lundi 10 juin 2019

Pression record en Islande et indice NAO très négatif

La pression atmosphérique à l’aéroport de Reykjavik (Islande) a atteint 1040,6 hPa le 11 juin 2019 en toute fin de journée, soit ~15 hPa de plus que dans l’archipel des Açores et près de 30 hPa de plus qu’à Gibraltar ! Il s’agit de la plus haute pression jamais enregistrée en Islande au mois de juin (précédent record : 1040,4 hPa le 21 juin 1939 à Stykkishólmur) !
Cet événement survient après un mois de mai 2019 déjà exceptionnellement anticyclonique en Islande (cf. carte en haut à droite), marqué par un déficit pluviométrique important, un temps assez chaud et ensoleillé dans l’ouest du pays, mais plus frais dans le nord sous l’influence directe d’un flux de NE prédominant.
En mai 2019, la pression moyenne mensuelle à Reykjavik a atteint 1020,2 hPa, soit +7,8 hPa par rapport à la moyenne 1961-1990 et +9,3 hPa par rapport à la moyenne des 10 dernières années. Elle n’avait pas été aussi élevée en mai depuis 1975 (1020,5 hPa) et depuis février 1986 (1022,5 hPa) tous mois confondus.

L’indice de l’oscillation nord-atlantique (ONA, ou "North Atlantic Oscillation" en anglais – NAO), calculé à partir de la différence de pression entre l’Islande et les Açores (ou Gibraltar), a atteint une valeur négative (-2,62) totalement inédite cette année pour un mois de mai depuis 1950 (à l’opposé du mois de mai 2018) !
Dans une telle configuration isobarique (en hiver boréal, mais plus largement de septembre à mai), la circulation d’ouest est plus faible ou plus au sud donnant des températures anormalement basses dans l’ouest et le centre de l’Europe, et un temps plus perturbé dans le bassin méditerranéen et sur le nord du Maghreb. Rappelons que le mois de mai 2019 a été le plus froid depuis 1991 sur une bonne partie de l’Europe, comme en Suisse (5e mois de mai le plus froid aussi depuis 1900) ou en Slovaquie, voire localement depuis plus longtemps comme en Italie : à titre d’exemple, Gela (en Sicile) a connu son mois de mai le plus froid depuis 1920 !


Carte synoptique de surface de l’hémisphère nord
(projection polaire) du 30/05/2019 à 6h UTC.
© Environnement Canada
L’oscillation nord-atlantique (ONA) est également corrélée à l’oscillation arctique (OA) qui couvre tout l’hémisphère nord et dont l’indice est calculé à partir de la différence de pression observée au niveau de la mer entre 20°N et le pôle Nord. En mai 2019 et au cours de la première décade de ce mois de juin, les pressions sont restées anormalement élevées au pôle Nord et dans l’Arctique plus largement (avec notamment près de 1040 hPa au pôle Nord le 30 mai dernier !).
L’anomalie mensuelle de géopotentiels à 500 hPa dans la zone polaire (60-90°N) a été la 2e plus forte pour un mois de mai depuis 1950, juste derrière mai 2010. Ces pressions anormalement élevées associées à un ensoleillement excédentaire ont favorisé la hausse des températures dans l’Arctique, qui a enregistré cette année son mois de mai le plus chaud depuis 1979 au-delà de 70°N.

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