samedi 8 juin 2019

Début juin 2019 : ambiance hivernale dans le nord de l’Espagne !

L’été météorologique a débuté depuis un peu plus d’une semaine, mais on pourrait en douter au vu des températures anormalement basses relevées du 5 au 8 juin 2019 dans le nord de l’Espagne et l’ambiance hivernale qui règne en montagne au-dessus de 1500 m d’altitude (cf. les images ci-dessous prises dans la Sierra de Urbión le 7 juin au matin et la vidéo tournée par Agustín Sandoval).
Il a même neigé le 5 juin à Puerto de Leitariegos (col situé à 1530 m d’altitude, à la frontière entre la principauté des Asturies et la communauté autonome de Castille-et-León) et plus au sud à Puerto de Navacerrada (station située à 1894 m dans la Sierra de Guadarrama, en limite des provinces de Ségovie et de Madrid). Un événement qui n’est pas sans précédent, mais qui reste peu banal à cette époque de l’année.


Certaines stations du nord de l’Espagne appartenant au réseau officiel de l’AEMET ont enregistré des températures minimales particulièrement basses pour la saison : -2,9°C le 8 juin [-2,6°C le 6] à Puerto El Pico (1285 m, province d’Ávila), -1,8°C le 8 juin à Cuéllar (795 m, province de Ségovie), -0,5°C le 8 juin à Beariz (610 m, province d’Ourense) et 1,2°C le 6 juin à León / Virgen del Camino (912 m, province de León), tout près du record mensuel de froid à la station depuis le début des mesures en 1938 (0,0°C le 1er juin 2006).
Plus étonnant encore, la température est descendue jusqu’à -6,0°C le 6 juin au matin [-5,8°C le 8] à Villaceid (station ACAMET située à 1026 m d’altitude [hors du réseau national officiel AEMET], dans la province de León, communauté autonome de Castille-et-León). En recherchant dans les archives climatologiques, on ne trouve pas trace d’une température plus basse au mois de juin en Espagne en dessous de 1200 m d’altitude, même durant les mois de juin les plus frais depuis près d’un siècle, ni même durant l’été 1977 (« l’année sans été ») !
Selon le climatologue Maximiliano Herrera, des températures plus basses ont été relevées dans des stations automatiques récentes, mais à des altitudes bien supérieures, jusqu’à -13,0°C le 10 juin 2000 au Pico del Veleta culminant à 3396 m dans la Sierra Nevada (Andalousie). La température la plus basse au mois de juin dans un lieu habité a été enregistrée en 2009 à Duruelo de la Sierra (-6,0°C), station située néanmoins au-dessus de 1200 m d’altitude.



8 mois consécutifs sous les normales à Montréal et à Québec (Canada) !

À l’aéroport international Pierre Elliott Trudeau de Montréal les températures moyennes mensuelles sont restées inférieures aux normales mensuelles 1981-2010 durant 8 mois consécutifs, d’octobre 2018 à mai 2019. Il faut remonter à 1996 pour trouver une séquence aussi longue (9 mois sous les normales de novembre 1995 à juillet 1996).
Notons également que la température n’a atteint les 20°C à Montréal qu’à partir du 5 mai 2019, une première aussi tardivement depuis 1989, et les 25°C qu’à partir du 7 juin 2019, une première aussi tardivement depuis 1983 !


Même constat à l’aéroport international de Québec : un froid persistant depuis 8 mois !
Le déficit thermique enregistré à l’aéroport international de Québec est plus marqué encore qu’à Montréal sur la période octobre 2018-mai 2019. L’anomalie thermique atteint -1,6°C par rapport à la normale 1981-2010.
Une anomalie aussi durable et d’une telle intensité est un événement extrêmement rare de nos jours, (quasi-)inédit dans le monde depuis le début du 21e siècle (ou au moins depuis l’épisode El Niño en 1997-1998).



Ces températures anormalement basses perdurent en ce début de mois de juin 2019, comme on peut le constater sur la carte ci-contre du 1er au 8 juin.



mercredi 5 juin 2019

Un ciel verdâtre sous orage : quelle signification ?

Arcus à l’avant de l’orage qui s’est abattu sur Paris le 4 juin 2019 en fin d’après-midi.
© Bertrand Kulik
Le puissant orage qui s’est abattu sur la capitale et une bonne partie de la région parisienne le 4 juin 2019 en fin d’après-midi a été immortalisé par Bertrand Kulik.
Grêlons récoltés lors du passage de l’orage
sur l’Île-de-France le 4 juin 2019.
Photo de Caroline Le Fur Jourdain
Sur ce superbe cliché pris quelques minutes avant son arrivée au-dessus de la tour Eiffel, on remarque la teinte verdâtre dont se pare le ciel à l’arrière du front orageux. Cette coloration céleste indique généralement une épaisseur et une densité nuageuse importantes, caractéristique des orages les plus violents (on parle parfois d’orages verts, ou « green thunderstorms » en anglais) et associée le plus souvent à de la grêle : on observe ce phénomène généralement en fin d’après-midi et en début de soirée lorsque la fréquence orageuse est la plus élevée et que la lumière décline au-dessus de l’horizon.
Même si peu de recherches ont été menées sur cette thématique, l’hypothèse la plus probante conclut que les cumulonimbus à plus fort développement vertical et les plus denses tendent à la fois à être les plus actifs et les plus favorables à l’appauvrissement en couleurs chaudes étant donné la plus grande épaisseur à traverser pour les rayons lumineux.
La densité et la taille plus élevées des hydrométéores (gouttes d’eau, grêlons) accroissent l’opacité de l’air en formant un véritable rideau qui « absorbe » en quelque sorte le rayonnement orangé du soleil couchant (c’est-à-dire les photons rouges en raison de leur plus grande longueur d’onde). En d’autres mots, seuls le bleu et le jaune de longueur d’onde plus courte sont filtrés et réfléchis par le nuage, conférant au ciel une teinte verdâtre.

La teinte des éclairs qui lézardent un ciel orageux de ce type apporte un indice et vient souvent conforter cette réalité. D’une manière générale, les éclairs présentent des couleurs particulières, tantôt mauves ou bleutées, tantôt blanches ou rougeâtres et parfois jaunes. En effet, la teinte d’un éclair varie en fonction de la densité de courant (de l’intensité de l’éclair), de la distance entre l’observateur et le phénomène lumineux, mais aussi de la nature et la densité des particules présentes dans l’atmosphère (lithométéores, vapeur d’eau, etc.). Sans oublier aussi que la couleur que prennent les éclairs sur les photographies peut être assez différente de la couleur réellement observée.
De façon très sommaire, on retiendra que la couleur rouge indique qu’il y a de pluie dans l’air, le bleu indique la présence de grêle, le jaune indique une quantité importante de lithométéores dans l’air (particules de poussière ou de sable, cendres…), et le blanc signifie généralement que l’air est très sec ou particulièrement limpide.
D’autres nuances de teintes peuvent aussi être observées en fonction des combinaisons dans la composition de l’air.

vendredi 10 mai 2019

Un déficit thermique persistant sur une grande partie de l’Amérique du Nord

En raison d’un afflux incessant d’air froid en provenance de l’Arctique à l’est des Rocheuses, des températures anormalement basses sont enregistrées depuis le début de l’année 2019 sur une large moitié sud du Canada et le nord des États-Unis, sur les Prairies canadiennes et les Grandes Plaines nord-américaines en particulier.


Les plus fortes anomalies négatives sont observées dans les États américains du Montana, du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. À l’échelle de la région climatique du nord des Rocheuses et des Grandes Plaines (Northern Rockies and Plains, cf. figure ci-dessus), il n’avait pas fait aussi froid en moyenne depuis 1982 sur les 4 premiers de l’année, depuis 1979 sur les 3 premiers mois de l’année, ou encore depuis 1936 sur la période février-mars ! Depuis le début des mesures en 1895, la période février-avril se place au 4e rang des plus froides dans la région, au 3e rang pour la période février-mars et le mois de février 2019.
Le déficit thermique est particulièrement significatif dans l’État du Montana puisque la période février-mars 2019 se classe au 3e rang des plus froides depuis 1895 (comme dans le Dakota du Sud) — mais la plus froide depuis 1936 —, avec une température moyenne de -9,3°C (soit 5,7°C en dessous de la moyenne 1901-2000), contre -10,9°C en 1936 et -11,2°C en 1899. Certaines stations du Montana ont d’ailleurs enregistré leur plus basse moyenne thermique sur la période février-mars depuis le début des mesures, comme Missoula avec -5,0°C (précédent record depuis 1894 : -4,6°C en 1936), Billings avec -7,0°C (précédent record depuis 1935 : -6,7°C en 1936), Helena avec -9,9°C à Helena (précédent record depuis 1939 : -8,2°C en 1989), ou encore Bozeman avec -10,3°C (précédent record depuis 1942 : -9,8°C en 1979).

Après une vague de froid particulièrement sévère durant la seconde moitié du mois de janvier sur l’Amérique du Nord et le nord des États-Unis en particulier — au cours de laquelle l’État de l’Illinois a enregistré un nouveau record absolu de froid —, le mois de février 2019 a été particulièrement froid à l’est des Rocheuses, dans les Grandes Plaines et les Prairies canadiennes (provinces de l’Alberta et du Saskatchewan) : il se classe au 2e rang des plus froids depuis 1895 dans le Montana (2e rang dans le Dakota du Nord, 3e rang dans le Dakota du Sud) avec une température moyenne mensuelle de -14,9°C, derrière février 1936 (-19,9°C). Il se classe notamment au 2e rang des plus froids à Cut Bank depuis 1903 avec une Tm de -19,9°C (contre une normale mensuelle de -4,3°C), à Great Falls depuis 1891 avec -17,9°C (normale mensuelle de -2,6°C), à Havre depuis 1889 avec -21,1°C (normale mensuelle de -5,4°C), à Lewistown depuis 1896 avec -16,8°C (normale mensuelle de -3,5°C), mais au 1er rang à Dillon depuis 1939 avec une Tm de -12,3°C (normale mensuelle de -3,2°C).
Les anomalies thermiques mensuelles ont atteint dans certaines stations du Montana des valeurs rarement observées dans le monde (voire inédites en ce qui concerne les anomalies négatives) : les stations de Great Falls, Cut Bank et Havre ont enregistré respectivement un écart à la normale mensuelle de -15,3°C, -15,6°C et -15,7°C en février 2019. Le contraste est saisissant avec les anomalies thermiques positives observées le mois en suivant dans le nord-ouest du Canada : on a relevé notamment un écart à la normale mensuelle (1981-2010) de +14,4°C* à Inuvik Airport (Territoires du Nord-Ouest) en mars 2019, ce qui constitue un record absolu à la station (précédent record : +12,7°C en janvier 1981) et la plus forte anomalie positive pour un mois de mars à l’échelle nationale (précédent record : +11,3°C en mars 1958 à Mistassisi Post [Québec]) !

Au Canada, l’aéroport international de Calgary (Alberta) a connu son mois de février le plus froid depuis 1936 avec une température moyenne mensuelle de -18,2°C, battant février 1979 (-16,8°C). Depuis le début des mesures en 1885 (et avec les réserves d’usage concernant la fiabilité des données avant 1945), il s’agit du 4e mois de février le plus froid à Calgary derrière février 1904 (-18,4°C), février 1887 (-20,1°C) et février 1936 (-24,5°C).
Légèrement plus au nord, l’aéroport international d’Edmonton (Alberta) a connu son 2e mois de février le plus froid depuis le début des mesures en 1961 avec une température moyenne mensuelle de -22,5°C, seulement devancé par février 1979 (-22,9°C).
Des températures particulièrement basses ont été enregistrées durant la première décade du mois de février 2019 dans le sud et le centre du Saskatchewan : on a relevé notamment jusqu’à -46,5°C le 8 février à Coronach (756 m), soit la plus basse température jamais enregistrée à la station depuis 1971, ou encore -42,5°C le 6 février à Saskatoon SRC qui enregistre ainsi un nouveau record mensuel de froid (précédent record : -41,1°C le 06/02/1976).

Une nouvelle vague de froid est intervenue au début du mois de mars 2019, avec à la clé un nouveau record mensuel de froid pour l’État du Montana : la température est descendue jusqu’à -43,3°C le 4 mars à Elk Park, battant le précédent record de -42,8°C enregistré le 12/03/1897 à Glasgow Number 2 et en mars 1906 à Fort Logan. Des températures glaciales ont été observées les 2, 3 et 4 mars dans le centre nord et le sud-ouest du Montana, en particulier dans la région de Great Falls, avec des températures ressenties proches de -50 (notamment à Malta et à Jordan le 2 mars).
La température est descendue à -39,4°C le 4 mars à Logan Landfill et surtout à l’aéroport international de Bozeman Yellowstone (Gallatin Field Airport) qui pulvérise son précédent record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1892 (-32,8°C le 10/03/1932), tout en le battant consécutivement à deux autres reprises (-35,6°C le 3 mars et -36,1°C le 5 mars) !
D’autres stations ont battu ou égalé leur record mensuel de froid, comme Lewistown Airport avec -36,7°C le 3 mars qui pulvérise son précédent record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1896 (-33,3°C à plusieurs reprises), ou encore Great Falls Airport avec -35,6°C le même jour, égalant le record mensuel de froid officiel depuis le début des mesures en 1886 (-35,6°C le 10/03/1932 ; record mensuel non officiel : -39,4°C le 03/03/1891).

Le froid a perduré sur le nord du Canada au mois d’avril et ce jusqu’au début de ce mois de mai 2019 : le froid s’est attardé notamment sur le Québec. On relevait encore -31,1°C le 8 avril à l’aéroport de Schefferville, -20,3°C le même jour à Sept-Îles [-22,2°C à l’aéroport de Sept-Îles] (les -20°C les plus tardifs toutes stations confondues à Sept-Îles depuis 1945) et -22,6°C le 1er mai à l’aéroport Radisson La Grande Rivière, la station pulvérisant à cette occasion son record mensuel de froid depuis le début des mesures en 1977 (-14,4°C le 01/05/2003) !
Enfin, à Montréal les températures moyennes mensuelles sont restées inférieures aux normales mensuelles 1981-2010 durant 7 mois consécutifs (d’octobre 2018 à avril 2019 ; seul le mois de décembre a égalé la normale mensuelle) ; la température n’a atteint les 20°C à Montréal qu’à partir du 5 mai, une première aussi tardivement depuis 1989.




Des températures anormalement basses associées à des précipitations excédentaires


Les précipitations hivernales ont été particulièrement abondantes dans l’Upper Midwest (au 5e rang depuis 1895 sur la période janvier-avril, mais au 1er rang sur la période janvier-février), en particulier en raison d’un mois de février 2019 particulièrement humide. Eau Claire (dans le Wisconsin) a notamment enregistré en février 2019 son mois le plus neigeux tous mois confondus avec un cumul de 136,4 cm.
Les précipitations hivernales ont également été excédentaires plus à l’ouest, en particulier dans le Montana où il est tombé 464,8 mm en février 2019 à Black Bear, ce qui constitue un record mensuel pour l’État du Montana (précédent record : 438,2 mm à Poorman Creek en février 1979) !
Les précipitations se sont produites le plus souvent sous forme neigeuse, notamment à Great Falls (cumul mensuel de 82 cm, jusqu’à 107 cm au sud de la ville) et à Bozeman (mois de février le plus neigeux à l’aéroport international de Bozeman Yellowstone).

Bref, un mois de février particulièrement humide dans le Montana mais aussi à l’échelle nationale (au 2e rang depuis 1895), qui ponctue l’hiver météorologique le plus humide depuis le début des mesures à l’échelle des États-Unis contigus avec un cumul moyen national de 228,9 mm (soit un excédent de +33% par rapport à la moyenne), juste devant l’hiver 1997-1998 avec 228,3 mm.

Notons par ailleurs que les États-Unis ont enregistré la plus forte pluviométrie à l’échelle des 48 États contigus sur une période glissante de 12 mois, de mai 2018 à avril 2019 : le cumul moyen national s’élève à 919,5 mm (précédent record : 908,8 mm d’avril 2015 à mars 2016).
Ce record s’inscrit dans une tendance à la hausse de la pluviométrie dans le pays à l’échelle annuelle depuis 1895. Selon l’US National Assessment, les précipitations annuelles ont augmenté de 4% sur la période 1901-2015 à l’échelle nationale (Alaska et Hawaï compris).

On notera enfin que les précipitations ont également été excédentaires sur les 4 premiers mois de l’année 2019 dans tout l’ouest des États-Unis, en particulier en février (qui se classe au 3e rang des mois de février les plus humides depuis 1895), avec notamment d’importantes chutes de neige au début du mois sur la Sierra Nevada : il est tombé (non officiellement) jusqu’à 183 cm (72 inches) de neige fraîche en 24h à la station de ski de June Mountain le 2-3 février 2019 (9h-9h AM), le record officiel pour l’État de Californie étant de 170 cm (67 inches) le 05/01/1982 à Echo Summit (au sud du lac Tahoe).









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* Une des plus fortes anomalies thermiques positives observées à l’échelle mensuelle dans le monde. Le record est vraisemblablement détenu par la station russe Ostrov Vize avec une anomalie de +14,8°C en janvier 2016 par rapport à la moyenne mensuelle calculée depuis 1945, mais qui s’élève à +17,3°C par rapport à la normale mensuelle calculée sur la période 1961-1990 !

mardi 19 février 2019

Chaleur au Chili : acte III

Plusieurs vagues de chaleur d’intensité remarquable ont touché le Chili depuis le début de l’été austral 2019. Un nouvel épisode chaud mais de courte durée est intervenu les 14 et 15 février dans le centre-sud du pays. Les températures ont dépassé une nouvelle fois les 40°C localement (de la région de Valparaíso au nord à celle de l’Araucanie plus au sud), avant de chuter le 16 février (parfois de plus de 20°C en moins de 24h).

La température est montée jusqu’à 42,4°C le 15 février à Traiguén (station du réseau secondaire, Región de la Araucanía) : il s’agit d’un nouveau record mensuel national de chaleur (précédent record : 41,6°C le 3 février 2019 à Renaico et 41,6°C le 9 février 1944 à Los Ángeles) et un record absolu de chaleur pour la région de l’Araucanie (précédent record enregistré seulement quelques jours plus tôt : 41,6°C le 3 février 2019 à Renaico) !


Au sein du réseau principal et national des stations météorologiques, la température est montée jusqu’à 41,1°C le 15 février à l’aéroport de Temuco (Araucanie), qui améliore aussi à cette occasion son record absolu de chaleur récemment enregistré (40,7°C le 3 février 2019 ; le précédent record depuis 1913 était de 38,6°C le 9 février 2005, sachant que le supposé record de 42,0°C du 11 février 1953 n’est clairement pas fiable).

Des températures anormalement élevées ont également été relevées dans le centre de la Patagonie argentine, notamment dans la province de Chubut : 35,6°C le 15 février à Esquel (record absolu à la station depuis 1950 ; précédent record : 35,0°C le 10 février 2011), ou encore 41,0°C le 16 février à Trelew (record mensuel à la station ; précédent record : 40,4°C le 12 février 1995). La chaleur devrait persister dans le centre de la Patagonie jusqu’au 18 février, avant de se décaler vers le nord jusqu’au 21.


Pour rappel : les Tmax les plus élevées enregistrées au Chili depuis le début des mesures sont consignées dans l’inventaire mondial : www.geoclimat.org/p/records-nationaux-de-temperatures.html

 

mercredi 6 février 2019

Vague de chaleur historique en Patagonie

Après une première vague de chaleur qui a touché le centre du Chili du 24 au 27 janvier 2019, au cours de laquelle 3 provinces et plusieurs stations du pays ont enregistré un record absolu, une seconde vague de chaleur (amplifiée par effet de foehn) s’est abattue sur le sud du Chili à partir du 2 février et s’est étendue rapidement les jours suivants à l’ensemble de la Patagonie (chilienne et argentine).

Des records de chaleur tous mois confondus ont été battus dans de nombreuses stations (parfois de plusieurs degrés), y compris à l’échelle de 5 nouvelles régions situées dans le sud du Chili. La température est montée jusqu’à 41,6°C le 3 février à Renaico (Región de la Araucanía), égalant le record mensuel national de chaleur (41,6°C le 9/02/1944 à Los Ángeles). [NB. – Bulnes (Región del Bio-Bío) a relevé jusqu’à 44,6°C le 2 et 43,6°C le 3, mais la station est vraisemblablement surexposée.]

Par ailleurs, des températures exceptionnelles ont été observées dans l’extrême sud du pays : il n’avait jamais fait aussi chaud à des latitudes aussi élevées dans l’hémisphère sud (et aussi près du continent antarctique) depuis le début des mesures !
> Toutes les données à retenir sont indiquées plus bas.


En Patagonie argentine, les températures ont atteint des valeurs extrêmes, notamment dans la province de Santa Cruz : on a relevé jusqu’à 38,2°C le 4 février à Perito Moreno, qui pulvérise de 3,2°C son précédent record absolu (35,0°C le 21/01/2013) ! On a relevé 38,0°C le même jour à Gobernador Gregores (tout près de son record absolu [38,5°C]) et 37,0°C à Puerto Santa Cruz qui enregistre un nouveau record de chaleur tous mois confondus.
Avec une Tmax de 35,8°C le 5 février, l’aéroport de Río Gallegos (51°37’S) a enregistré également sa plus haute température depuis le début des mesures (précédent record : 35,0°C le 30/01/1975). Plus au sud, dans la province de Terre de Feu, la température a atteint 30,8°C le 4 à l’aéroport de Río Grande par 53°48' de latitude S (précédent record : 28,6°C le 06/02/1962) : il s’agit la plus haute température jamais enregistrée dans la province argentine de Terre de Feu ; c’est également la première fois que la température atteint et dépasse 30°C à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud !
Enfin, avec une Tmax de 28,7°C le 5, l’aéroport de Punta Arenas (53°00’S) a enregistré un record de chaleur tous mois confondus depuis le début des mesures en 1964 (précédent record : 26,8°C les 8/02/2004 et 1/01/1978). Dans les 3 autres stations (plus récentes) de la ville, la température n’a pas dépassé 28,4/28,5°C, si bien que le record officiel pour Punta Arenas (enregistré dans une station plus ancienne) est toujours de 29,0°C et remonte à janvier 1945 [la température aurait même atteint 29,9°C en 1900 et 30,0°C en 1901, mais ces données ne sont pas fiables].

La chaleur s’est décalée vers l’est le 5 février jusqu’à atteindre de façon plus modérée l’archipel des Malouines : la température est montée jusqu’à 21,7°C le 5 à Sea Lion Island, où la température n’avait jamais dépassé les 20°C. L’aéroport de Mount Pleasant a relevé le même jour une Tmax de 26,8°C, à 0,1°C du record mensuel de chaleur pour la station et l’archipel des Malouines (26,9°C le 2/02/2018).

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Tmax les plus élevées et records absolus* enregistrés du 2 au 5 février 2019 au Chili (du nord au sud) :

– Región del Bio-Bío :
  • 44,6°C le 2 à Bulnes (43,6°C le 3) [données non fiables] ;
  • 41,3°C le 2 à Chillán-Quinchamalí ;
  • 41,3°C le 3 à Los Ángeles (40,9°C le 2) ;
  • 40,8°C le 2 à Negrete (40,7°C le 3) ;
  • 40,5°C le 2 à Los Colihues ;
  • 40,1°C le 3 à Las Viñas ;
  • 40,0°C le 2 à Chillán.

– Región de la Araucanía :
  • 41,6°C* le 3 à Renaico (40,5°C le 2) = record pour la région ;
  • 40,7°C* les 2 et 3 à Traiguén ;
  • 40,7°C* le 3 à Temuco / Maquehue Airport (40,0°C le 2) [les 42,0°C relevés le 11/02/1953 sont suspects ; le précédent record absolu depuis 1913 serait plutôt de 38,6°C le 9/02/2005].

– Región de Los Ríos :
  • 39,8°C* le 3 à Mariquina = record de la région pulvérisé de près de 3°C !
  • 38,6°C* le 3 à Mafil ;
  • 38,5°C* le 3 à Valdivia / Pichoy Airport (35,8°C le 2) [précédent record depuis 1922 pulvérisé : 35,8°C le 9/02/2005 !] ;
  • 38,2°C* le 3 à La Unión Norte ;
  • 38,0°C* le 4 à Rio Bueno.

– Región de Los Lagos :
  • 37,9°C* le 4 à Río Negro (37,4°C le 3) = record pour la région ;
  • 37,3°C* le 4 à Osorno [station agrométéo] (36,2°C le 3) ;
  • 36,8°C* le 4 à Osorno Airport (36,5°C le 3) [précédent record depuis 1948 : 36,1°C le 27/01/1975] ;
  • 35,1°C* le 4 à Puerto Montt / El Tepual Airport (35,0°C le 3) [précédent record depuis 1911 : 34,7°C en janvier 1975] ;
  • 31,6°C* le 3 à Nueva Chaitén.

– Región de Aysén del General Carlos Ibáñez del Campo :
  • 37,4°C* le 3 à La Junta = record pour la région ;
  • 36,1°C* le 4 à Lord Cochrane Airport [précédent record depuis 1971 : 35,0°C le 20/01/2013] ;
  • 36,1°C* le 4 à Valle Simpson ;
  • 35,7°C* le 4 à Coyhaique (34,3°C le 3) [précédent record absolu : 35,6°C le 27/01/1975] ;
  • 35,3°C* le 3 à Puerto Aysén Airport ;
  • 35,3°C* le 4 à Balmaceda (33,9°C le 3) [précédent record : 33,4°C le 17/02/2002].

– Región de Magallanes y de la Antártica Chilena :
  • 33,7°C* le 4 à La Estancia 5 de Enero = record pour la région (réseau secondaire) [précédent record (douteux) pulvérisé de près de 4°C : 30,0°C en 1901 à Punta Arenas ; record post-1945 : 29,0°C en janvier 1945 à Punta Arenas] !
  • 32,6°C* le 4 à Cerro Castillo (51°20’S) ;
  • 32,2°C* le 4 à Porvenir / Fuentes Martínez Airport (53°25’S, station située dans le détroit de Magellan)
    = record pour la région (réseau officiel de la Direction météorologique du Chili) ; c’est aussi la première fois que les 32°C sont atteints à une latitude aussi élevée dans l’hémisphère sud !
  • 32,2°C* le 4 à Villa Telhuelche (52°43’S) ;
  • 30,0°C* le 4 à Puerto Natales (51°66’S) (29,2°C le 3) ;
  • 30,0°C* le 4 à Kampenaike (52°61’S) ;
  • 29,7°C* le 4 à Pampa Guanaco Airport (54°05’S, Terre de Feu) = record absolu à cette latitude dans l’hémisphère sud ;
  • 25,3°C le 4 à Puerto Williams (54°93’S, Terre de Feu), tout près du record absolu (26,0°C le 22/12/1984).