique (mois de février le plus sec en Espagne et 5e mois de février le plus sec au Portugal depuis plus de 80 ans).

Le déficit pluviométrique observé sur tout le pourtour de la Méditerranée occidentale a revêtu un caractère extrême dans tout le Maghreb au mois de février. Après une année 2019 déjà anormalement déficitaire, le Maroc a connu un hiver 2019-2020 particulièrement sec : il n’est tombé notamment qu’un peu plus de 140 mm à Tanger (dans l’extrême nord du pays, généralement plus arrosé que le reste du pays), soit près de 40 % seulement de la moyenne saisonnière.
En février, il n’a quasiment pas plu une goutte sur tout le Maghreb (≤ 1 mm à Rabat, Casablanca, Marrakech, Oran, Alger, Constantine, Tunis…). Même à Tanger, il n’est tombé que 3,7 mm en février, soit moins de 4 % de la moyenne mensuelle. À Ceuta (enclave espagnole sur la côte nord de l’Afrique, dans le détroit de Gibraltar), le cumul mensuel ne s’élève qu’à 0,4 mm, une situation qui tranche radicalement avec le mois de février 2010 exceptionnellement pluvieux (347,6 mm). Plus à l’est sur la côte méditerranéenne du Maghreb, il n’a pas plu une goutte à Mellila (enclave espagnole), un record en février depuis le début des mesures en 1948. Cette sécheresse suscite une grande inquiétude dans les pays du Maghreb, en particulier au Maroc fortement dépendant de son secteur agricole : même si l’irrégularité des pluies constitue une caractéristique structurelle du climat marocain, le déficit pluviométrique observé depuis plusieurs mois dans le pays affecte dangereusement ses ressources en eau, comme l’indique le niveau anormalement bas de ses barrages.

vendredi 6 mars 2020

Nouvelle poussée de fièvre au cours du dernier trimestre (déc. 2019 à fév. 2020)

Le constat est sans appel : le dernier trimestre (déc-jan-fév) 2019-2020 a été le 2e plus chaud à l’échelle mondiale, mais le plus chaud en Russie et en Europe (notamment en France, en Finlande ou encore en Pologne).


Selon le programme européen Copernicus, l’anomalie thermique à l’échelle globale atteint +0,77°C et place ce trimestre au 2e rang des plus chauds derrière celui de 2015-2016. Le mois de février 2020 en particulier a été anormalement chaud, comme le montrent les données satellitaires UAH : l’anomalie de la température dans la basse troposphère atteint +0,76°C (contre +0,57°C en janvier 2020) ; il s’agit de la 3e plus forte anomalie mensuelle depuis le début début des mesures en 1979, derrière les mois de février 2016 (+0,86°C) et mars 2016 (+0,77°C), tous deux associés à un fort épisode El Niño (contrairement à cet hiver).

À l’échelle de l’Europe et de la Russie, l’hiver météorologique 2019-2020 a été le plus doux depuis le début des mesures, loin devant l’hiver 2015-2016. Selon les données de Copernicus Climate Change Service, l’anomalie en Europe a atteint une valeur exceptionnelle de +3,39°C par rapport à la moyenne 1981-2010, pulvérisant de 1,38°C le précédent record de l’hiver 2015-2016. L’anomalie de température dépasse même les +4°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900) ! En France, cet hiver a également été le plus chaud jamais enregistré avec une température moyenne nationale supérieure de 2,7°C à la normale saisonnière, devant l’hiver 2015-2016 (anomalie de +2,6°C).
Même constat en Russie : l’hiver 2019-2020 a été le plus chaud depuis le début des mesures en 1891, battant de 1,3°C le précédent record remontant à l’hiver 2015-2016.

jeudi 5 mars 2020

Les bienfaits inespérés des mesures contre le coronavirus sur la qualité de l’air

La NASA a publié il y a quelques jours des images montrant une baisse significative de la pollution atmosphérique en Chine, en grande partie due au ralentissement économique résultant des mesures prises pour réduire la propagation du coronavirus Covid-19 dans le pays (mesures de confinement, fermeture d’usines et d’entreprises, réduction du trafic urbain et aérien…).


Les satellites de surveillance de la pollution de la NASA et de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont détecté notamment des baisses significatives de dioxyde d’azote (NO2), un gaz nocif émis par les véhicules à moteur, les centrales thermiques et les installations industrielles. La baisse de concentration de dioxyde d’azote (NO2) a d’abord été remarquée près de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, puis s’est peu à peu étendue à d’autres régions chinoises. Les cartes comparant les concentrations de NO2 dans la moitié est de la Chine montrent ainsi une forte baisse entre la période du 1er au 20 janvier 2020, avant les mesures de quarantaine imposées à Wuhan puis à d’autres villes de Chine, et la période du 10 au 25 février 2020.

La Nasa précise toutefois que la pollution de l’air diminue généralement au moment de la célébration du Nouvel An chinois, c’est-à-dire entre fin janvier et début février lorsque les entreprises et les usines ferment à l’occasion de cette fête traditionnelle. Mais on observe habituellement un retour “à la normale” dès la fin des festivités, ce qui n’a pas été le cas cette année, comme le révèlent les concentrations de NO2 relevées dans la région de Wuhan entre 2019 et 2020 sur les trois périodes de référence allant du 1er au 20 janvier (avant le Nouvel An lunaire), du 28 janvier au 9 février (autour des célébrations du Nouvel An), et du 10 au 25 février (après l’événement).

Comme le souligne la NASA, c’est la première fois que l’on observe une chute aussi spectaculaire des concentrations de NO2 sur une zone aussi étendue pour un événement spécifique. La baisse atteint jusqu’à 30 % par rapport à la moyenne pour cette période de l’année calculée depuis le début des mesures en 2005. La récession économique mondiale en 2008 avait provoqué une baisse aussi significative de la pollution au NO2 dans plusieurs pays, mais la baisse avait été plus graduelle.

Par ailleurs, une étude du Centre for Research on Energy and Clean Air (Crea) basé en Finlande indique que les émissions de CO2 en Chine ont quant à elles diminué de près de 25 % par rapport à la même période de l’année précédente, représentant une diminution de 6 % des émissions mondiales sur cette même période.
Comme chaque année, au moment du Nouvel An chinois, la production d’électricité à partir du charbon diminue en effet de 50 % en moyenne durant les 10 jours qui suivent la veille du Nouvel An chinois (marqué par un zéro sur l’axe des abscisses sur la graphique du bas). Cette année (cf. courbe en rouge), la baisse habituelle de la consommation d’énergie a été prolongée de 10 jours, sans aucun signe de reprise jusqu’à présent.
À l’échelle du pays, le taux de particules fines a également fortement chuté à partir du 12 février (au-delà de la période de congés du Nouvel An chinois), passant de 139 μg/m3 ce même jour à 55 μg/m3 le 15 février, soit une baisse de 60 %.

Si l’air est à ce jour moins pollué (en dépit aussi d’un déficit pluviométrique en Chine au mois de février), rien ne garantit que cette amélioration se prolongera une fois l’épidémie terminée. Des baisses significatives de la pollution ont déjà été observées par le passé, notamment à l’échelle du pays lors de l’épidémie du SRAS en 2003 ou autour de Pékin pendant les Jeux olympiques de 2008, mais des pics de pollution ont aussitôt suivi la fin de ces événements.
On peut donc craindre que l’embellie actuelle ne soit que passagère et que les mesures de relance économique que le gouvernement chinois va prendre pour compenser ses pertes à l’issue de cette épidémie de coronavirus pourraient conduire à des pics de pollution à moyen terme…