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| Furnace Creek (Californie, États-Unis) © J. Reynaud, août 2011 |
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| La station météorologique de Greenland Ranch (Vallée de la Mort, Californie, États-Unis) en 1926. © Bancroft Library, University of California |
Je vous invite également à visionner ce documentaire (en anglais) récemment publié sur les investigations menées par Christopher C. Burt et l’OMM, démontrant que le record enregistré à El Azizia en 1922 est définitivement invalidé : Dead Heat: Overturning the World's Hottest Temperature. Pour de plus amples renseignements, voir aussi l'entretien filmé avec M. Randall Cerveny (rapporteur de l’OMM) mis en ligne à l'adresse <http://vimeo.com/49196737>. Voir également l’article paru sur ce sujet dans Bulletin of the American Meteorological Society (vol. 94, n° 2) et téléchargeable à l'adresse <http://journals.ametsoc.org/doi/pdf/10.1175/BAMS-D-12-00093.1>.
Contrairement aux instruments de mesure traditionnels inégalement répartis à la surface du globe, les satellites permettent aujourd’hui d’obtenir une couverture homogène et totale de la surface de la Terre, avec des mesures dans les endroits les plus reculés et difficiles d’accès. Cependant, les satellites ne mesurent pas la température de l’air comme le font les instruments placés à 1,50 m au-dessus du sol dans des abris ventilés et à l’abri du rayonnement direct, mais la température radiométrique de surface (un paramètre physique différent), c’est-à-dire le rayonnement émis par la surface du sol, comme si l’on mesurait la température au plus près de la peau d’un être humain. Parce que l’air a une plus faible conductivité thermique que le sol (et quelle que soit la nature de celui-ci), la température radiométrique de surface en plein été peut être supérieure de 30 à 50°C à la température de l’air sus‑jacent.
Signalons qu’avant les mesures par images satellite à haute résolution, une des toutes premières études sur les différences de température entre l’air et le sol a été réalisée le 21 juin 1915 dans le désert d’Arizona, près de Tucson. À 1h00 PM, la température maximale à 0,4 cm sous la surface du sol était de 71,5°C (160,7°F), tandis que la température de l’air mesurée à 4 m au-dessus du sol était de 42,5°C (108,5°F). D’autres études ont constaté des différences de plus grande ampleur, comme le 15 juillet 1972 à Furnace Creek (Vallée de la Mort), où l’on a relevé une température maximale au sol de 93,9°C (201°F) contre une température à 1,50 m au-dessus du sol de 53,3°C (128°F) !
La campagne de mesures par satellite réalisée par la NASA à l’échelle de la planète de 2003 à 2009 a permis de constater que les températures maximales les plus extrêmes sont observées dans les régions où les sols sont dépourvus de végétation (ou au couvert végétal très clairsemé), très secs, ayant un faible coefficient d’albedo et une faible conductivité thermique, le rayonnement solaire direct devant être optimal et l’humidité de l’air très faible.
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| Source : David J. Mildrexler, Maosheng Zhao et Steven W. Running, "Satellite Finds Highest Land Skin Temperatures on Earth", BAMS, American Meteorological Society, juillet 2011, p. 856. |
Ces mesures satellitaires ont révélé que la position du point le plus chaud de la planète variait d’une année sur l’autre (cf. animation) et que, outre les caractéristiques physiques du site, les variations climatiques jouaient aussi un rôle important. En 2003, le point le plus chaud (69,3°C) a été observé dans l’État australien du Queensland, dans un contexte de sécheresse exceptionnelle. En 2008, il a été observé dans la dépression de Tourfan (66,8°C), dans la région autonome ouighoure du Xinjiang, en Chine. Cependant, les températures les plus élevées ont été enregistrées 5 années sur 7 dans le désert du Lut en Iran (et plus précisément sur le plateau de Gandom Beryan — un plateau recouvert de roches magmatiques sombres —, situé dans le désert de Shahdad), où la température radiométrique de surface grimpe régulièrement chaque année au-dessus de 65°C) : la température est montée jusqu’à 70,7°C en 2005 (et seulement à 62,7°C à Furnace Creek, dans la Vallée de la Mort), 69,0°C en 2007, 68,6°C en 2009, 68,5°C en 2006 et 68,0°C en 2004.






