jeudi 3 septembre 2020

Contraste thermique exceptionnel dans l’Arctique russe en août 2020

Le mois d’août 2020 a été marqué par un fort déficit thermique en Sibérie orientale : avec une température moyenne mensuelle de 7,7°C (soit 2,6°C en dessous de la normale), Oïmiakon a enregistré son 2e mois d’août le plus froid depuis 1930, derrière août 1970 (7,4°C). À Verkhoïansk (l’autre pôle du froid sibérien), il faut remonter à 1992 pour trouver un mois d’août plus froid que cette année (9,6°C en août 2020 contre 8,0°C en 1992).


A contrario, de fortes anomalies positives ont été enregistrées dans le nord de la Sibérie, entre la mer de Kara et la mer de Laptev, sur le flanc ouest d’un puissant dôme anticyclonique solidement ancré sur le nord de la Sibérie. Sur l’île Vize par exemple, la moyenne mensuelle a atteint 4,5°C (soit +4,4°C par rapport à la normale), pulvérisant l’ancien record pour un mois d’août (2,2°C en 2012 et 2013) !
Même constat au cap Tcheliouskine (le point le plus septentrional du continent eurasiatique, à 1370 km du pôle Nord), le mois d’août 2020 a été le mois le plus chaud (tous mois confondus) à la station depuis le début des mesures en 1932 avec une moyenne mensuelle de 5,4°C, loin devant août 2019 (4,1°C) et août 2012 (4,1°C) ! 

© Hydrometcenter of Russia

 

mercredi 26 août 2020

Vague de froid en Amérique du Sud : le front froid austral franchit l’équateur !

L’Amérique du Sud a connu une vague de froid particulièrement remarquable par son intensité et son étendue géographique du 19 au 23 août 2020, c’est-à-dire durant la seconde partie de l’hiver météorologique austral qui s’achève à la fin de ce mois.
Cet épisode froid est intervenu alors que l’hémisphère sud enregistre un déficit thermique significatif depuis le début du mois d’août et une tendance à la baisse de la température moyenne sur les 5 derniers mois. Dans ce contexte climatique, plusieurs coups de froid se sont produits dans l’hémisphère sud depuis le début de l’hiver, notamment en Australie au début du mois d’août avec un record absolu de froid enregistré par l’État insulaire de Tasmanie le 7 août (-14,2°C à Liawenee) et des chutes de neige abondantes au centre de l’île le 5 août (les plus importantes à Launceston depuis la tempête de neige du 31 juillet 1921), en Afrique australe à plusieurs reprises durant l’hiver, dans le sud-ouest de l’océan Indien en août, dans plusieurs archipels de l’Océanie (en Polynésie française en juin et début juillet, en Nouvelle-Calédonie à la mi-juillet), ou encore dans le sud de l’Argentine dès la fin du mois de juin avec -20,0°C le 27 juin à l’aéroport de Perito Moreno en Patagonie qui enregistre à cette occasion sa plus basse température pour un mois d’août depuis 1961 (précédent record : -18,2°C le 21 juin 2002), puis durant la première quinzaine de juillet avec des températures anormalement basses en Patagonie qui enregistre son 4e mois de juillet le plus froid depuis 1961 et d’abondantes chutes de neige à basse altitude en Patagonie et sur les reliefs andins (en particulier dans la province de Mendoza où il n’avait pas autant neigé depuis plus de 15 ans et jamais autant sur une période de 10 jours).

Une vague de froid plus intense et de plus grande ampleur a touché l’Amérique du Sud à partir du 19 août 2020, avec des températures particulièrement basses en Argentine les 20 et 21 août : plusieurs stations dans le centre et le nord du pays ont enregistré un record mensuel de froid, comme Villa Reynolds (-13,1°C le 20), Santa Rosa de Conlara (-12,0°C le 20), Río Cuarto (-5,0°C le 20), Córdoba (-6,5°C le 21), Presidencia Roque Sáenz Peña (-6,1°C le 21) et Corrientes (-1,7°C le 21).


Le front froid a progressé vers le nord, accompagné de chutes de neige dans le sud du Brésil, notamment sur les hauteurs du Cânion da Ronda (1200-1400 m d’altitude) dans l’État de Santa Catarina, avec des températures minimales et maximales anormalement basses : on ne relevait que 9,3°C le 21 août à 15h locales à la station de Mirante de Santana à São Paulo, soit la plus basse température observée en plein après-midi dans la capitale de l’État le plus riche et le plus peuplé du Brésil depuis les 8,8°C du 19 août 1987.

Clichés pris par Guih Tavares le 22 août 2020 (16h25) sur les hauteurs du Cânion da Ronda à Bom Jardim da Serra
(État de Santa Catarina, Brésil), après les chutes de neige survenues la veille. (Via compte Instagram)

L’air froid a gagné le Paraguay (-3,7°C le 22 à la base militaire de Teniente Esteban Martínez), la Bolivie et toute la moitié sud du Brésil (jusqu’à -8,6°C le 21 à Morro da Igreja [Urubici, 1810 m], -5,7°C le 22 à General Carneiro [1018 m]), avant d’atteindre les régions plus septentrionales du continent sud-américain, notamment les États brésiliens du Mato Grosso, de Rondônia, d’Amazonas et d’Acre, mais aussi l’est du Pérou, le sud de la Colombie et l’est de l’Équateur où l’instabilité atmosphérique et l’air froid et humide au contact des contreforts de la Cordillère orientale ont provoqué d’importantes chutes de neige le 21 août à Papallacta notamment.
L’arrivée de cet air plus froid (atténué après un voyage de plusieurs milliers de km depuis les hautes latitudes australes) s’est néanmoins traduite par une baisse sensible des températures dans les régions équatoriales : à Iquitos, capitale du Loreto située dans le département d’Amazonie péruvienne (dans le nord-est du Pérou) par 3°47’ de la latitude S, la température au plus chaud de la journée est passée de 34,7°C le 20 août à 26,1°C le 21 et seulement 20,3°C le 22, ce qui constitue la plus basse température maximale à la station pour un mois d’août (et vraisemblablement tous mois confondus) depuis au moins 1973 ! À l’aéroport international Alfredo-Vásquez-Cobo situé dans la municipalité de Leticia dans l’extrême sud de la Colombie, par 4°10’ de latitude S au milieu de la forêt amazonienne, la température a chuté de plus de 20°C en moins de 36 heures, pour atteindre seulement 14,8°C le 22 août, soit tout près du record absolu de froid à la station (14,0°C les 20-21 juillet 1975 et 15-16 août 1978). La température au plus chaud de la journée est passée de 35,9°C le 20 août à seulement 20,7°C le 23, alors que la moyenne mensuelle des températures maximales est de 30,6°C !
Des baisses tout aussi spectaculaires ont été observées dans les États du nord-ouest du Brésil, comme à l’aéroport de Porto Velho (8°46’S, État de Rondônia) où la température a chuté à 12,9°C le 22 août et n’a pas dépassé au plus chaud de la journée 19,3°C le 21 août contre 34,5°C la veille (soit 15°C en dessous de la moyenne mensuelle des températures maximales). Une baisse sensible des températures a également été enregistrée dans l’État d’Amazonas le 22 août, notamment à Manicoré (5°49’S), Manaus (3°07’S, capitale de l’État), Fonte Boa (2°32’S), Barcelos (0°59’S) et São Gabriel da Cachoeira (0°08’S, à proximité de la frontière avec le Venezuela) !

Grâce à l’imagerie satellitaire et malgré le peu d’observations météorologiques effectuées in situ et disponibles dans la partie septentrionale de l’Amérique du Sud, il est possible d’affirmer que l’air plus frais en basse couche a atteint finalement l’extrême sud du Venezuela et la frontière sud du Guyana le 22 août en fin de journée, et a donc franchi l’équateur géographique !


Le transport en masse de l’air froid polaire vers l’équateur avec une composante méridienne aussi marquée est un événement peu commun en Amérique du Sud. De l’air en provenance des hautes latitudes australes associé à un front froid n’a atteint l’équateur géographique qu’à de rares occasions, principalement lors des vagues de froid de juillet 1955, juillet 1973, juillet 1975, août 1978 et juillet 2011.
L’événement le plus remarquable et unique dans l’histoire s’est produit en juillet 1975 lorsqu’une puissante masse d’air froid (canalisée sur son flanc ouest par la cordillère des Andes) s’est écoulée du 13 au 21 juillet sur toute l’Amérique du Sud jusque sur les côtes de la mer des Caraïbes, à plus de 10° de latitude N et après un voyage de près de 10 000 km ! Au cours de cet événement (relativement bien documenté*), le front froid austral a donc franchi très nettement l’équateur géographique. Plus surprenant, l’air froid (plus lourd) en basse couche a franchi l’équateur météorologique (ou « zone de convergence intertropicale » où convergent des masses d’air chaudes et humides anticycloniques provenant des tropiques et advectées par les alizés des deux hémisphères), et ce malgré le brassage et l’ascendance convective de l’air chaud et humide qui prédominent au sein de cette zone de basses pressions quasi permanentes qui ceinturent la Terre**.

Illustrations extraites de F. C. Parmenter, « A Southern Hemisphere Cold Front Passage at the Equator », Bulletin of the American Meteorological Society (BAMS), 1976, vol. 57, n° 12, p. 1435-1440 : https://doi.org/10.1175/1520-0477(1976)057<1435:ashcfp>2.0.CO;2

À titre d’illustration, cet air plus froid a atteint la Guyane française à partir du 20 juillet 1975, faisant plonger les températures minimales et surtout maximales de plusieurs degrés sous les moyennes mensuelles (ce qui n’est pas anodin sous un climat chaud et humide de type équatorial où la température varie très peu tout au long de l’année) : la température a chuté à 18,0°C le 22 juillet à Saül (3°37’N, 219 m) et n’a pas excédé 27,1°C au plus chaud de la journée le 20 juillet ; à Maripasoula (3°38’N, 106 m) et à Camopi (3°10’N, 63 m), la température minimale a atteint respectivement 20,0°C et 19,4°C le 22 juillet, alors que la température maximale n’a pas dépassé respectivement 25,4°C le 20 juillet (7°C sous la moyenne mensuelle des Tmax) et 28,5°C le 21.

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À l’image de cet hiver 2020 tout au long duquel plusieurs épisodes chauds et froids ont alterné rapidement et favorisé de forts contrastes thermiques (mais aussi des disparités pluviométriques importantes) sur l’ensemble du continent sud-américain, les températures sont fortement remontées ce mardi 25 août dans le nord de l’Argentine (38,4°C à Las Lomitas) et au Paraguay (jusqu’à 39,3°C à Filadelfia) avant l’arrivée attendue d’une nouvelle masse d’air froid la première semaine de septembre qui pourrait réserver encore quelques surprises…
Prévisions des anomalies thermiques en Amérique du Sud et dans le monde pour le 1er septembre 2020.


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* Signalons en particulier l’article fort intéressant de Frances C. Parmenter, « A Southern Hemisphere Cold Front Passage at the Equator », paru dans Bulletin of the American Meteorological Society (BAMS), 1976, vol. 57, n° 12, p. 1435-1440 : https://doi.org/10.1175/1520-0477(1976)057<1435:ashcfp>2.0.CO;2
** Rappelons ici que la trace au sol de l’équateur météorologique varie en latitude en fonction des saisons — vers le sud en hiver boréal (ou été austral) et vers le sud en hiver boréal (ou été austral) — et tend à suivre le mouvement apparent du Soleil de manière plus marquée sur les continents que sur les océans, avec un retard de l’ordre de 6 à 8 semaines qui correspond au laps de temps nécessaire à l’ensemble terre-atmosphère pour fournir une réponse thermique moyenne aux variations méridiennes du maximum de la source énergétique solaire.


samedi 25 juillet 2020

Températures minimales nocturnes les plus élevées dans le monde en 2020

Bilan au 31 décembre 2020

  • 40,0°C le 31 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 40,0°C le 17 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
  • 40,0°C le 17 août à Stovepipe Wells 1SW (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 39,8°C]
  • 39,7°C le 20 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 39,6°C le 31 juillet à Dehloran (Iran)
  • 39,4°C le 31 juillet à Jahra (Koweït)
  • 39,2°C le 21 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 38,9°C le 23 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
  • 38,8°C le 19 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 38,7°C le 21 juillet à Masjed-Soleyman (Iran)
  • 38,7°C le 31 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 38,6°C le 23 juillet à Al Tawi (Émirats arabes unis)
  • 38,5°C le 31 juillet à Sulaibiya (Koweït)
  • 38,4°C le 17 juin à Bandar-e Deyr (Iran)
  • 38,3°C le 18 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 38,4°C]
  • 38,3°C le 18 août à Stovepipe Wells 1SW (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 38,2°C]
  • 38,0°C le 26 juillet à Al-Najaf / Al-Ashraf International Airport (Irak)
  • 37,9°C le 14 juillet à Mukhariz (Émirats arabes unis)
  • 37,9°C le 20 juillet à Koweit International Airport (Koweït)
  • 37,8°C le 12 juillet à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 37,6°C]
  • 37,8°C le 13 juillet à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 37,6°C]
  • 37,8°C le 30 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 37,8°C le 22 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
  • 37,6°C le 20 juillet à Sulaibiya (Koweït)
  • 37,6°C le 1er août à Mehran (Iran)
  • 37,5°C le 13 juillet à Owtaid (Émirats arabes unis)
  • 37,5°C le 15 juillet à Aghajari (Iran)
  • 37,5°C le 21 juillet à Abdanan (Iran)
  • 37,5°C le 22 juillet à Abdanan (Iran)
  • 37,5°C le 23 juillet à Abdanan (Iran)
  • 37,4°C le 4 juin à Bandar-e Deyr (Iran)
  • 37,4°C le 12 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 37,4°C le 25 juillet à Sumar (Iran)
  • 37,3°C le 4 juillet à Amguid (Algérie)
  • 37,3°C le 11 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 37,3°C le 21 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 37,2°C le 4 juillet à Bandar-e Deyr (Iran)
  • 37,1°C le 15 juin à Bandar-e Deyr (Iran)
  • 37,1°C le 25 juillet à Mehran (Iran)
  • 37,1°C le 31 juillet à Al Salmi (Koweït)
  • 37,0°C le 14 juillet à Hamim (Émirats arabes unis)
  • 36,9°C le 5 juillet à Salmiyah (Koweït)
  • 36,9°C le 14 juillet à Mezaira (Émirats arabes unis)
  • 36,9°C le 21 juillet à Rabyah [Experimental Farm] (Koweït)
  • 36,8°C le 16 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 36,8°C le 20 juillet à Jahra (Koweït)
  • 36,8°C le 21 juillet à Ramhormoz (Iran)
  • 36,8°C le 28 juillet à Ramhormoz (Iran)
  • 36,8°C le 31 juillet à Alula (Arabie Saoudite)
  • 36,8°C le 1er août 2020 à Koweit City (Koweït)
  • 36,8°C le 9 septembre à Hoseyniyeh (Iran)
  • 36,8°C le 13 septembre à Hoseyniyeh (Iran)
  • 36,7°C le 12 juillet à ADNOC Tower (Émirats arabes unis)
  • 36,7°C le 19 juillet à Dubai International Airport (Émirats arabes unis)
  • 36,7°C le 21 juillet à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 36,5°C]
  • 36,7°C le 31 juillet à Koweit International Airport (Koweït)
  • 36,7°C le 16 août à Stovepipe Wells 1SW (États-Unis, Californie)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 36,6°C]
  • 36,7°C le 14 septembre à Dehloran (Iran)
  • 36,6°C le 16 juillet à Salmiyah (Koweït)
  • 36,6°C le 17 juillet à Qeshm Island (Iran)
  • 36,6°C le 22 juillet à Mukhariz (Émirats arabes unis)
  • 36,6°C le 27 juillet à Abdanan (Iran)
  • 36,6°C le 27 juillet à Arar (Arabie Saoudite)
  • 36,6°C le 28 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 36,6°C le 28 juillet à Shushtar (Iran)
  • 36,6°C le 30 juillet à Rabyah [Experimental Farm] (Koweït)
  • 36,6°C le 31 juillet à Aghajari (Iran)
  • 36,6°C le 10 août à Doha International Airport (Qatar)
  • 36,6°C le 8 septembre à Dehloran (Iran)
  • 36,5°C le 17 juin à Doha International Airport (Qatar)
  • 36,5°C le 11 juillet à ADNOC Tower (Émirats arabes unis)
  • 36,5°C le 12 juillet à Abadan (Iran)
  • 36,5°C le 25 juillet à Al-Najaf / Al-Ashraf International Airport (Irak)
  • 36,5°C le 28 juillet à Rabyah [Experimental Farm] (Koweït)
  • 36,5°C le 31 juillet à Abraque Mazraa (Koweït)
  • 36,5°C le 13 août à Fahraj (Iran)
  • 36,4°C le 14 juillet à Arjan (Émirats arabes unis)
  • 36,4°C le 26 juillet à Diwaniya (Irak)
  • 36,4°C le 31 juillet à Mitribah (Koweït)
  • 36,4°C le 5 août à Aghajari (Iran)
  • 36,3°C le 17 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 36,3°C le 21 juillet à Aghajari (Iran)
  • 36,3°C le 28 juillet à Al Shawamekh (Émirats arabes unis
  • 36,3°C le 31 juillet à Salmiyah (Koweït)
  • 36,2°C le 30 juin à Amguid (Algérie)
  • 36,2°C le 7 juillet à ADNOC Tower (Émirats arabes unis)
  • 36,2°C le 13 juillet à Dubai International Airport (Émirats arabes unis)
  • 36,2°C le 13 juillet à Wadi Shahah (Émirats arabes unis)
  • 36,2°C le 14 juillet à Al Shawamekh (Émirats arabes unis)
  • 36,2°C le 20 juillet à Koweit City (Koweït)
  • 36,2°C le 26 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 36,2°C le 28 juillet à Abu Dhabi International Airport (Émirats arabes unis)
  • 36,2°C le 31 juillet à Kerbela (Irak)
  • 36,2°C le 1er août à Shahdad (Iran)
  • 36,2°C le 7 août à Bandar-e Deyr (Iran)
  • 36,2°C le 9 août à Doha International Airport (Qatar)
  • 36,1°C le 16 juin à Aghajari (Iran)
  • 36,1°C le 25 juin à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 36,0°C]
  • 36,1°C le 28 juin à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
  • 36,1°C le 13 juillet à Al Qattara (Émirats arabes unis)
  • 36,1°C le 13 juillet à Manama (Émirats arabes unis)
  • 36,1°C le 22 juillet à Owtaid (Émirats arabes unis)
  • 36,1°C le 28 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 36,1°C le 31 juillet à Ramhormoz (Iran)
  • 36,1°C le 24 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
    [valeur officielle en °F arrondie et convertie en °C ; valeur exacte : 35,9°C]
  • 36,1°C le 25 août à Furnace Creek (États-Unis, Californie, vallée de la Mort)
  • 36,0°C le 22 juin à Shahdad (Iran)
  • 36,0°C le 10 juillet à Burj Khalifa (Émirats arabes unis)
  • 36,0°C le 14 juillet à Abu Dhabi International Airport (Émirats arabes unis)
  • 36,0°C le 15 juillet à Hoseyniyeh (Iran)
  • 36,0°C le 15 juillet à Nasiriyah (Irak)
  • 36,0°C le 15 juillet à Shahdad (Iran)
  • 36,0°C le 19 juillet à Sweihan (Émirats arabes unis)
  • 36,0°C le 22 juillet à Nasiriyah (Irak) 
  • 36,0°C le 23 juillet à King Fahd International Airport / Dammam (Arabie Saoudite)
  • 36,0°C le 25 juillet à Mohr (Iran)
  • 36,0°C le 27 juillet à Bassorah-Hussen (Irak)
  • 36,0°C le 28 juillet à Dehloran (Iran)
  • 36,0°C le 28 juillet à Omidiyeh (Iran)
  • 36,0°C le 29 juillet à Al-Najaf / Al-Ashraf International Airport (Irak)
  • 36,0°C le 29 juillet à Kerbela (Irak)
  • 36,0°C le 30 juillet à Jahra (Koweït)
  • 36,0°C le 31 juillet à Abdaly (Koweït)
  • 36,0°C le 31 juillet à Abdanan (Iran)
  • 36,0°C le 31 juillet à Bassorah-Hussen (Irak)
  • 36,0°C le 31 juillet à Nasiriyah (Irak)
  • 36,0°C le 31 juillet à. Sabriyah (Koweït)
  • 36,0°C le 2 août à Bassorah-Hussen (Irak)
  • 36,0°C le 4 août à Kharg Island (Iran)
  • 36,0°C le 21 août à Bandar-e Deyr (Iran)

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Quelques Tmin ≥ 36°C manquantes en Iran les 29 et 30/07/2020 (soit ± 6).

lundi 13 juillet 2020

2 nouveaux records mondiaux homologués par l’OMM

L’Organisation météorologique mondiale a homologué deux nouveaux records mondiaux et l’a annoncé dans un communiqué officiel le 24 juin 2020 : le record de l’éclair le plus long en durée et le record de l’éclair le plus long en distance horizontale parcourue. Les résultats de l’étude ont été publiés dans Geophysical Research Letters de l’American Geophysical Union avant la Journée internationale de la protection contre la foudre le 28 juin 2020, dont la version PDF est disponible ici.
— Le record mondial de l’éclair le plus long en durée est désormais de 16,73 secondes. Il a été mesuré dans le nord de l’Argentine le 4 mars 2019.
Image satellite de l’éclair détenant le record mondial de durée en Argentine le 4 mars 2019.

— Le record mondial de l’éclair le plus long en distance horizontale parcourue est désormais de 709 km (± 8 km) [440.6 miles ± 5 miles], soit l’équivalent de la distance à vol d’oiseau entre Londres (Angleterre) et Bâle (Suisse), ou encore entre Boston et Washington DC aux États-Unis. Il a été mesuré dans le sud du Brésil le 31 octobre 2018.
Image satellite de l’éclair détenant le record mondial de distance horizontale parcourue au Brésil le 31 octobre 2018.

Ces mesures très précises ont été réalisées grâce à de nouveaux instruments toujours plus performants embarqués à bord des satellites géostationnaires opérationnels d’étude de l’environnement en orbite autour de la Terre. Ils ont permis de détecter des phénomènes électriques d’une ampleur extrême, connus sous le nom de « mégaflashs » et définis comme des décharges de foudre horizontales à méso-échelle pouvant atteindre une longueur de plusieurs centaines de kilomètres. Il est fort probable que d’autres phénomènes électriques encore plus extrêmes pourront être détectés dans les prochaines années grâce aux progrès technologiques de la télédétection spatiale.

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Les deux précédents records mondiaux ont été homologués 4 ans plus tôt par l’Organisation météorologique mondiale et annoncés officiellement le 16 septembre 2016. Cette nouvelle avait d’ailleurs fait l’objet d’une publication dans le Bulletin of the American Meteorological Society, dont la version PDF est disponible ici.

— Le précédent record mondial de l’éclair le plus long en durée est de 7,74 secondes. Il a été mesuré en France le 30 août 2012 dans le cadre du projet international HyMeX dont l’objectif est d’améliorer la compréhension et la modélisation du cycle de l’eau en Méditerranée. Cet éclair a été observé aux alentours de 4 h 18 mn 50 s UTC au départ de Mirabel dans le Coiron (Ardèche), à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Aubenas, pour finir près du village de Tavernes (Var).

— Le précédent record mondial de l’éclair le plus long (en distance parcourue) est officiellement de 199.5 miles, soit 321,1 km. Il a été mesuré le 20 juin 2007 aux alentours de 6 h 07 mn 22 s UTC dans l’État de l’Oklahoma (États-Unis) et a duré 5,70 secondes.



samedi 27 juin 2020

Forte concentration de poussières sahariennes au-dessus des Caraïbes

Un vaste panache de lithométéores constitué principalement de fines poussières arrachées au désert saharien a atteint l’arc antillais et la mer des Caraïbes le dimanche 21 juin 2020, après avoir parcouru près de 5000 km au‑dessus de l’océan Atlantique depuis les côtes africaines. L’animation satellite présentée ici permet de suivre la dynamique de la couche d’air saharien* (CAS ou en anglais SAL pour « Saharian Air Layer ») du 19 au 23 juin 2020.


Le nuage de poussières a atteint les jours suivants l’Amérique centrale** et le sud des États-Unis, alors qu’une nouvelle « pulsation sableuse » était observée au large des côtes africaines le mardi 23 juin avant d’atteindre l’arc antillais 3 jours plus tard.


La région caribéenne est touchée périodiquement entre les mois d’avril et octobre par des épisodes de « brume de sable » constituée de particules fines (≤ 10 µm) en provenance du Sahara et transportées par les vents dominants (alizés), qui conduisent fréquemment à des alertes à la pollution atmosphérique. Ces épisodes se répètent plusieurs fois dans l’année et peuvent durer plusieurs jours consécutifs. Les recherches menées à la Barbade par l’Université de Miami depuis la fin des années 1960 ont d’ailleurs mis en évidence une tendance à l’augmentation du flux de poussières au cours des 30-40 dernières années, coïncidant avec une forte péjoration pluviométrique en Afrique du Nord. Plusieurs études ont également démontré que la variabilité de la charge de poussières minérales pendant la saison estivale était significativement corrélée avec des indices climatiques comme l’oscillation nord-atlantique et que les brumes étaient plus importantes les années de grande sècheresse au Sahel.
Certaines d’entre elles, comme celle de Doherty, Riemer & Hameed (2014), ont montré aussi qu’il existe une corrélation significative entre la position latitudinale de la zone de convergence intertropicale (ITCZ en anglais) sur l’ouest de l’Afrique et la quantité de poussières minérales relevée à la Barbade : un déplacement vers le sud de la zone de convergence est associé à la fois à une augmentation de l’écoulement de l’air dans les basses couches et près du sol (renforcement de la circulation d’alizés) et une diminution des précipitations dans les régions sources de poussières du sud du Sahara, du Sahel et du lac Tchad, avec comme conséquence une plus grande sécheresse des sols et de la végétation qui accroît encore le potentiel d’émission de poussières. À titre d’illustration, on peut constater sur le graphique ci-contre que l’ITCZ sur Afrique de l’Ouest est positionnée plus bas en latitude que la normale depuis le mois d’avril 2020.

En cette fin juin 2020, la « brume de sable » dans la région caribéenne est particulièrement opaque en raison d’une forte concentration de particules fines dans l’atmosphère. À Porto Rico, les concentrations de particules fines (PM10) ont atteint entre 350 et 380 ug/m3 le 22 juin au matin, des valeurs exceptionnellement élevées qui ont pour conséquence une dégradation significative de la qualité de l’air et une réduction de la visibilité (cf. cette vidéo tournée à San Juan le 22 juin : https://twitter.com/i/status/1275165976980529153). Selon le Dr Olga Mayol (Université de Porto Rico), il s’agit d’un événement historique à Porto Rico et inédit depuis 50 ou 60 ans, même si des épisodes de « brume de sable » de grande ampleur se sont déjà produits ces dernières années dans les Caraïbes.

L’exposition aux poussières sahariennes et aux micro-organismes qui leur sont associés a également été identifiée comme la source d’un certain nombre de maladies infectieuses et respiratoires chez l’homme et les animaux. Une étude menée dans les îles Vierges américaines a montré que les agents bactériens et viraux cultivables étaient 3 fois plus nombreux lors des pics de poussières africaines. Il est donc probable que les poussières sahariennes transportent un grand nombre d’agents potentiellement pathogènes. Par ailleurs, si ces particules sableuses contribuent à la fertilisation des sols en Amazonie, elles sont aussi impliquées dans l’éclosion de diverses maladies environnementales comme celle causée par le champignon Aspergillus sydowii qui a provoqué la mort de nombreux récifs coralliens dans la mer des Caraïbes.

La couche d’air saharien (CAS) et la dynamique des lithométéores dans l’atmosphère est un sujet d’étude très vivant et passionnant. Les recherches actuelles indiquent que les particules de poussières riches en fer, souvent présentes dans la CAS, augmentent l’albédo et réfléchissent les radiations solaires, ce qui a pour conséquence un refroidissement temporaire dans les basses couches de l’atmosphère. Ces particules réduisent aussi la quantité d’énergie solaire arrivant jusqu’à l’océan et limitent ainsi le réchauffement des eaux océaniques. D’autres recherches ont montré que la CAS réduit le développement et l’intensification des cyclones tropicaux en asséchant la masse d’air et en introduisant un fort cisaillement des vents avec l’altitude qui limite les mouvements ascendants.
Les particules en suspension dans l’air ont aussi tendance à favoriser la condensation en servant de noyaux de condensation. Les quantités de précipitations sont cependant peu influencées, car les gouttes formées sont trop petites pour tomber et n’ont pas tendance à facilement fusionner (coalescer). Ces gouttelettes s’évaporent donc plus facilement quand elles bougent latéralement dans de l’air plus sec ou quand l’air sec se mélange avec l’air sus-jacent à la CAS. L’épisode actuel de « brume de sable » vient donc aggraver encore la sécheresse que l’on observe depuis plusieurs mois dans la région des Caraïbes : depuis le début de l’année, il n’a quasiment pas plu à Aruba, Bonaire, Curaçao, ainsi qu’en Jamaïque, à Porto Rico et en République dominicaine !

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* Pour suivre la dynamique de la couche d’air saharien au-dessus de l’Atlantique nord :  http://tropic.ssec.wisc.edu/real-time/sal/g16split/movies/goes16split.html
** Le gigantesque nuage de sable a atteint le Costa Rica le 26 juin 2020, comme on peut le voir sur la photo ci‑dessous prise dans la vallée de Paraiso depuis Cot dans le canton d’Oreamuno (province de Cartago) :
Cliché Erick Garita


jeudi 25 juin 2020

Tourbillons de Von Kármán au sud de l’île de Guadalupe (Mexique)

Très belle animation satellite qui illustre parfaitement l’influence du relief sur la dynamique aérologique.
La turbulence de l’air provoquée par le relief de l’île de Guadalupe (île volcanique mexicaine dans l’océan Pacifique située à 252 km à l’ouest des côtes de la péninsule de Basse-Californie) a engendré le 17 juin 2020 la formation de tourbillons de Von Kármán (du nom de l’ingénieur et physicien hongrois qui a découvert et expliqué ce phénomène au siècle dernier), matérialisés par la couche de stratocumulus présente au-dessus de l’océan.
> Gros plan sur un tourbillon de Von Kármán : https://twitter.com/i/status/1273429970245652482