vendredi 16 décembre 2016

Record de la plus haute vague dans l’Atlantique nord

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le 13 décembre 2016 l’homologation du record de la plus haute vague mesurée par une bouée marine dans l’Atlantique nord : selon le comité d’experts à l’origine de cette annonce, le record officiel est désormais de 19,0 m enregistré le 4 février 2013 par la bouée K5 localisée au nord-ouest des îles Britanniques (précédent record : 18,275 m le 8 décembre 2007).
En réalité, il s’agit d’une valeur moyennée à partir des données croisées de 2 capteurs différents (valeurs horaires et tri-horaires) : on parle de « hauteur significative » (moyenne des hauteurs des vagues). Des vagues plus hautes se sont donc formées lors de cette tempête et échappent à l’analyse par manque de mesures plus fines (en continu et à un pas de temps plus court). Ce record (supposé) est finalement biaisé par la méthode de calcul utilisée, car d’autres données plus récentes et plus précises émanant du Met Éireann (Service météorologique irlandais) font état de hauteurs de vagues plus importantes : lors d’un épisode de forte houle au large des côtes d’Irlande en février 2015, la bouée marine M3 (Cork/Kerry Buoy) a mesuré une vague de 21,2 m de haut le 23 février (23h) lors du passage de la tempête Uli au nord des îles Britanniques, battant le précédent record de la bouée du 27 janvier 2013 (19,1 m), tandis que la bouée M4 (Donegal Buoy) a mesuré une vague de 21,8 m le même jour (13h), soit juste derrière le record absolu du 26 janvier 2014 (23,4 m) ! [cf. www.met.ie/news/display.asp?ID=289]
L’OMM aurait-elle un train (de houle) de retard ?


Contactée à ce sujet dès la parution de son communiqué de presse, l’OMM précise que ce record correspond à la moyenne maximale des hauteurs des vagues sur une période d’environ 17 secondes. On parle bien ici de « hauteur significative » (moyenne des hauteurs des vagues sur un intervalle de temps donné) et non pas de la hauteur maximale atteinte par une vague unique. Les appareils de mesure étant par le passé moins précis et performants que ceux qui équipent depuis peu les bouées irlandaises, l’OMM justifie son choix de ne retenir que la « hauteur significative » par souci de comparaison avec les données anciennes. Cependant, l’OMM tient compte de nos remarques : le comité d’experts s’engage à l’avenir à considérer aussi la hauteur maximale des vagues enregistrée par les capteurs récents pour l’homologation d’un nouveau record.

Par ailleurs, des vagues géantes de plus de 30 m ont déjà été observées par de nombreux marins, de tout temps, y compris dans l’Atlantique nord : on parle généralement de vagues scélérates (ou « Rogue waves ») pour qualifier ces vague géantes nées de l’accumulation d’ondes de houle de directions différentes.
Depuis les années 1990, la mesure des vagues est réalisée à l’aide de lasers, radars ou bouées, qui mesurent l’élévation de la surface en un point. De telles mesures sur la plate-forme Draupner, en mer du Nord, ont fourni les premières preuves irréfutables de l’existence des vagues scélérates.
Si la mesure par satellite ne permet pas encore de détecter avec précision les vagues scélérates, elle permet de déterminer la plus forte « hauteur significative ». Grâce à l’altimètre radar du satellite Jason 2, une équipe de l’Ifremer, en collaboration avec des chercheurs de plusieurs organismes internationaux, a mis en évidence un nouveau record lors de la tempête Quirin survenue en février 2011 dans l’Atlantique nord : la valeur de 20,1 m enregistrée le 14 février 2011 est la plus forte « hauteur significative » mesurée par un altimètre depuis le début de ce type de mesures à la fin des années 1980. Bien que ce radar ne puisse pas mesurer la hauteur des vagues une par une, les statistiques des hauteurs de vagues suggèrent que la plus haute vague de la tempête Quirin mesurait probablement plus de 36 mètres de haut, soit autant qu’un immeuble de 12 étages ! Des vagues plus hautes ont probablement déjà existé, mais elles n’ont pas encore pu être mesurées au milieu de l’océan.

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